Autre télescopages. De Lille à Tamanrasset

Publié le 26 Septembre 2016

Dernier weekend septembre 2016.

Ce n'est plus une fin de mandature,

c'est une décomposition morale.

 Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

Harkis, tout commence là : l'invasion coloniale et l'asservissement d'un peuple.

L'historien qui regardera les éphémérides et la presse de 2016 notera avec curiosité (voire surprise) et souhaitons le - pour le citoyen- indignation, que les 24 et 25 septembre 2016 le gouvernement de la république a d'une part autorisé à s'installer paisiblement des néo nazis ouvertement raciste et xénophobe au moment où les démocrates et républicains commémoraient à Lille l'anniversaire de l'assassinat des 25 Résistants en septembre 1941.

Une autorisation accordé le samedi à ceux qui se revendiquent ouvertement héritiers des fusilleurs d'hier de tenir lieu à enseigne publique, d'interdire la manifestation de ceux qui s'opposent à la bête immonde.

Et d'autre part, le lendemain le même pouvoir va accorder une reconnaissance à ceux qui furent des miliciens au service de l'occupant colonial français.

Parce qu'il faut bien appelé un chat un chat. Mis sur pied par la puissance coloniale, ces supplétifs, première ligne de la répression, tueurs en CDD  par rapport aux CDI des engagés de l'armée française (et les appelés envoyés de forces), CDD-miliciens ayant participé à des opérations que le langage militaire officiel a nommé "des commandos de chasse"- tout un programme !- contre les patriotes algériens se battant pour leur indépendance n'auriont été durant la guerre d'indépendance de l'Algérie que des miliciens au service de l'occupant.

La figure emblematique de ce que sont les jharkis peut se synthétiser autour de Saïd Boualam, dit le Bachaga Boualam. Il se fera remarquer dès le début de ses activités dans les années 20 comme combattant coté français et espagnol lors de la guerre du Rif,officier dans l'amée française la toile ne dit rien de lui concernant la période 40-45 mais dès 46 il est élus dans ce statut de type appartheid qu'il défent puis continuera jusqu'à être un activiste  majeur de l'OAS. Durant la fin de l'occupation coloniale, comme responsable de sa harka, il aura droit a un statut spécial de la part de Challe (un de ces quatre généraux félons rêvant de jouer à Franco) lorsque celui-ci était commandant en chef en Algérie : La "harka du bachaga", figure emblématique de l’Algérie française, qui compte environ 1 500 hommes.*

Les Harkas, ces détachement d'hommes recrutés par le gouverneur et l'armée, sous controles des SAS français avec toujours d'un officier de l'armée non loin de leur aire de prédation vont - commandos de chasse- commettre des exactions où les tortures le disputeront  aux assassinat set aux viols systématiques. 

Présent aussi en métropole, des détachements de harkis étaient envoyés dans les quartiers où étaient présents une forte population algérienne. Canaille le rouge a directement vécu leur pratique (souvenir indélébile, c'est la première fois où il a eu un canon de mitraillette sur la poitrine), le long de la petite ceinture rue de la jonquière près de la piscine, dans le 17e. Les mères du quartier toutes groupées emmenant leurs enfants à l'école épaulées par les militantes communistes du quartier et le comité de l'UFF y conduisant aussi d'un même pas leur progéniture. Souvenir de l'officier -un sous lieutenant  français - qui riait quand du bout du canon de leur armes les miliciens de l'armée coloniale retournait les matelas des landaux pour vérifier qu'il n'y avait ni tracts ni armes. C'était à Paris 1958 et La Canaille du haut de ses six ans, teint mat cheveux plus que bruns frisés, devait déjà avoir le profil type d'un futur terroriste. 

Voila qui le gouvernement  dans sa chasse électorale honnore. Il est vrai qu'ainsi il assume une continuite répressive au faciès et à l'idée, liens avec les pratiques du moments. Les deux évènements (Lille et les Invalides) éclairent les choix de fond d'un pouvoir qui voit se  complêter son tableau de chasse - bientôt hors concours - en matière de ventes d'armes. La technologie française du Yemen à la Syrie, l'Irak voire la Lybie sert à fabriquer ces refugiés qui s'ils ne sont pas tués par les bombes ou noyés en méditérrannée tentent de survivre sur la rive de la partie nord de la méditérranée dans les conditions que LaValls et Cazeneuve leur réservent pendant que Hollande et Le Drian signent les contrats.

Pour le parti socialiste historique fauteur de guerre,  de l'union sacrée jusqu'au plein pouvoir de 56, acteur majeur de toutes les guerres impérialiste du 20e siècle, c'est l'art de nous resservir la farce avariés d'une repasse de l'histoire.

Oui, de quoi travailler pour les historiens, mais surtout une urgence à voir se produire dans notre pays un sursaut du sentiment républicain que la solférinicratie aura tout fait pour l'avilir.

* à propos de ces harkis, voici ce qu'en dit, avec mesure, Pierre Vidal Naquet :

"Il n’est aucun gouvernement français qui ne se soit publiquement réjoui de la mise en jeu d’une telle masse d’Algériens musulmans. Qu’ils aient ou non torturé, les harkis, par leur seule présence, inspiraient la terreur. Ceux qui ont pu voir Octobre à Paris se souviendront toujours du visage des témoins algériens quand ils prononcent ce nom détesté . Que cette terreur ait été un instrument de guerre qui seul pouvait à son tour maintenir les harkis dans l’obéissance à leurs chefs, il n’est pas permis d’en douter. Dans un rapport officiel rédigé à la fin de mai 1961, un lieutenant chef de harka exposait que ses hommes « avaient été dès le début habitués à avoir toute liberté d’action après les accrochages » ; il expliquait aussi qu’au lendemain de l’interruption des opérations offensives (20 mai 1961), il ne put empêcher ses harkis de gagner le djebel qu’en les autorisant à exécuter six prisonniers . Une haine générale s’est ainsi accumulée contre les harkis, dont il eût été naïf de ne pas prévoir l’explosion et que les accords d’Évian, malgré l’amnistie qu’ils comportaient, pouvaient d’autant moins endiguer que, dans le bled, l’OPA, qui seule aurait pu assurer une transition relativement calme entre l’ancien et le nouveau régime, avait été précisément détruite, les cadres du peuple algérien exterminés, et que l’OAS régnait dans les grandes villes."

http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article20

oui, des miliciens, voila à qui Blummollet rend hommage.

Ce n'est plus une fin de mandature, c'est une décomposition morale 

Rédigé par Canaille Lerouge

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Robert Lechêne 26/09/2016 16:37

Oui, mais 500.000 voix, ça vaut le coup de se les mettre de son côté, le côté Hollande, en vue de la présidentielle de 2017 !