Allons allons, mes sœurs et mes frères, un peu d'indulgences

Publié le 20 Avril 2019

Y=ax2+bx+c

NDDP, la Cène

NDDP, la Cène


 

Un jour Jésus réuni ses apôtres et leur dit :

" mes frères , Y=aX2+bX+c "

Devant l'incrédulité de tous, voyez d'ici la Cène, il y a besoin de clarifier.

Canaille le Rouge va tenter de vous filer le décodeur, et vous verrez que nous allons toucher un sujet brûlant de l'actualité.

Une pratique certes chrétienne mais bien mercantiles, née 300 ans après que celui qui pose l'équation ci dessus ait chassé les marchands du temple, va dès le XIIe prendre un essor qui va la faire passer de l'échoppe du copiste à la grande distribution idéologique.

 Au XIIe siècle, elle reçoit une définition juridique dans les décrétales pontificales : une distinction est clairement établie entre l'absolution, réservée à Dieu, et l'indulgence, car c'est bien d'elle qu'il s'agit, qui permet la réconciliation avec l'Église.

Et attention à la contemporanéité du propos. La Canaille ne vous parle pas d'un temps que les moins d'cinq cents ans ne peuvent pas connaître , non non, c'est de maintenant qu'il s'agit.

« la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l'action de l'Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints ». Cette définition est tirée de l'encyclique Indulgentiarum doctrina de Paul VI et reprise dans le Catéchisme de l'Église catholique au point 1471 (suivie d'une explication).

 

Cela dit, dès l'origine, on enregistre les premiers abus : les fidèles suffisamment dotés marchandent auprès du prêtre un acte de charité, souvent avec des arguments sonnants et trébuchants.

Les conciles du Xe et du XIe siècle s'efforcent donc de limiter la part d'appréciation du prêtre en fixant des barèmes généraux. Les taux de défiscalisation en sont-ils les héritiers ?

Au cours du Moyen Âge, Marx n'a pas encore mis en lumière les mécanismes, le « cours » de l'indulgence ne cesse de baisser : il faut de moins en moins d'efforts pour obtenir une indulgence de plus en plus large. Ainsi, on (la papauté) en vient à accorder une indulgence plénière pour récompenser l'absence de péché.

Le grand schisme de la chrétienté d'occident en est issu. Genève et ses banquiers seront sans indulgences pour ceux qui veulent en vendre à la sauvette sur le parvis des églises et cathédrales.

On monnaie également des dispenses à diverses obligations, les sommes ainsi récoltées finançant des édifices religieux ou permettant à certains prélats de mener grand train. Ainsi la Tour de beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen doit son surnom à la vente des dérogations accordées pour consommer des matières grasses pendant le carême.

Donc finalement, avec Total, Auchan, L'Oréal, et toute la palanquée de ceux qui ruinent et saignent les peuples par leurs pratiques ou qui accumulent des trésors payés par l'argent de l’exploitation des autres, la filières des marchands du temple n'est pas hors des critères du droit canon, Ils ont juste su s'adapter et ont recruté des conseillers juridiques bordés de bonnes connaissances théologiques permettant le pardon et les moyens de se l'offrir. Ce n'est que cela.

A XXIe siècle, avec l'indulgence fiscale, la cathédrale de Paris mécèno-privatisée sera reconstruite.

Au fait, réponse à l'énigme de la deuxième ligne de ce message, pour faire dans l'air du temps, Canaille le Rouge a tenté de vous éclairer sur ce sujet en usant d'une parabole.


 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #actualité, #parabole, #indulgence, #memoire et histoire, #théologie, #marchandisation

Repost0
Commenter cet article