SNCF , vocabulaire de crise, vocabulaire banalisé, encadrement idéologique

Publié le 19 Octobre 2019

Pour clarifier le rôle de chacun

SNCF , vocabulaire de crise, vocabulaire banalisé, encadrement idéologique

La quasi unanimité des médias, sans jamais chercher à contester, a embrayé derrière la SNCF quand celle-ci fin des années 80 a commencé à substituer le terme de client à celui d'usager.  Cela dans l'idée d'habituer le voyageur à quitter un statut social d'usager d'un service public assurant l'égalité de traitement en tout point du territoire et en le mettant devant une situation de concurrence sur des segments d'activités "dégageant de la marge" (lire futur profit).

Cela à partir d'un mécanisme simple portant loin : le client a le choix et s'il ne l'a pas il faut le lui permettre*, mais que sur ces segments rentables définis non par la réponse au besoin mais la profitabilité de l'activité.

Il faut pour cela casser le modèle intégré de fonctionnement où les recettes dégageant de l'excédent d'exploitation ici permettent d'assurer la réponse au besoin là où le besoin est réel mais ne peut dégager d'équilibre comptables. L'idée heurtant frontalement la culture cheminote, cela se mènera  en interne avec des pratiques quasi mac carthyste, avec des recrutements choisi dans les listes d'excellence du Medef et des grands groupes internationaux, chargés d'ôter par sucres d'orge ou trépan les valeurs du service public, imposer une gestion par portefeuilles commerciaux devant dégager de la marge au sein de créneaux rentables... disparaître via des filialisations (transport des marchandises) ou directement (messageries ou trains auto accompagnés par exemple).

Les rédactions ont accompagné docilement, elles ont même installé le nid douillet où se vautrent les idéologue de la concurrence, le client ne retrouvant brutalement un éphémère statu d'usager que lors des conflits sociaux et grèves ou pour justifier les restrictions permettant de restreindre ce droit ; le capital ne supportant pas que des entraves au profit puissent peser sur la condition de sa production : la chair à produire doit arriver par n'importe quel moyen sur les lieux de production.

Deuxième vaque de l'offensive singulièrement portée sur les chaines publique (radio-TV) et la presse régionale dans la période, la Société Nationale des Chemins de fer Français (statut légal qui défini ses missions dans le cadre du service public) se voit qualifiée de "Compagnie" escortant ainsi le projet du gouvernement, peaufiné par le comité stratégique de la SNCF, pour préparer l'opinion à son totalement démantèlement avec transformation en société anonyme où la propriété publique sera transformé comme à EDF GDF ou France Télécom, avant les hôpitaux, en capital à rentabiliser par économie sur les coûts, sélection des créneaux et solvabilité de la clientèle.

En acceptant sans broncher voir en amplifiant la qualification des cheminot.e.s qui s'opposent à ces manœuvres de preneurs d'otages, les journalistes et rédactions qui pourtant affichent les prétentions déontologiques persistent en conscience à accompagner ces pratiques politiciennes en se mettant idéologues du capital. Elles et ils montrent les limites et la géométrie variable de l'objectivité et confirme l'adage "on ne mord pas la main qui te nourrit" .

* il s'agit de la justification de tous les traités de l'UE postulant à la mise en place de l'espace géo-politique de concurrence libre et non faussée", les entreprise publique devant donc être démantelées.

Rédigé par Canaille le Rouge

Publié dans #idéologie, #Du côté des luttes, #politique, #service public, #SNCF, #cheminots, #usagers

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