Deuils : pour interdire que cela se reproduise

Publié le 18 Décembre 2017

pour ne plus avoir d'accident de PN 

il faut supprimer les PN.

Impossible ?

parlons-en.

Deuils : pour interdire que cela se reproduise

Unité de lieu, unité de temps, unité d'action ; les ingrédients de la tragédie :

 

Acte 1 : le constat technique :

Lorsqu'on fabrique une autoroute, une voie express, un aéroport ou tout autre équipement, lorsqu'on transforme une infrastructure pour augmenter son débit, la voirie est modifiée en conséquence : suppression de croisement soit par la mise en place de ponts soit des détours et fermeture de rues ou routes.

On n'imagine pas une route départementale ou nationale traversant la piste d'un aéroport, le creusement d'un canal impose la mise en place de pont.

Concernant les conflits entre transports ferroviaires et trafic routier, la réponse du législateur est d'installer 65 m2 de bitume encadrés par 6 ou 12 mètres de plastique blanc rayé de rouge à 1 m du sol et deux lampes rouges clignotantes et même, dans de nombreux cas, un simple panneau stop. Quand concernant les autres modes, partout ailleurs les circulations sont supprimées ou déviées par des ouvrages d'art.

 

Intermède 1

Il faut savoir que la masse d'un TER lancé à 120 km/H en fait un projectile qui ne peut s’arrêter en moins de 600 m, qu'un train de marchandises lancé à 75 km/h sur la même voie mettra au moins 800 m. Tolérer pour fluidifier le trafic routier de baisser les cure-dents anti effraction 20 secondes avant passage revient à laisser un véhicule traverser la piste d'un aéroport alors qu "un Airbus A380 fini son point fixe au décollage à 300 m.

 

Acte 2 : le conflits administratif existe-t-il ?

Mais la puissance publique (État, Régions, ministres et préfets) tolèrent les PN au risque de fabriquer ce chapelet de catastrophes où le plus souvent ce sont des enfants partant ou rentrant de cours ou d'activités pédagogique culturelles et sportives qui s'alignent dans les chapelles ardentes quand ce n'est pas la conséquence des réaménagements de la carte scolaires suite à fermetures-regroupements d'établissements.

 

Intermède 2

Et toujours ce sordide argument du coût.

Oui, ça coûte ! Et alors ! Combien coûte un de ces ronds points qui pour certains ont réglé les conflits de croisements routiers (et c'est tant mieux) et d'autres ont par canaux dérivés surtout permis de financer des campagnes électorales.

Combien coûte au contribuable ces PPP pour des infrastructure qui ne profitent qu'à la marge à la masse des populations (stade du Mans, NDDL, ligne ferroviaire privée du TGV Languedoc Roussillon,  etc mais engraisse les majors du BTP ?

 

Acte 3 : comment dénouer l'intrigue ?

Regardons cette piteuse plaidoirie des autorités telle que rapportée par le Figaro, elle confirme l'accusation : 

" Depuis, les passages à niveau considérés comme dangereux sont inscrits sur une liste, actualisée tous les trois ans. «Il s'agit de points de croisement ayant connu plusieurs accidents sur une période de 10 ans ou ayant des trafics routiers et ferroviaires élevés (15% des accidents graves sont concentrés sur 1% des passages à niveau)», explique le ministère de la Transition écologique et solidaire sur son site. Au 1er janvier 2017, on comptait 163 passages à niveau inscrits contre 437 en 1997. Certains sont améliorés, d'autres supprimés. L'année dernière, la SNCF a investi près de 14 millions d'euros pour améliorer la sécurité de 192 passages à niveau. 18 ont été totalement supprimés. Des opérations souvent longues (4 à 6 ans en général) et coûteuses (entre 3 et 15 millions), qui sont financées par l'État, les collectivités locales et la SNCF. "

Face à cela, parlons de ce pactole livré au capital (chiffres officiels donnés par le PLF 2017 ) 43 milliards d'euros de la créance que les entreprises ont déclaré avoir sur L’État pour le CICE et 27 milliards, c'est le montant que cela a effectivement coûté à L’État au 31 juillet 2016.

A ces 27 milliards, on pourrait ajouter les 9 milliards d'euros du pacte de responsabilité, qui exonère les entreprises de cotisations patronales et fait donc lui aussi baisser le coût du travail pour les entreprises.

 

Maintenant dans cette tragédie comment écrire l'épilogue ?

Avec les 36 milliard annuels de CICE qui servent à casser l'emploi et payer des dividendes, c'est l’équivalent de 6000 PN qui pourrait disparaître sans modifier les équilibres budgétaires (et en plus cela créerait combien d'emplois dans le BTP ?).

Il s'agit de choix politiques qui doivent être combattus politiquement. La douleur partagée,réelle ou de façade, ne peut servir à masquer cette responsabilité. Colère et  douleur partagées exigent de ne pas s'en laisser compter pour dénoncer.

Allons plus loin : alors qu'on ne sait à ce stade s'il y a eu ou pas cette " erreur humaine " qu'immédiatement les autorités cherchent à mettre en avant, ceux qui entretiennent les conditions que celle-ci puisse se produire en pariant sur le risque calculé pour laisser les choses en l'état sont les premiers responsables de ces morts insupportables. Il doivent rendre des comptes comme complices de coups et blessures ayant entraînés la mort sachant qu'ils pouvaient la donner.


 

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