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Ciao Loulou

Salut d'un cheminot parisien

à son camarade postier lyonnais

Ciao Loulou

Canaille le rouge a croisé à de nombreuses reprises celui que comme tous ses camarades il appelait affectueusement Loulou.

Principalement mais pas exclusivement dans le cadre de ses activités politiques, Canaille le Rouge a rencontré et côtoyé Louis Viannet dans diverses réunions à de nombreuses reprises.

L'ancrage commun dans le syndicalisme de classe ne le conduisant pas à partager obligatoirement toutes les analyses de Louis. Ce qui suit va donner une information et un éclairage peu connu au delà des limites du Périph de la personnalité de Louis.

 Un des moments marquant avec Louis qui aura certainement le plus marqué Canaille le Rouge se situe au début des annés 90.

1993. Congrès de l'UD CGT de Paris. Une UD en pleine tourmente. Un affrontement profond, grave où, dit avec la vision La Canaille, se choque violemment un syndicalisme d'accompagnement  et un syndicalisme de lutte dans une UD au bord d'une scission interne alimentée de l'extérieur (dans la CGT mais aussi au-delà).

Des camarades de près de 20 ans s'entre-déchirent. Le secrétariat de l'UD dont son SG est contesté par la majorité du bureau et de la CE. Le congrès devra trancher. Il tranchera et mettra en place une direction profondément renouvelée.

Bizarrerie, le congrès ne se tient pas à Paris mais au siège de la confédé à Montreuil. Les uns après les autres les membres ou ex membres du bureau confédéral entrent et sortent dans la salle du congrès, certains ostensiblement montrant un appuis à la direction contestée. Des pressions "fraternelles" s'exercent et conduisent à de vives réactions des délégués mandatés. 

La situation est plus que grave. Outre la dimension alors emblématique de l'UD de la Capitale, il s'agit de l'UD où toutes les fédés de la CGT sauf les marins et les mineurs ont des bases organisées. Elle est celle qui a le plus grand nombre d'adhérents. c'est aussi celle qui vient de sortir ébranlée mais avec succès du mouvement de 86-87 et la tentative d'implanter des coordinations contre le syndicalisme de classe.

C'est de ce congrès que sortira ceux qui pour Paris mèneront la lutte de 95 simultanément au déroulement à Montreuil du congrès confédéral suivant.

Louis prend la parole dans une atmosphère plus qu'électrique. Plutôt que de féliciter tout le monde et de donner au nom du bureau confédéral un cap pour la direction que le congrès devra mettre en place, sa première phrase reste à jamais marqué dans la tête de celui qui écrit aujourd'hui.

Après avoir d'un geste bien connu chez lui assuré ses lunettes, il se lève de son siège, se penche vers la salle, et interpelle : "Comment en est-on arrivé là ?" répétant lentement "Comment ...a-t-on pu ...en arriver...là.! " ...Précisant de suite (en se souvenant que les directions de fédération représentaient selon les moments entre un tiers et la moitié de la CE de l'UD tant Paris était jusqu'alors emblématique)."Comment avons nous laissé s'installer une telle situation?" le "nous" s'adressant plus aux membres de la direction et aux permanents confédéraux de la CGT si présents dans la salle qu'aux délégués des syndicats et unions syndicales dont pour un grand nombre ce congrès était le premier.

Les actes du congrès (il faudra ressortir le compte rendu analytique qui fut ensuite édité) ont marqué ce moment fort de rupture où le SG de la CGT a dit clairement que l'UD de Paris devait conquérir et affirmer son droit de se diriger depuis ses syndicats et non depuis la confédé.

Ce fut au siège de la confédération (surtout là) si ce n'est une révolution au moins un séisme suivi d'un tsunami organisationnel des plus conséquents.

Certes, entre le cap et sa concrétisation il aura fallu travailler et le pli s'il est pris ne l'a pas été sans mal et est peut-être encore fragile. Ce fut dans la CGT un moment historique qui vaudra à Canaille le Rouge de vivre ensuite des moments les plus passionnant de sa vie militante avec le plaisir alors de pouvoir clairement et librement mener la lutte de classe autrement qu'à cloche pieds jusqu'à ce que les mauvais coups surgissent de là où il les attendait pas ...de son parti.

C'est de cette apport au débat sur l’indépendance syndicale indispensable à un syndicalisme de classe confédéré et la place des organisations au premier rang desquels le syndicat que Canaille le Rouge tient ce jour à témoigner.

 

 

Voici le communiqué confédéral après la disparition de Louis :

Louis VIANNET

Le sens des autres
dimanche 22 octobre 2017

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Louis Viannet, Secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999.
C’est une perte immense pour notre pays et pour notre organisation.
Louis était un homme et un dirigeant toujours à l’écoute des autres, connu pour sa grande ouverture d’esprit et porteur d’une vraie vision sur les évolutions de la société.
Jeune militant au sein des PTT, chacun s’accorde à reconnaitre sa pugnacité revendicative et sa proximité permanente avec ses collègues. Après avoir occupé diverses responsabilités jusqu’au plus haut niveau de sa fédération, il intègre le bureau confédéral de la CGT en 1982 au congrès de Lille. A cette occasion, il est remarqué pour son intervention condamnant le tournant de la rigueur annoncée par Pierre Mauroy, le premier ministre de François Mitterrand.
En 1992, lorsqu’il est élu secrétaire général de la CGT dans une France marquée par le chômage de masse, la casse industrielle et l’effondrement d’un monde bipolaire, il s’attèle avec conviction et clairvoyance à travailler à l’indépendance de la CGT tout en impulsant son ouverture vers la diversité du monde du travail.
Il est très présent dans le mouvement social de 1995 où il œuvre pour un « syndicalisme rassemblé » persuadé que l’unité syndicale est nécessaire pour redonner espoir et confiance aux salariés et à l’ensemble du monde du travail.
Il milite également avec succès pour que la CGT trouve sa place dans le syndicalisme européen.
Après avoir quitté ses mandats, Louis n’a jamais cessé d’être présent aux côtés des militants et dirigeants de la CGT avec l’humilité et la réserve qui le caractérisait.
Louis aura profondément marqué la CGT durant les années où il y a occupé des responsabilités, faisant en sorte que notre organisation évolue face aux réalités du monde du travail tout en restant fidèle aux valeurs émancipatrices fondatrices de la CGT.

Montreuil, le 22 octobre 2017

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