Que cela plaise ou pas, que certains détournent la tête, que d'autre se dessillent

Publié le 22 Janvier 2019

 

ou encore y soient

comme carpe Koï

dans un étang

aux eaux plus ou moins vives,

Que cela plaise ou pas, que certains détournent la tête, que d'autre se dessillent

Que cela plaise ou pas, que certains détournent la tête, que d'autre se dessillent ou encore y soient comme carpe Koï dans un étang aux eaux plus ou moins vives, le fait majeur de la fin d'année dernière et le début de celle-ci est l'émergence d'un mouvement social fort, durable, que la répression et tous les moyens idéologiques pour le contenir, dénigrer, récupérer, ne parvient pas à endiguer.

Un mouvement parti d'une étincelle allumée sur les réseaux sociaux, se produisant dans un mélange explosif de colère sociale, de désarroi politique dans un désert organisationnel vertigineux des forces qui avant leur naufrage se parfumaient d'être les porteurs de cette colère pour la rendre transformatrice. Comme disait Zazie, " porteurs mon cul … ! "

Bien évidement au risque sinon de s'afficher comme un hâbleur sans vergogne, Canaille le Rouge ne se prétendra pas avoir vu clair et juste dès le départ, loin s'en faut. Expérience militante en entreprise, maintenant à l'extérieur, éloigné des grands centres économique (45' de route et pas de transport collectifs digne de ce nom), une presse façon BFM ou Ouest France, comment prétendre y voir clair dans un espace géographique où ce qui n'est pas liés au militantisme de classe de ces grands centres se retrouve le plus souvent entre les mains d'une très activiste FNSEA, des organisations patronales allant l'amble avec une CFDT lui apportant son concours actif. Avec l'expérience cuisante pour le mouvement populaire de l'épisode des faux-nez rouges.

Ajoutons un P"c"F absent, un PS explosé entre les nostalgiques de Solferino et les chevaux-légers de la macronie galopante menés par le président de l'Assemblée Nationale et, voisin influent, le ministre des affaires étrangères. Pas facile de se construire sa république surtout que les images d'actualité renvoient à des visages et emblèmes connus de la réaction fasciste parisienne la plus virulente.

La CGT et s'est tout à son honneur portant seule, comme organisation structurée, la volonté à la fois de clarifier et de organiser une activité permettant à ce mouvement social dont le caractère populaire est indéniable de pouvoir à la fois se déployer et d'isoler la part réactionnaire qui gravite autour et travaille à s'y infiltrer, de ne pas par sa présence cautionner cette extrême droite embusquée.

Il est certain qu'il ne peut pas être facile pour des syndicalistes qui se battent en permanence dès qu'ils entrent dans leur entreprise ou vont avec leurs UL en parrainer d'autre de voir celles et ceux qui certes à ce moment de leur prise conscience du besoin de crier leur colère, après avoir refusé depuis des années de participer aux luttes, les montrent du doigt voire les injurient (la liste de vidéos témoins ne cesse hélas de s'allonger), exigent qu'ils se mettent en lutte mais veulent imposer qu'ils viennent sans ce qui fait leur identité et leur force revendicative. Impossible de ne pas voir ceux qui dans de trop nombreux endroits chassent les sigles et identifiants-identifiés CGT mais font les yeux doux voire sollicitent les forces de l'ultra réaction. Cela rend dans ces endroits la convergence impossible. Ce n'est pas la généralité, mais ce n'est pas marginal.

Pour autant, depuis la mi novembre ce sont des centaines de milliers de manifestants qui bravent la météo, les forces de répression d'une brutalité inconnue sur le territoire métropolitain depuis la guerre d'Algérie, cela pour exiger d'être entendus, avec des références à la Révolution française qui sont, pivot positif, à considérer comme moment de la réappropriation de la politique par celles et ceux se déclarant apolitiques, qui s'en étaient éloignés depuis les insupportables déconvenues imposées par la gauche plurielle puis le dénie de démocratie qui pèsent toujours (et c'est une bonne chose que cela pèse) qu'a constitué la forfaiture de 2005.

Maintenant, pour qui comme Canaille le Rouge se positionne à partir d'une réflexion de classe et une visée communiste, nombre de questions vont avoir besoin d'être débattues. La première, pas la moindre, même en actant ses reculs et échecs, sauf à avoir volontairement perdu la clé pour accéder à ses archives, comment un parti politique comme le PCF qui dans les années 80-90 était à la pointe sur la question des Nouvelles Technologie de l'Information et de la Communication (NTIC), ayant alors mesuré les enjeux de classe non seulement d'y être présent mais d'en faire un outil de construction du rapport de force (relire tous les travaux en particulier autour des rencontres de Fontenay, ceux publiés dans " Économie et Politique " d'alors, les réflexions de la commission technologies nouvelles travaillant avec les secteurs recherches et entreprises), comment les années de plombs de la mutation conduisant à la situation d'aujourd'hui ont désarmé un corps militants qui pourtant disposait des outils pour mener ce combat idéologique dont l'actualité démontre la fécondité d'alors et les responsabilités de ceux qui l'ont délibérément stérilisée.

Les NTIC considérées par les appareils politique que comme des outils de communication verticale ou, au mieux, comme des vecteurs-agitateurs de campagne électorale. Dans le PCF d'alors, elles ont été verrouillées lorsque le débat interne lié à la stratégie autogestionnaires que les mutants voulaient censurer allaient les mettre en difficultés. Comment les plus " anti-staliniens " des podiums et proclamations se sont comporté sans les coursives de ce Titanic comme des gardes roses de l'encadrement et rééducation idéologique en interne.

Les NTIC diabolisées ont été laissées à disposition de ceux qui en dehors faisaient leur apprentissage et politiquement abandonnées à ceux qui -spécialité goebbelsienne de la peste brune depuis son apparition – ont su en user avec les moyens techniques et financiers dont le fascisme a toujours bénéficié.

Il faut maintenant être clair. Reconquérir les esprits tant le divorce est grand ne va pas être simple et le faire en diffusant la (bonne?) parole sans débat est maintenant impossible, les forces compromises n'ont plus crédit pour tenter de reprendre la main. Canaille le Rouge ne peut que s'en féliciter tant le message actuel (UE, tergiversation sur l'appropriation publique et mixité des capitaux, et autres questions de fond) est dans un brouillard total qui masque une acceptation de l'horizon indépassable du capital et l'abandon de toute réelle construction d'un socialisme à la française.

Ne reste que faire le pari de la démocratie et du dialogue, du contact militant au plus près pour que ce qui à ce moment n'est qu'une colère tournée vers le " système " se transforme en lame de fond pour s'organiser et subvertir l'ordre social existant, s'attaque au rapport social d'exploitation massivement dénoncé dans ses effets mais pas identifié dans ces causes.

Ces causes éclairées permettraient dès lors d'écarter les impasses tragiques du fascisme qui sont une réalité à ne pas négliger et pourraient ouvrir vers une alternative concrète permettant de répondre aux exigences sociales, remettant ainsi la politique à sa place comme outil de déploiement de la citoyenneté.

Unir sur les bases de ce qui fait rejet : le bilan de 4 décennies de compagnonnage avec les fossoyeurs sociaux-démocrates ne peut que renforcer le capital et ses outils politique. Or la colère porte d'autres exigences.

L'ennemi de classe s'en est rendu compte. Le Capital fait monter ses forces traditionnelle pour exercer sa coercition. Elle est physique avec la répression policière, judiciaire dans la rue comme dans les entreprises. Elle est idéologique avec l’adaptation permanente des média aux impératifs du capital tant dans les contenus que les missions et rémunérations des chiens de garde chargés du quadrillage. Le grand machin de Touthenmacronaparte, plébiscite sans référendum tant il sait le résultat, est pièce de cette stratégie.

Les droites (celles au pouvoir, celles multicolores qui y ont été, celle extrême avec ses passerelles qui rêve d'y accéder) bénéficient d'un atout qu'il faut prioritairement faire sauter. Alors que le mouvement des GJ produit un séisme politique majeur, il ne cesse de se déclarer apolitique. Et pour autant il exige des décisions politiques pour répondre à ce qu'il appelle doléance qu'il entretient dans le cadre d'une vision ultra-délégataire et sanctuarisé du pouvoir politique lequel permet de s'opposer aux exigences sociales. C'est toute la conception de la politique que Canaille le Rouge caractérise ici depuis des mois comme les pratiques des hors sols qui se trouvent ainsi au cœur du débat. Faire de passer de la doléance trop humblement avancée à l'exigence revendicative fermement et fièrement portée.

Cela exige un retournement idéologique indispensable pour rompre avec une pratique politique qui entretient l'alternance puisque vécu que comme le moyen de prendre en main l'état et son appareil pour gérer dans le cadres des contraintes imposées par le capital pour assurer sa pérennité, et pas, pour les forces se voulant progressiste, de transformer la nature de cet état en permettant à ceux qui les portent au pouvoir de le vider de sa nature de classe pour changer la société.

De 1981 à 2012, à chaque retour de l'espoir à chaque fois trompé a succédé la rancœur de la trahison devant la volonté d'un PS dominant de ne pas changer les choses et à un P "c "F l'accompagnant, crédibilisant la phrase de Thatcher repris en substance par Jospin " il n'y a pas d'autre alternative ".

C'est le rejet de cette politique là qui fait cet " apolitisme d’aujourd’hui " et abonde le fond de commerce du duo peste bottée de brun et choléra élyséen en escarpin verni.

Dit autrement ceux qui pensent que leur choix pourraient permettre une alternative ne nourrissent qu'une alternance et la colère qu'ils sèment les ramène au rang de ceux, l’éventail social-démocrate, " insoumission " comprise, honnie par le peuple.

Au bout de plus de 10 semaines, avec toujours autant de monde dans les rues, des grèves qui montent dans les entreprises, le pouvoir et son joueur de poker de Beauvau en sont réduits à ressortir l'arsenal de Clemenceau et Jules Moch actualisé par Ponia et Marcelin. Au point que Castaner va arriver à nous faire passer Valls pour un démocrate. C'est dire le mètre étalon de la dérive . Le Kéké des Préalpes pire que le néo-franquiste en exil.

La possibilité d'une sortie démocratique et progressiste est possible. A condition de ne pas en rabattre sur ce qui est fédérateur : les salaires et pension, l'ISF et la politique fiscale, la responsabilité patronale pour payer les trajet domicile travail et l’arrêt de la répression dans et hors les entreprises et manifestation. Quelle organisation prendra initiative de proposer une plate forme la plus décentralisée possible pour porter la somme de ces exigence pour aller titiller Préfets, députés sénateurs maires élus et autres notables sonner au porte des antennes du patronat et des CCI. Et ne pas lâcher. Là est l'issue : le nombre des participants, ce qui les rassemble et sa capacité de diffuser.

 

 

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #idées, #réflexion, #alternative, #crise, #issue, #capital, #Macronie, #lutte de classe

Repost0
Commenter cet article