Une journée qui fera date.

Publié le 23 Juin 2016

Qui a mangé son chapeau ?

à voir ce soir ses chiens de garde,

le pouvoir est aux abois

Une journée qui fera date.

C'est ici connu, Canaille le Rouge a quelques difficultés avec certains points des orientations de son organisation syndicale et les questions tant de l'UE que de la CES ne sont pas parmi les dernières. D'ailleurs, l'absence de ces questions dans la période freine la clairvoyance indispensable pour des solutions durables à mettre en œuvre pour que la "loi travail" soit mise définitivement à la poubelle.

Dans cette période de conflit aiguë avec le capital et son bras séculier gouvernemental aux mains du PS, ces points ne se sont pas estompés.

Pour autant devant l'agression contre les libertés démocratiques dont le droit de manifestation, corolaire d'une volonté à circonscrire la démocratie qu'à l'exclusif droit de vote qui disqualifierait toutes autres expressions d'opposition constitutionnelle et justifierait de les réprimer, La Canaille considère que la direction de la CGT a fait preuve d'une grande force d'organisation et de responsabilité en parvenant à retourner la provocation dans les pattes des provocateurs et ainsi à affaiblir le pouvoir.

60 000 personnes à Paris manifestent dans des conditions certes insupportables, mais imposent au pouvoir de revenir sur son interdiction. Ce soir, c'est Valls qui est battu et isolé, pas la CGT. Les organisations à l'initiative de cette journée ont démontré qu'elles ne se laissaient pas impressionner par les coups de menton du caudillo de Matignon, le pouvoir est divisé, les courroies de transmission orange ou bleu ciel se grippent.

Depuis maintenant trois jours, les temples de la consommation capitalistes s'affichent dans les beaux quartiers sans dispositif liberticide ou autre, sans que les rassemblements statiques ou déambulant n'inquiètent ce Cadot qui n'en est pas un pour les libertés, sans que les casseurs (ces mêmes que le préfet de police laisse – incite -- à se déployer contre les manifestations de travailleurs), ces soi-disant anti système y trouvent à redire… (Mais peut-être profitent-ils des soldes, peut-être en ont-ils --eux-- les moyens ?). Les isoler pour les renvoyer dans leurs casernements d'origine est aussi un des points que cette journée a permis de construire.

Avez-vous remarqué depuis une semaine le silence de Gattaz et de son Berger ? Comme le dit Ken Loach, le vent se lève. C'est un vent mauvais pour le capital et ses valets.

Pourtant, d'aucun(e)s ce soir crient à la capitulation ou au renoncement de la CGT (et elle seule).
La capitulation aurait été de renoncer à manifester ou à accepter les formes exigées par les commis du MEDEF.

A ceux qui disent capitulation, qu'auraient-ils fait ? Que fallait-il selon eux faire ? Appeler à l'affrontement depuis la place de la Bastille ? Voir le pavé parisien encore une fois rougi du sang des travailleurs par un pouvoir qui n'attend que cette possibilité pour mater le mouvement populaire qu'il n'arrive plus à contrôler ? Et ainsi entrer dans le jeu du pouvoir ?

Hypothèse : on y va et on force. Qui va en première ligne à main nue ou quasiment désarmé devant des forces militaires entraînées à réprimer ayant mandat pour cela, le pouvoir assumant la légitimité ? Armons-nous et partez ? On envoie les cheminots, les gars du livre ? On fait venir les dockers par charters, chair à matraque ? Parce que penser qu'Hollande aurait fait reculer ses machines à réprimer alors qu'il dispose de la légitimité de l'Etat d'urgence (merci à ceux qui l'ont voté) est au mieux une illusion au pire une irresponsabilité manifeste.

En conscience refaire Charonne pour permettre aux paponphiles au pouvoir de tenter d'égaler le tableau de chasse de leur maître à saigner ? Mais en prenant ses dispositions pour être sûr de ne pas être soi-même dans le cercueil, en proposant qui pour prendre les coups ? Quelle irresponsabilité obscurcissant durablement les luttes aurait été une telle option.

Qui ce soir mange son chapeau ? Les organisations qui ont imposé une manifestation ou le pouvoir qui l'avait interdite et qui a dû faire machine arrière ?

Le romantisme révolutionnaire se heurte au mur des réalités de l'affrontement de classe et plutôt que de se casser les dents sur les matraques des CRS, il vaut mieux rassembler toujours et encore pour imposer le retrait de la loi El Medef et donc bousculer, voire faire basculer ce pouvoir honni.

Rédigé par Canaille Lerouge

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