1200 morts par ordonnances,

Publié le 3 Mars 2019

 

ou pourquoi les patrons applaudissent

quand le pouvoir rogne voire supprime

les CHSCT.*

 

« la vie d'un entrepreneur est souvent plus dure que celle d'un salarié » (sic)

(E Macron, alors ministre de l'économie sous Hollande,
le  20 janvier 2016 sur RMC et BFMTV. ).
                                                 L'aide et assistance à la mise en danger d'autrui

L'aide et assistance à la mise en danger d'autrui

 

On a rarement vu un patron du BTP tomber d'un toit, les actionnaires des silos sucriers, cimentiers ou céréaliers noyés sous des milliers de M3 de grains, de poudre. Plus que rarissime d'apprendre qu'un major de la logistique s'est écrasé contre un pilier de pont sur une autoroute à 3h du matin.

Pas de suicide chez les actionnaires de la santé privée ou des autres activités privatisées . Les cancers de l'amiante ne touche pas les actionnaires et dirigeants de la réparation navale ou de l'industrie ferroviaire (pour ne parler que d'eux).

1 200 personnes meurent chaque année du travail ;

Quasiment quatre tués chaque jour ouvrés.

extrait de Médiapart 02/03/2019 à propos de deux assassinés par négligences volontaires dans une sucrerie : 

"l’inspectrice du travail chargée de l’enquête sur les deux premiers décès avait dénoncé les « manquements multiples » aux obligations de sécurité et de formation de Cristal Union et de son prestataire : plan de prévention incomplet, moyens de communication mis à la disposition pour l'intervention insuffisants, absence de formation en sécurité générale…

Notez que s'il est question ici des deux premiers, c'est que d'autres ont suivi. 

Tous avaient été recrutés via une cascade de sous-traitants : trois entreprises différentes entre le donneur d’ordre et les salariés ! L’inspection du travail a dressé un procès-verbal faisant état d’une « exécution de travaux […] sans plan de prévention des risques préalables conforme », « sans dispense d’une formation pratique et appropriée en matière de santé et de sécurité » et de « mise à disposition […] d’équipement ne préservant pas la sécurité du travailleur ».

Pour un porte parole des cordistes (cas des victimes des accident se Cristal union) la décision rendue ce vendredi par le tribunal de Reims est « évidemment importante pour les proches des victimes », même s’il regrette qu’elle vise « seulement les deux chefs d’établissement, qui sont des responsables par délégation : les vrais patrons, qui contrôlent les groupes, ne sont jamais cités. Dans cette procédure, le nom du président de Cristal Union, Olivier de Bohan, n’apparaît nulle part ».

C'est que les chiens de garde si prompt à jeter en pâture l'état civil complet d'un manifestant perdant son contrôle, savent se reprendre et déontologiquement faire preuve d'une grande et belle discrétion quand ce sont ceux qui nourrissent la meute qui sont obligés de passer par la case prétoire.

Les premiers relevant de l'atteinte à la sûreté de l'état les seconds au domaine des faits divers. 

C'est là que la presse en parle

C'est là que la presse en parle

En France, en 2016, (derniers chiffres officiels connus) on a dénombré 514 accidents mortels du travail, contre 545 en 2015 et 530 en 2014. 127 morts ont eu lieu dans le secteur des transports, 112 dans le BTP, 74 dans les services et 54 dans la métallurgie. Un quart d’entre eux sont causés par un accident de la route.

En 2016, on a également compté 254 décès lors d’accidents de trajet (lorsque les personnes se rendent ou repartent du travail), et 382 décès à la suite d’une maladie professionnelle.

En tout, en un an, 1 150 morts du travail. 22 morts par semaine calendaire.

1200 morts par ordonnances,

Les constats de l'inspection du travail sont aussi terribles qu'éclairant et accusateurs :

Or il y a un lien direct entre les accidents et les emplois les plus précaires : ce sont très souvent les moins formés, ou les intérimaires et sous-traitants qui en sont victimes. Et les nouvelles formes de travail accentuent cette tendance »

« aujourd’hui, certaines sous-traitances industrielles sont avant tout une sous-traitance du risque ».

Une dénonciation claire et argumentée qui explique les raisons de la hargne du patronat et de ses VRP parlementaires pour liquider ce service public de l'Inspection du Travail. Le camp du capital comme pour le code du du même nom est mobilisé pour éliminer ceux qui veulent le maintenir et le faire respecter.

La lettre de mission de la gorgone du 127 rue de Grenelle (après  celle et ceux qui depuis le début du troisième millénaire l'ont précédée) se trouve ainsi éclairée.

1200 morts par ordonnances,

 

 

*ou pourquoi les casseurs du code du travail sont complices d"assassinats

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