Brésil : regarder là bas et ne pas oublier...

Publié le 29 Octobre 2018

... que les soutiens actifs du fasciste de Rio

attendent ici

en embuscade.

Brésil, jour d'élection

Brésil, jour d'élection

"Peut-être manque-t-il aux progressistes d'assumer sans complexe et jusqu'au bout leur opposition au libéralisme, de cesser de tergiverser avec lui, de le combattre aussi radicalement que l'extrême droite le laisse tranquille".

Cette phrase, trouvée sur une page facebook, est-elle le cri de dépit ou de rage de quelqu'un qui ressentait ainsi les choses sans avoir réussi à le formuler ainsi 

Cette phrase, trouvée sur une page facebook, est-elle le cri de dépit ou de rage de quelqu'un qui ressentait ainsi les choses sans avoir jusqu'à présent réussi à les formuler ainsi, la situation brésilienne lui ayant  permis de si clairement l'exprimer ?  

L'arrivée par les urnes d'un pouvoir fasciste est toujours le signe de la rupture du peuple d'avec ceux qui portaient ses espoirs ; comme en Europe le retour des droites  dans des formes aussi diverses et qu'avariés.

C'est donc qu'à un moment il y a eu recul dans le combat de classe. Recul soit sous la pression ennemie qui dispose de tous les moyens du capital, la pire des violences comprises, de l'appareil d'Etat qui au Bresil mettra Lula en prison,  soit par le lachage d'une des composantes porteuses de l'espoirs et de 1936 à nos jours, le bilan de la social-démocratie sous toutes les latitudes est là pour témoigner. 

Soit encore et cette piste traverse aussi les précédentes parce que le peuple acteur du rapport de force se voit déposséder de son rôle moteur par la délégation de pouvoir, voit le renoncement aux projets qui l'avaient mobilisés.  Et au Bresil c'est le fond du problème.

L'adhésion derrière le fasciste mis en place par le capital avec l'aide la partie nantie de cette aristocratie péri maffieuse des issus des favella (le monde du foot en particulier) le poids des églises évangelistes mais aussi localement celle de Rome, sur ce terrain concurrencée, pour accompagner le caudillo naissant  à Rio, ne sont pas des exclusivités brésiliennes. Sous des formes proches les ingrédients existent des deux cotés de l'Atlantique, au nord comme au sud, pour emulsionner cette sinistre mayonnaise.

Il faut le dire clairement, à partir des déclarations du nouvel élu, ses appels aux meutres, aux viols, à la torture, la vie des démocrates, des syndicalistes est menacée.

De nouvelles vagues de réfugiés sont à envisager et notre solidarité pour ceux qui vont mener ce combat doit aussi permettre d'accueillir ceux qui seront contraint de partir. 

Les démocrates brésiliens nous aideront à déterminer la position à avoir en termes de relations internationales avec leur pays, comment les aider dans le combat contre celui qui use du langage d'Hitler ("Bresil au-dessus de tout") dans la langue de Salazar avec comme référence les pratiques de Pinochet et la nostalgie des escadrons de la mort des années de plomb de Costa e Silva et Medici.

Aujourd'hui il ne s'agit pas seulement de tristesse mais aussi de crainte et du besoin de rassembbler pour installer un barrage de solidarité pour protéger les démocrates bresiliens et dire qu'un homme qui annonce le meutre, le viol, et la torture comme programme d'action n'est pas fréquentable.

Ensuite au peuple brésilien de construire son rapport de force pour endiguer la boue qui déferle, à nous d'être solidaire.

Pour qui douterait et pour caractériser le nouvel élu félicité par Trump dès son élection connue, voici ce qu'en dit ...Le Figaro de ce lundi 29 octobre :

«Tous ensemble nous allons changer le destin du Brésil, a écrit sur Facebook le nouveau président du Brésil Jair Bolsonaro. Nous ne pouvons pas continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme ou l'extrémisme de gauche».

Cet ancien militaire de 63 ans est un nostalgique de la dictature qui a dirigé le pays de 1963 à 1985. Il a gagné la présidentielle à l'issue de la campagne électorale la plus incroyable, la plus polarisée et la plus violente qu'a connue le pays.

Il y a d'abord eu l'incarcération du favori des sondages, Inacio Lula da Silva, pour un scandale de corruption dont le juge qui l'a condamné a dit lui-même qu'il n'avait pas les éléments suffisant pour prouver la faute de l'ancien président. Puis les juges ont décidé que Lula ne pouvait pas se présenter depuis sa prison.

Il y a eu l'attaque au couteau contre le candidat Jair Bolsonaro qui l'a éloigné de la campagne pendant trois semaines, juste avant le premier tour, ce qui lui a évité de participer aux débats télévisés, un exercice qu'il ne maîtrise pas.

Enfin le déchaînement de violence après le premier tour qui a mis Jair Bolsonaro largement en tête du scrutin.

Pour aider à prendre la mesure, cette autre information qui pour ici en France dans le moment fera aussi éclairage : 

  • France : Sept milliards d’euros pour quatre sous-marins pour le Brésil

Le constructeur naval réussit à signer, en 2009, la vente de quatre sous-marins d’attaque à propulsion conventionnelle de classe Scorpène, une assistance technique pour la réalisation du premier sous-marin nucléaire d’attaque brésilien, ainsi que l’édification d’une base navale à Itaguaï (près de Rio de Janeiro). Le contrat est évalué entre 7 et 10 milliards d’euros.
En novembre 2015, le Brésil a négocié 
un nouveau calendrier de livraison pour ce contrat. La crise économique est passée par là. Le sous-marin nucléaire sera livré pour 2025. La mise à l’eau des premiers Scorpène serait aussi retardée.

En bleu marine vente par la France de plus de 1 000 Millions € d'armement (sources " Défense, Economie, FranceTagged armes, France, vente"

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Rédigé par Canaille le Rouge

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