Quand le glyphosatophile est code du travailophobe. Les morts de chez Saipol ne sont pas du à la fatalité

Publié le 17 Février 2019

 

Au bout de l'enquête du CHST-CT

la course au profit

au mépris de la sécurité 

 

Quand le glyphosatophile est code du travailophobe. Les morts de chez Saipol ne sont pas du à la fatalité

Rappelez-vous. C'était  il y a un an. L'explosion d'une usine d'extraction d'huile à Dieppe faisait deux morts. Deux ouvriers d'une boite sous traitante.

L'usine du groupe April dont l'ex patron de la FNSEA était le PDG explosait.

"Douloureux accident incompréhensible" disait la direction. Incompréhensible ? Mon oeil.

Au bout d'une enquête serrée du CHSCT et celle en cours du parquet, pour que rien ne soit laissé dans l'ombre, la CGT rend publique une partie de ses conclusions.

Le constat est implacable.

Ce n'est pas un accident c'est un crime dont le mobile est le profit à tout prix.

Déjà, malgré les dénégations de la direction, les deux entreprises impliquées , avaient déjà été mises en examen dès le 24 juillet 2018 pour homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence, avait déclaré le procureur de la République. 

Voici ce que cette semaine révèle l'enquête  menée par les élus CGT au CHSCT :

"vendredi 16 février 2018, la Snad intervient sur le site dieppois pour retirer de la matière bloquée sur et sous le tapis roulant de l’outil de production.

Près de 17 m3 de grains mélangés à de l’hexane sont sortis de l’extracteur qui date des années 1950 à l’aide d’une pompe. La société Ortec, habituellement contactée, n’a pas de camion disponible. L’entreprise Snad est alors appelée. Un témoin raconte :

Dès le début, il fallait déjà que ce soit terminé, raconte un témoin. Il devait rapidement être remis en route.

 

Le samedi 17 février, une nouvelle équipe de cinq personnes prend le relais. Près d’eux, six salariés de Saipol sont au travail.

Malgré l’explosiomètre qui sonne, un intérimaire est envoyé à l’intérieur de l’extracteur plein d’hexane. Gérald Le Corre précise : 

 Il ne portait pas de masque. Et aucune nouvelle mesure du taux d’hexane n’a été effectuée.

Entre 1 et 7 %, le risque est maximal. Le drame se produit vers 11 h. Les autres salariés s’en sortent car ils ont quitté le bâtiment pour prendre un café et des croissants.

« La responsabilité de Saipol et de l’État est engagée, lance Gérald Le Corre. Les mesures de sécurité n’ont pas été respectées ».

Selon lui, d’autres moyens auraient pu être employés comme noyer l’extracteur « et il n’y aurait pas eu de risque ».

 

Là encore, la définition du capital par Marx prend tout son Relief : c'est un rapport social. Un rapport social d'exploitation.

Ajoutons que pour cela, la vie n'a que peu de prix.

Rédigé par Canaille Lerouge

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