Intempéries politiques majeures en formation.

Publié le 30 Juillet 2018

 

Il y a la grande scène et les coulisses. 

Il semble bien

que c'est là

que cela se passe.

 

 

 Intempéries politiques majeures en formation.

La Ripoublique les appelle,

ils veulent vaincre

et nous faire mourir.
 

Il y a parfois besoin de prendre un temps de recul pour ne pas tomber dans le piège en voie d'installation. En n'oubliant surtout pas que les ambitions personnelles ne peuvent être portées qui si ceux qui doivent en tirer profit en sont d'accord et donc de bien suivre ce que va dire et faire la nouvelle direction du MEDEF en matière d'opportunisme ou (et) d'accompagnement.

L'Opération Benalla et sa peopolisation sont en train de se transformer en lourd et pesant écran de fumée permettant des manœuvres aux conséquences redoutables pour la démocratie. 

Sur les tréteaux, des bateleurs de foire, piteux Arlequin et Pantalone, s'escriment à détordre l'image corrompue d'un président dégradable tant il est compromis de la plante des pieds au haut de sa chevelure dans cette privatisation barbouzarde de la République. 

Derrière les rideaux, côté cour, chaque contretemps de la pièce, chaque rebondissement non prévu de l'intrique pourtant cousue de fil blanc, permet d'avancer dans un projet mortifère pour la démocratie exigé par le capital tandis que côté jardin s'installent grâce aux lois El Khomri-Macron perfectionnées par les lois Macron-Pennicaud, une chasse au militant, une répression anti syndicale et anti-ouvrière jamais vue depuis Jules Moch il y a 65 ans.

Regardons-y d'un peu plus près : englué dans les scandales qui ruissellent de tous les pores de la macronie, le pouvoir contraint de lâcher du lest doit retirer – temporairement – son projet de dérépublicanisation de la constitution. 

Il va user de l'été pour affiner ses plans et engager s'il le peut l'estocade dès passée la rentrée, profitant de la colère que ne va pas manquer de grandir devant sa volonté d'en finir avec la sécurité sociale, les conditions de la rentrées scolaires et universitaire et autres visées destructrices du tissu social pour passer en douce et  livrer sans frein le pays aux appétits du capital. 

Tenir face aux luttes et passer en force ou pas au plan institutionnel, voila sa feuille route concocté avec  Roux de Bézieux.

Les officines du ministre de l'Intérieur qui sont au charcutage électoral ce que la brigade de chez Bocuse est à la gastronomie, travaillent à fond pendant ce temps au redécoupage des circonscriptions pour doter l'émule du Trump logé rue St Honoré d'un parlement à sa main dès la réforme imposée.

Accord tacite au sein des droites, ou au besoin au forceps, via de discrets chantages et négociations d'antichambre, un objectif : aboutir à une sous-représentation aggravée des zones populaires, à un savant dosage de zones potentiellement conservatrices avec prime aux socialistes marchepieds pour construire une majorité durable et sur-mesure à celui qui se voit officiellement à la tête de ce qui ne serait pas une monarchie, mais plus une République. Un État français (le mot est choisi volontairement.) géré y compris dans ses aspects les plus régaliens par des officines recrutées par relation face au service de l'État qui y seraient soumis. On voit poindre là le modèle de l'administration US.

Pour faire passer ses projets Macron escompte sur la présence du duel au second tour entre ses condottieres et les commandos ras'cistes de l'ex f-Haine. Pour amplifier son score il travaille à la reprise de l'opération mis en place par Mitterrand et utilisé à profit par tous ses successeurs autour du nom de Le Pen.

Si on ne peut présumer des effets politiques dans le peuple du résultat des motions de censure lesquelles en l'espèce ne menacent pas le pouvoir, celui-ci ayant bien mesuré les choses, dès sa reforme de la constitution passée des cartons aux étagères, aura beau jeu de dissoudre l'Assemblée pour en faire plébisciter une nouvelle encore mieux à sa main.

Alors certes, s'il faut toujours être certains de pouvoir user de son droit de vote et vérifier sans attendre son inscription sur les liste électorales (mais, sacrée question,  pour être efficace voter pour qui?), le plus sûr est de construire à partir de la colère le plus large et plus profond mouvement social. Surtout aider à ce que celui-ci porte ses propres exigences et force leur traduction dans l'espace politique. Cela pour ne pas se réfugier dans le moins pire, mais basculer la table pour imposer ce qui pour lui doit être le mieux. Et au besoin (du point de vue de Canaille le Rouge, il y a un besoin urgentissime) de se construire l'outil pour le porter.

C'est la condition sine qua non d'une réelle alternative.

 

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