Incendie et faits collatéraux

Publié le 16 Avril 2019

 

Il y a l'incendie qui génère

une catastrophe

culturelle et mémorielle.

Et puis il y a... des attitudes et propos

cyniquement révélateurs

 

Incendie et faits collatéraux

Le peuple parisien est ému, on le serait à moins. Cette émotions s'étend. L'Humanité est sidérée comme si un tremblement de terre faisait se dissoudre le Machu Pichu ou comme quand les enfants de la CIA, en 2001, ont détruit les Bouddha de Bâmiyân en Afghanistan.

D'autres manifestent bruyamment une émotion qui cadre mal avec la charité chrétienne liée à ces lieux. Le mécréant qui signe ces lignes ne peut laisser passer des comportements ostentatoirement ciblés peu compatibles avec ce à quoi veut se rattacher l'édifice patrimonial de tout un pays, et non pré carré d'une de ses communautés.

Certains restés murés dans un mutisme d'anachorète devant toutes les misères du monde se précipitent sur micros caméras et réseaux sociaux  pour produire des déclarations tonitruantes appelant à l'effort de tous pour reconstruire un édifice qui initialement , rappelons le, a pour vocation d'accueillir les exclus les miséreux et les malades et à construire la solidarité à travers la communauté humaine et non d'y accumuler des trésors qui focalisent les débats de ce lendemain du brasier encore fumant.

Voir les CACquarantés et les draineurs des richesses captées par les marchands du temple annoncer qu'il vont donner peu de leur fortune pour inciter ceux qui n'ont quasiment que rien à donner tout fait bondir de Colère Canaille le Rouge.

Voir ceux qui vendent des armes aux massacreurs de femmes et d'enfants appeler à donner pour reconstruire un bâtiment dédié à une sacralisation d'une très religieuse nativité démontre leur impudence rare.

Combien de jour a-t-il fallu pour que la tragédie des  naufragés de la misère en méditerranée puisse bénéficier de 1% de ce que l'incendie d'hier a médiatiquement mobilisé ?

La vie de ce gosse rejeté par la mer sur une plage, ces populations du Yémen sous le feu des canons que nous vendons aux massacreurs valent-elles moins qu'un vitrail fut-il une merveille du travail de compagnons qui pour construire leur oeuvre ont inventé dans la durée les conditions des solidarités à travers le temps face  à ceux qui parce qu'ils possédaient pouvoir et richesses cherchaient à imposer leur mode de production et de construction ? 

C'est autour des chantiers des cathédrales que s'est construit l'antagonisme et la lutte de classe.

Ce n'est pas un hasard si la marque historique de la CGT soit ces deux mains compagnonniques se serrant qui marquent les bâtisseurs de cathédrales.

Les  millions de F Pinault  jetés sur les plateaux télé pendant que les pompiers combattaient l'incendie devant une population sidérée, ceux de ses comparses qui s'engage dans une surenchère cultuelle, ces appels aux dons des croisés de l'aristocratie du fric ne pourront masquer cela.

La façon de traiter de ce gravissime événement est aussi moment révélateur de la crise politique et morale de la société française. 

Canaille le Rouge attend avec impatience les débats propositions et votes du prochain budget de la culture. La sauvegarde indispensable de l'art monumental laïc et religieux ne pouvant servir d'alibi à mutiler le spectacle vivant né lui aussi sous les voûtes et sur les parvis des cathédrales.

Incendie et faits collatéraux

L'église et les "grands" de ce monde n'avait pas encore admis que la terre est ronde que déjà les deux mains  symboles de solidarité ouvrière étaient ancrage du travail face au capital et à l'idéologie dominante avant de devenir la marque syndicale.

 

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