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Ferrand et le diapason des droites

 

Quand les fumées de la légalité

masquent le dénie

de la moralité politique.

 

Ferrand et le diapason des droites

Le sieur Ferrand, baronnet du nouveau régime, vient de se faire épingler pour des fillonneries balkanesques de mauvais aloi.

L'affrontement né de la révélation permet à tous les anciens de la confrérie d'entrer en lice.

Détourneurs de fonds publics européens, nationaux, régionaux, tous tournent autour de l'Autel supportant le veau d'or psalmodiant "présomption d'innocence" exigeant de sacrifier celui par qui leur scandale revient alors qu'ils pensaient l'avoir conjuré.

Maniant les encensoirs dont les fumées doivent estomper leurs propres turpitudes, ils s'escriment à éloigner les fidèles de l'idée que le dieu sanctifié est consubstantiel à leurs basses pratiques.

Le débat est pourtant posé de bonnes façons si chacun fait effort de relier les deux propositions :

Le sieur Ferrand est-il dans la légalité ou pas ?

Le même est-il dans la moralité ou pas ?

Il se trouve que nos contempteurs d'amoralité financière sont d'accord pour dire oui à la première question tout en disant non du bout des lèvres pour la deuxième.

Comme ses bons maîtres lui ont appris sur les bancs de l'école de la République, Canaille le Rouge propose de poser l'équation et de la simplifier.

Le sieur Ferrand est-il dans la légalité ou pas ?Le même est-il dans la moralité ou pas ?

Commençons par simplifier :

Dans la légalité ou pas ?dans la moralité ou pas ?
Légalité ≠ moralité

Voilà, nous y sommes.

Et là, cela devient plus simple à résoudre. Vous remarquerez que pour cela, il aura fallu écarter dans chaque terme de l'équation l'encensoir anti-interrogation, le doute alternatif et permettre comme pour un théorème, de partir d'un singulier établi pour aller vers une généralisation non-contestable et ainsi arriver à l'essentiel :

Ce qui est légal n'est pas forcement moral.

Lequel dans la société des hommes doit-il primer ? Question menant à ce "comment supprimer l'inégalité ?".

Et de suite, les porteurs de bannières et gonfalons aux armes des baronnets et suzerains de dire " si la loi, c'est la loi, il faut que la loi prime pour que l'ordre règne".

Et tant pis pour la morale ?

Ainsi, l'ordre serait amoral ? Et ce serait légal ?

Quelle opportunité dès lors d'avoir comme outil l'état d'urgence pour suppléer aux encensoirs.

Comment le château, ses manoirs et hôtels particuliers justifient-ils que pour avoir le droit de dire que l'amoralité de la loi est illégitime, il faille aussi combattre le cadre imposé et contraint où il serait loisible de le dire ? La légalité du marché serait-elle aussi opposable à la démocratie ?

La loi fondamentale nommée Constitution dit que le toit, la santé et l'emploi sont des droits. Oui, mais comme c'est la loi fondamentale, elle donne des valeurs morales. Comme la morale ne prime pas sur la loi, cela revient à dire que l'apparence de la légalité prime sur les fondations établies à partir de la moralité.

Et d'un seul coup tout s'éclaire : s'il y a de l'argent en jeux (action SCI, fiscalité ISF à contourner service publique à privatiser, la loi permet de bousculer, de contourner (ou, si cadre restreint d' installer des " niches " les chiens de garde en raffolent). S'il s'agit de contester les débordements que la loi d'argent permet, la morale doit s'incliner.

Et d'un seul coup, notre équation est résolue :

Pour remettre de la moralité dans les rapports humains, il faut supprimer les lois fiscales encadrant ce rapport à l'argent permettant d'être légalement immoral.

C'est une des facettes du combat contre le capital et son rapport social d'exploitation.

Regardez la macroncratie et sa vulgate : " en votant pour moi afin d'interdire à l'autre d'envahir, vous m'autorisez à me recommander de votre accord pour maintenir et développer l’amoralité en renforçant les textes illégitimes encadrant notre légalité ".

Que le sieur Ferrand doive partir, c'est sûr. Mais qu'il ne soit que le fusible protégeant l'immoralité est amoral.

Vous voyez bien qu'il n'y a d'issue que dans la contestation et le renversement du capitalisme géniteur de ces travers. Notez bien que fondamentalement, c'est pour avoir cédé et laisser revenir par les fenêtres ce que les révolutions mettent à la porte qu'à chaque fois ces dernières, trahi par la montée en puissance des hors-sol, ont failli et que sont revenus les lois légitimant l'amoralité et réinstaurant le rapport social d'exploitation.

Une belle façon de prouver que l'état n'est que l'organisation de classe de domination et que ne pas réfléchir à comment s'organiser socialement en s'affranchissant de cette forme de contrainte de masse laisse les contraignants poursuivre leur domination sur les contraints.


 

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