Capital , te voila ...

Publié le 26 Octobre 2016

Quand les réfugiés syriens

passent de l'état

de boucliers humains

à celui

de chairs à profits 

Des bombes et massacres via les camps aux ateliers clandestins des majors du prêt à porter

Des bombes et massacres via les camps aux ateliers clandestins des majors du prêt à porter

Pourquoi se priver de main d'oeuvre quand on l'a lowcost, à discrétion, captive, aidé pour cela par un régime des plus répressifs du tour de la Méditérranée, connu comme quasi génocidaire contre le peuple Kurde ?

Canaille le Rouge dédit cet article à ceux de ses compatriotes qui vont faire du shopping à Londres parce que le change est avantageux et (ou) qui vont se battre pour bénéficier des soldes à Londres comme à Paris.

Voila comment se fabrique l'objet de vos mercantiles convoitises :

C'est une enquête que publie Le Monde . Elle pointe la Grande Bretagne.

Pour aitant, l'expérience de Dacca devrait exiger qu'on y regarde de près concernant les homologues français des négriers britanniques.

"Une enquête de la BBC, diffusée pour la première fois mardi 25 octobre, révèle que des réfugiés syriens travaillent dans des conditions misérables pour des sous-traitants de grandes marques de vêtements en Turquie.

Des adultes, mais aussi des enfants parfois âgés de moins de 10 ansont été filmés dans des ateliers fabriquant des habits pour Marks and Spencer, Asos, Zara et Mango qui seront ensuite vendus en Grande-Bretagne.

Le journaliste Darragh MacIntyre a passé plusieurs mois en Turquie. Malgré le coup d’Etat et des autorités promptes à surveiller de près la presse, il dit que « trouver des réfugiés syriens, y compris des enfants, travaillant sur des vêtements de marques pour le marché britannique était relativement facile ».

« On m’avait dit que le travail des enfants était endémique en Turquie. Mais je n’imaginais pas à ce point. Un sous-sol d’atelier était presque entièrement occupé par des enfants, la plupart ne pouvaient pas avoir plus de 7 ou 8 ans, la représentation même de la misère dickensienne. »

Dans certains ateliers produisant pour des marques britanniques, le journaliste a découvert des réfugiés syriens payés « à peine plus d’une livre sterling l’heure, bien en dessous du salaire minimal turc ». « Ils parlent de salaires minables et de conditions de travail terribles », dit Darragh MacIntyre.

« Ils savent qu’ils se font exploiter, mais ils savent qu’ils ne peuvent rien y faire. »

Douze heures par jour à repasser

 

C’est le cas dans une usine liée à l’entreprise Marks and Spencer. Un enfant de 15 ans travaillait douze heures par jour à repasser les vêtements. « Il m’a dit qu’il voulait être à l’école mais qu’il ne pouvait pas ne pas travailler », raconte le journaliste.

 

Il a filmé des scènes similaires dans des ateliers de sous-traitants, liés directement ou indirectement à la marque Asos. La direction d’Asos a précisé qu’il s’agissait « d’une usine non autorisée » en Turquie, pays où l’entreprise contrôle régulièrement les sous-traitants officiels avec lesquels elle travaille depuis huit ans.

 

Deux autres cas ont été découverts par la BBC : dans un site de production de jeans pour Zara, certains réfugiés travaillaient jusqu’à 12 heures par jour et dans un atelier fabriquant des vêtements pour Mango, des travailleurs syriens utilisaient des produits chimiques sans protection adéquate.

 

Marks and Spencer et Asos ont assuré qu’ils régulariseraient tous les travailleurs syriens et contribueraient à financer la scolarité des enfants trimant dans les ateliers.

 

Ces deux marques feignent aujourd’hui apprendre ce qui se passe dans les ateliers de leurs sous-traitants turcs alors qu’en début d’année elles faisaient partie de la trentaine d’entreprises interrogées par l’ONG Business and Human Rights Resource Centre, qui travaille sur la sensibilisation des entreprises aux questions de droits de l’homme. Elles avaient alors refusé de répondre, alors même que d’autres groupes, comme H&M, étaient pris la main dans le sac et obligés de prendre des mesures à ce moment-là.

 

Sur les plus de 4 millions d’hommes, femmes et enfants qui ont quitté la Syrie depuis le début de la guerre civile, environ 2,73 millions vivent actuellement en Turquie. L’écrasante majorité (90 %) vit hors des camps, pour moitié dans les grandes villes de l’ouest comme Istanbul, Izmir ou Ankara.

 

Mais si les enfants des camps sont scolarisés, ce n’est souvent pas le cas des autres, contraints de travailler pour nourrir leur famille ou ne trouvant pas de place dans les écoles publiques turques saturées. Quelque 500 000 enfants sur 850 000 seraient dans ce cas."

 

"Le capital est un rapport social , un rapport social d'exploitation" (K Marx)

Rédigé par Canaille Lerouge

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