Quitte à choquer. La "Shoah par balles" vous connaissez ?

Publié le 16 Mai 2016

Les visions brunes de l'eurovision.

ou quand on fait pleurer

sur les assassins

de la "shoah par balles"

scène ordinaire de pogrom dans l'est de l'Ukraine durant l'occupation nazie.
scène ordinaire de pogrom dans l'est de l'Ukraine durant l'occupation nazie.

scène ordinaire de pogrom dans l'est de l'Ukraine durant l'occupation nazie.

"L’Eurovision est le deuxième événement le plus regardé en Europe, après l'Euro de foot. Alors, pour une fois qu’on peut parler de l’Europe de façon positive, conviviale, ne boudons pas notre plaisir !" s'exclâme Stéphane Bern.

Arrive le palmarès. Gagant l'Ukraine qui pleure sa Crimée et ses Tatars persécutés.

Positif, convivial ce palmarès? Et si ou regardait sous le tapis ?

Distribution de kleenex assurée, pleurez brave gens à la mémoire de ces pauvres victimes du totalitarisme communiste déferlant en 1944 (retenez bien la date) dans une Ukraine aujourd'hui enfin libérée mais une Crimée annexée.

De quoi parle-t-on ?

1944 …peut-être faut-il allumer les lumières et épousseter les étagères. Pour cela, partons du 21e siècle et remontons le temps.

En Ukraine, en 2014, l'UE a établi un régime où les principaux ministres sont des produits d'importation direct du département d'état US ayant parfois –pas obligatoirement-- transités de façon éphémère par Varsovie, Londres ou les sièges des grandes banques internationales.

Les nazis (pas néo mais des vrais), avec la complicité du gouvernement français dont son ministre des étranges affaires de l'époque, ont été installés au ministère de l'intérieur, sa police et ses supplétifs de Parvy Sektor, le sinistre bataillon d'Azov surarmée (pas les militaires qui n'étant pas fiables puisqu'à l'époque moins contaminés). Ce sont ces nazis qui feront les massacres de la maison des syndicats d'Odessa (présenté en Europe occidentale comme des "débordements" malheureux, mais que des débordements). En septembre 2015, c'est RFI qui nous l'apprend (http://www.rfi.fr/europe/20150926-crimee-totalement-paralysee-le-blocus-tatars ), les Tatars de Crimée au côté des volontaires du bataillon Azov du ministère de l'Intérieur ukrainien, les activistes de Pravy Sektor (le GUD du coin) mennent des opérations commando et organisent un blocus à la frontière de l'Ukraine de la Crimée. 

Pas trop mouillé le kleenex ? 

Les nazis en Ukraine et en Crimée ce n'est pas une nouveauté. il existait un parti national socialiste d'Ukraine qui en 2004 changera son nom enSvoboda . Durant la seconde guerre mondiale (comme en France en Bretagne avec les sinistres russes blancs fascistes de Vlassov) ce n'est pas que l'armée du Reich mais aussi ses "supplétifs" locaux volontaires en première ligne pour faire la "noble besogne" d'élimination des rouges, d'épurations ethniques de massacres des juifs et des tziganes ; c'est encore mieux quand il s'agissait de ces critères cumulés. Hommes femmes et enfants par centaines de milliers ont été massacrés par ces ordures regroupés dans les Einsatzgruppen. Selon les actes de Nuremberg, ce sera plus d'un millions et demi d'assassinés.

En Ukraine et en Crimée, héritière et continuatrice dans la région des armées de Denikine (créateur de la sinstre armée d'Azov) , cette partie Criméo-ukrainienne, base orientale de l'armée Vlassov bénéficiant d'un ancrage antisémite historique, une partie non marginale de la population Tatar  sera complice parfois active des massacres (25 000 juifs assassinés en Crimée, 10% de la population).  C'est ici, devant "le manque de productivité", que furent expérimenté les chambres à gaz ambulantes, les camions asphyxiants avec l'aide des svobodistes d'alors.

Si une minorité s'est engagée dans la collaboration active, les tatars de Crimée furent accusés d'être des collaborateurs au moins passifs du Troisième Reich. Quand l'Armée Rouge a mis les nazis et leurs auxiliaires en déroute la partie la plus importante de la collaboration civile a dû rendre des comptes sur son comportement durant l'occupation (et à tort ou à raison, mais dans un moment de guerre totale, les a fait évacuer loin de la ligne de front puis pour partie d'entre eux déportés ders le Caucase). La République socialiste soviétique autonome de Crimée fondée en 1921 fut alors transformée en une simple oblast de Crimée, au sein de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) puis en 1954 sous Kroutchev, rattachée à l'Ukraine (la Crimée n'a jamais été ukrainienne jusqu'à 1954).

Il est certain que dans le moment (1944, un an avant la libération d'Auschwitz par l'armée Rouge, le régime nazi  avec ses SS et suppl"tifs locaux activant chambres à gaz et crématoires, scandant ses reculs dans toute l'Europe à coup d'Oradour), un an avant la capitulation des armées du Reich, la justice et plus tard les pratiques de ce qu'on appellera le stalinisme n'ont pas conduit à ce que cela se fasse dans la dentelle.

Cet épisode se produit peu de temps avant la date où sur place Churchill et Roosevelt prennent le thé à Yalta (Crimée) avec Staline (fevrier 45). Sont-ils complices ?

En 1944, devant la barbarie nazie et ce qu'on subit les populations civiles et militaires, y a-t-il eu massacres de civils ? représailles de masse ?  Non ! Au moment où des historiens et médias blanchissent les armées japonaises des massacres et viols de masse en Corée et en Chine, les mêmes avec le renfort des pantins médiatiques montent un procès de Moscou en qualifiant de stalinienne l'armée Rouge. L'armée US de Normandie en 44 était-elle maccarthyste ?

Voilà sur qui l'Eurovision laquelle durant des années a traqué la chanson "engagée" décide par un de ces retournement dont la guerre idéologique à le secret d'officiellement valoriser le négationnisme historique.

S'il ne s'agit surtout pas pour Canaille le rouge de près ou de loin de réhabiliter Staline, il n'en a pas les compétences et encore moins l'envie pour s'aventurer dans cette voie d'autant que ce qu'on appelle du terme générique stalinisme a conduit à une dramatique et terrible impasse pour une vision humaniste de l'avenir par des pratiques étrangères à l'idée même de communisme.

Mais la vérité historique interdit le négationnisme. Et avec l'opération telle qu'orchestrée samedi soir, c'est bien de cela qu'il s'agit.

Que dirait-on si un chanteur venait chanter les louanges d'un passé milicien ou encourager les idées fascistes en prime time à la télé? Imagine-t-on une appologie musicale de ceux qui ont dû rendre en France des comptes en 44 ? Une sorte de "Maréchal nous voilà" sur les chaines publiques en 2016 ?

Mais bon, dans la France de 2016, il y a bien un festival annuel dédié à Serge Lifar à l'opéra de Bordeaux (là où sévissait Papon). Lifar antisémite et anticommuniste forcené, suppôt du nazisme, celui qui accueilli Hitler à l'opéra lors de son furtif passage à Paris à l'automne 40, Lifar* qui fin 1944 bénéficia de complicité accueillante à Monaco certes moins rude que les steppes d'Asie centrale, dans la principauté si chère à monsieur Bern.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Eurovision, #négationnisme, #histoire, #fascisme, #Tatars, #Ukraine

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