A chaque phase nouvelle de la crise, cela revient :

Publié le 29 Octobre 2018

On entend "vite, un  nouveau Front Populaire"

Est ce cela qui doit faire boussole ?

A chaque phase nouvelle de la crise, cela revient :

Pour nombre de travailleuses et travailleurs c'est la prise de la bastille du 20e siècle, 1944 étant son Valmy.

Pour autant, il y a quand même un truc qui ne va pas dans cette référence aujourd'hui au "Front populaire", par ailleurs moment majeur de notre histoire et plein d’enseignements.

Ceux qui l'ont fait l'ont inventé pour apporter une réponse dans un moment donné à une situation donné.

Même s'il avaient en tête et au coeur l'histoire populaire de la France, il n'ont pas dit vouloir refaire la Commune, comme les communards n'ont voulu refaire ni 48, ni 89 ou 93.

En 68 on n'a pas refait 44 qui n'était pas lui même un remake de 36.

Bien sûr à chaque moment on a l'histoire dans la lusette, savoir d'où vient pour voir vers où aller n'est pas inutile.

Mais ce qui a permis de faire reculer le capital et son pouvoir ce n'est pas de repruiire une bonne recette. c'est d'avoir inventé en fonction des réalités concrètes de l'instant, la force du mouvement populaire étant d'avoir des outils politique capable de pousser à cette invention collective. 

La force du capital maîtrisant les leviers c'est d'avoir les moyens matériel d'inventer en permanence des solutions pour se maintenir. L'attaquer avec les stratégies dont il a tiré enseignement tant il lui en a cuit revient à lui laisser l’initiative.

Construire l’alternative s'appuyer sur l'intelligence collective et les enseignements tirés des avancées et échecs antérieurs pour inventer du neuf est la seule possibilité pour subvertir celui qui n'est pas un adversaire mais se révèle chaque jour un ennemi implacable.

Il y a des trésors d'ingéniosité à mutualiser pour proposer des formes d'organisations sociales des formes d'appropriation collectives autre que de dire " nationalisations " ou " des soviets partouts " (encore que la nationalisation des service public en réseau ou les conseils d'atelier revisités et réinventés avec des bases autogestionnaires ont de grandes potentialités d'efficacité).

Canaille le Rouge va être brutal : exiger un nouveau front populaire revient à revendiquer la pérennisation des pratiques délégataires qui sont ressorts du maintien de la domination et de l’intégration au fonctionnement capitaliste tant il renvoi au final à la délégation de pouvoir parlementaire.

Elle fait passer l'issue par des accords de sigles négociés dans des arrères salles avant de rassembler de façon dynamique et au grand jour sur des contenus democratiquement débattus. Expérience de 36, 45, 68, 72-81 quand le contenu n'est plus tenu, la partie la plus sensible aux sirènes du réformisme lâche le tout et parfois comme aujourd'hui ne reste que du vide politique  dans un espace qui dès lors est ouvert à toutes les aventures supercheries, pièges, démagogies ou autres.

De même qu'en politique on ne prend pas de retard on se trompe, refaire ce qui a existé même auréolé à juste titre dans l'imagerie populaire conduit dans une impasse. Nous le vivons dramatiquement dans le moment tandis que le capital et ses forces avancent pour border et corseter une société ajustée au besoin de ceux qui le possède et exploite pour l'accumuler en usant de son talon de fer.

Rédigé par Canaille le Rouge

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