Quand la haine antisociale se révèle au grand jour

Publié le 24 Août 2018

 

Insupportable attitude

d'une fondée de Pouvoir de la macronie

à l'APHP.

Quand la haine antisociale se révèle au grand jour

Stupéfaction et indignation du secrétaire du syndicat CGT de l'Hôpital Lariboisière à Paris ce 23 aout 2018 :

"Pour la première fois de ma vie de militants on m'a empêché de m'exprimer lors de la commémoration de la Libération de Paris.
Lors de la cérémonie a Lariboisiere la directrice de l'hôpital à tente de m'arracher des mains mon discours et exiger que je cesse mon expression!
Certainement heurtée par mes propos dénonçant la casse de notre modèle social issu du CNR et en particulier la sécu!
C'est du jamais vu!
Nous ne lâcherons rien ! "

Peut-être ici indiquer que ce type de comportement dans une cérémonie officielle est passible des tribunaux au titre d'offense au drapeau, outrage etc. et qu'une procédure de destitution de la dite excitée est pour cela tout à fait légitime. Pour sa part Canaille le Rouge n'aurait pas d'état d'âme à l'engager.

Intéressant de savoir comment M. Hirsch, DG de l'APHP se dépatouillera de ce peu ragoûtant bâton.

Rappelons que pour avoir tenu le 27 mai rue du Four des propos de même nature que ceux du représentant de la CGT à Lariboisière, le représentant du Comité parisien de la Libération,  connu comme militant de la CGT, n'a du supporter aucune réflexion, aucun geste de dépit. Ni la secrétaire d'Etat aux Armées présente, ni la brochette de préfets, de généraux ou autres qui l'accompagnaient, aucun  n'ont eu le moindre geste ou propos déplacé. Cela souligne le niveau d'indignité d'une directrice qui ne semble pas à sa place dans cette fonction.

Les personnels de l'APHP ont quelques fières légitimités à rappeler qui fit quoi de 1940 à 1944.

L'histoire de Lariboisière réquisitionné par les allemands mais dont le personnel saura s'organiser pour résister est en résonance avec les autres hôpitaux parisiens.

Les syndicats CGT de l'APHP comme ceux de la Ville de Paris avec qui alors ils étaient liés ont toujours su porter la mémoire et l'exigence de moyens. Dans l'actualité cela passe par la dénonciation des liquidateurs de la santé publique aujourd’hui et des conquêtes sociales de la Libération.   

Canaille le Rouge ne dispose pas du texte qui a fait se révéler les choix et la pensée de la Directrice de Lariboisière, mais en fouillant dans ses archives il a retrouvé la déclaration faite en 2010 par le syndicat de Cochin lors de la commémoration de libération de son Hôpital.

Elle éclaire par le rappel des faits  (Sarkozy était alors à l'Elysée) la continuité des luttes revendicatives pour le service public de santé publique et celle des droites au pouvoir pour les liquider

De 1940 à 1944, l’administration met en place une réglementation importante appliquant au personnel les mesures de rationnement.

Cette situation aggrave la vie des personnels et des malades. L’état sanitaire de la population se détériore avec le développement de la tuberculose, du rachitisme, de la malnutrition …

Les agents sous alimentés sont affectés par la tuberculose et contaminent leurs familles. Les arrêts de travail se multiplient. Pendant ces années noires, les emplois proposés par l’Assistance Publique sont délaissés.

Surmontant la peur et la terreur dans une France désorganisée et livrée au désarroi, inlassablement, ces femmes et ces hommes de toutes opinions, refusant l’arbitraire, le meurtre, le génocide, participent à la Résistance qui fut active à l’Assistance Publique.

Qu’il s’agisse de la part qu’ils prirent aux manifestations revendicatives et patriotiques qui eurent lieu à plusieurs reprises dans la plupart de nos hopitaux de 1941 à 1944 .

Qu’il s’agisse de leur participation à la lutte armée ou à l’aide aux Francs Tireurs et aux Forces Françaises de l’Intérieur, par l’apport de médicaments, de vivres, de matériels divers….

Qu’il s’agisse de l’activité clandestine au sein même de divers hopitaux où médecins et agents du personnel, délivrèrent de faux certificats, simulèrent des maladies, soignèrent et cachèrent des juifs et de nombreux résistants blessés ou malades, faisant même évader ceux qui étaient gardés par la police. Des filières d’évasion s’étaient mises en place dans certains établissements comme Tenon, Hotel Dieu, avec l’aide du personnel et parfois de policiers français.

Les personnels et le corps médical ont payé un lourd tribut à la cause de la Liberté.

38 fusillés de nos services, des centaines de morts, prisonniers, internés dans les camps français, déportés dans les camps de concentration et dans les camps d’extermination, sans oublier ceux morts sur les barricades lors de la Libération de Paris.

Citons parmi les fusillés Corentin Celton, secrétaire du syndicat CGT clandestin de l’Assistance Publique, dénoncé parmi d’autres par le Directeur Général collaborateur et fusillé au Mont Valérien le 29 Décembre 1943.

 Le Directeur, Général Serge Gas, sera révoqué sans pension , ni retraite.

La déclaration de 2010 poursuit :

"Au lendemain de la libération, dans le pays appauvri, l’orientation politique qui est prise est donc de répondre aux besoin de santé pour tous. C’est une priorité du Conseil National de la Résistance.

Le Gouvernement provisoire de la Libération, dirigé par le Général de Gaulle, va mettre le programme du Conseil de la Résistance en place :

  • Droit de vote des femmes,

  • Nationalisation de Renault, des Houillères de Nord pas de Calais,

  • création des Comités d’entreprise,

  • nationalisation des transports aériens et création d’Air France,

  • création des ordonnances de la Sécurité Sociale,

  • nationalisation des assurances et des banques de crédit,

  • création du statut de fonctionnaire,

  • nationalisation du gaz et de l’électricité de France.

En 1936, la victoire du Front Populaire donnait déjà un grand élan d’espoir aux travailleurs de notre pays qui après de grandes grèves ont permis d’arracher au patronat le droit syndical et l’élection de délégués ouvriers selon les branches, mais aussi la hausse des salaires de 7 à 15 % , les congés payés la durée du travail hebdomadaire à 40 heures au lieu de 48 . La création des conventions collectives."

Pas une ligne à changer entre l'actualité sous Sarkozy et celle de l'ancien protégé de Hollande maintenant aux manettes.

Cela dit, faut-il être surpris de l'apparition de telles attitudes ? Sur la forme ? Oui. Un tel cas de violence patronale dans une telle cérémonie est inhabituelle ; c'est heureux. Mais sur le fond ? Alors que la machine à réprimer les luttes sociale et ceux qui les organisent se déploie avec la même vigueur que sont protégés et choyés le capital et la délinquance patronale, la caste aux affaires est en répétition générale pour interdire l'expression revendicative pour le 75e anniversaire du programme du CNR et de la Libération en 2019 (de plus, pour les hors sol, dans une période électorale).

Ils sont à la manoeuvre pour avancer le plus brutalement possible pour éliminer des mémoires ce que le N°2 du Medef Kessler exigeait des gouvernements  "défaire méthodiquement le programme du CNR"» .

D'où la riposte nécessaires sur tout les terrains y compris celui de la mémoire et de l'histoire qu'ils travaillent à s'approprier. Un peuple privé de sa mémoire ne peut construire son avenir.

Attention de ne pas se laisser isoler. A voir comment les connétables de la macronie s'y prennent pour tenter de museler l'expression populaire, là où ce n'est pas déjà en cours, ce combat est à engager dès maintenant en dénonçant les comportements indignes des directions là où ils se produisent.

Se servir des outils à disposition pour cela. Partout pour garder trace, avoir le réflexe de filmer (avec son) pour diffusion à chaque fois que  possible (dont les réseaux sociaux mais pas que) . Et si comportement de cette nature, les stigmatiser, les isoler, les montrer à l'oeuvre et voir conjointement avec les associations d'Anciens Résistant.e.s et celles porteuses de la mémoire pour des poursuites judiciaires.

Mais surtout, condition d'efficacité de ce qui précède, rassembler autour des valeurs des conquis sociaux de la Libération et porter l'exigence de leur reconquête et extension. 

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pedrito 24/08/2018 20:33

J'ai envoyé un mail de "félicitations et d'encouragements" à son service de presse....J'espère qu'on lui fera suivre.....
IMMONDES CRAPULES!!!!!!!!!!!