Jamais le dimanche

Publié le 21 Août 2018

Pour des godillots de Manu El Monarc,

député.e.s LERM

Le bétail humain

est  taillable et corvéable à merci

Jamais le dimanche

Reprenant à leur compte les pratiques antérieures des réactions au pouvoir et affichant ainsi la nature réelle de leurs orientations, une vingtaine de députés LREM (qui par mois émargent de 5300€ mini à 8000€ si cumul ) ont publié une tribune  dans le Journal du Dimanche pour « aller plus loin » dans l’ouverture dominicale des commerces dans le cadre du débat sur la loi Pacte.

Ils veulent encore plus assouplir les règles encadrant le travail le dimanche déjà largement écornées par la loi Macron d’août 2015. Depuis trois ans les magasins situés en Zone Touristique Internationale (ZTI) peuvent ouvrir le dimanche et en soirée jusqu’à minuit " sous réserve d’accord d’entreprise et sous condition de « volontariat » des salariés ".

La CGT a réaffirmé immédiatement son  "opposition à la banalisation du travail du dimanche et rappelle qu’il existe d’autres choix sociétaux pour peu que l’on veuille partager les richesses : 32 heures, augmentation des salaires, embauche des CDI à temps plein " .

Bon, pour Canaille le Rouge il ne s'agit pas de répartir autrement mais bien, projet de société, de les socialiser au profits de toutes et tous. Le débat sur ce point non seulement est à vraiment ouvrir mais à faire progresser dans les consciences y compris militantes.

Les godillots de Manu El Monarc s'acharne donc à pousser les limites déjà insupportables de la loi en matière de travail dominical. Une des signataires, députée de Haute Garonne, Corinne Vignon, ci devant astrologue (si, si !) donc oracle, ancienne cadre de chez Afflelou pour y voir plus clair et encore mieux, est ainsi équipée pour avoir une vision englobant tout les poncifs du genre.

Voilà comment elle argumente :

" loin des idées reçues, de nombreux salariés sont demandeurs de cette liberté de travailler le dimanche " .

" la structure familiale a changé. Les jeunes ne sont plus attachés à la pause dominicale comme nous pouvions l’être. Sans enfant, les jeunes salariés préfèrent travailler le dimanche et s’assurer une rémunération plus conséquente " .

" Beaucoup de familles sont occupées le samedi par les achats alimentaires, les pratiques sportives des enfants. Pourquoi ne pas profiter du dimanche pour faire du shopping en dilettante avec peut-être un peu moins de bouchons "  

Est-ce irrévérencieux de rappeler ici que les signataires qui pour le plus grand nombre d'entre eux disposent de " personnels de maison " (comme on dit) lesquels majordomes et ou bonnes à tout faire cuisinier et chauffeurs travaillent à la convenance de leur maîtres patrons, lesquels, hors périodes électorales, ne sont  que très rarement vu poussant leur caddies vers les queues des caisses de la grande distrib?

Et puis, depuis quand le bétail à faire le profit aurait-il voix aux chapitres quand il s'agit d'accumuler ce pognon qui là, pour le coup, n'est pas fou ?

Ces polichinelles, en lévitation, prétendent que les lois Macron - El Khomri de 2015 ont permis la création de 1500 emplois et que les magasins ouverts le dimanche dans les ZTI ont vu leur chiffre d’affaire augmenter de 15%.

La fédération CGT du commerce et des services opposée depuis l'origine au travail du dimanche, dans un communiqué a immédiatement réagi :(https://www.commerce.cgt.fr/actualites/informations/2018/08/20/des-deputes-lrem-veulent-aller-plus-loin-dans-la-precarisation/

. Elle interpelle :

" D'où sortent ces chiffres ?. Des chiffres, nous en avons et bien réels. Depuis la loi Macron d’août 2015, ce sont environ 20 000 emplois qui ont été supprimés dans des secteurs pourtant ouverts le dimanche : Carrefour (ex Dia), Flunch, Jardiland, Castorama, Bricodépôt, Auchan, HappyChic (Brice et Jules), la Halle, Pimkie, Hippopotamus, Décathlon, Maxi Toys, La Grande Récré, Tati, Bodyguard… la liste est loin d’être exhaustive. »

Quant aux arguments sur le volontariat, ou l’aspiration sociétale mises en avant par les promoteurs de l’ouverture dominicale, la CGT commerce et services invite les députés LREM « à essayer de vivre avec 800 euros par mois. Nous verrons s’ils ne courront pas eux mêmes pour travailler le dimanche ».

Cette volonté d'imposer la féodalisation des activités humaines pour servir la castes des hors sols, barons du système, petit marquis de la rente, clergé des média, sénéchaux et connétables du personnel politique, exige riposte. Pas que des salariés du commerce mais de tous. Comme pour La Poste, France Télécom, EDEF-GDF, la SNCF, la Protection Sociale, la Santé l’École etc. cesser cet enfermement de chacun dans sa tour. Une à une, elle sont vulnérables ; la preuve par la SNCF. Reliées par des murs de lutte solidaires, elle permettent de construire les conditions d'une sortie qui balayera les assiégeant.


 

 

Clin d'oeil à Jules Dassin qui réalise ce film, "Jamais le dimanche" juste après avoir fuit le maccarthysme avec une rayonnante Mélina Mercouri

le film se déroule en partie dans le port du Pirée. Celui que Tsipras pour céder à l'UE a privatisé.

Rédigé par Canaille le Rouge

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