Après le succès du 9 mars

Publié le 14 Mars 2016

Après la farce du 12 mars 

Lundi 14 mars à 14 heures : assemblée générale contre le projet de loi El Khomri / Valls / Hollande / Gattaz

Après la forte mobilisation contre la loi El Khomri du 9 mars et pour construire ensemble les suites à y donner, la Commission Exécutive de l’UD du 10 mars a décidé la tenue d’une :

ASSEMBLEE GENERALE
des syndicats parisiens
lundi 14 mars 2016
à 14 heures
Salle Jean JAURES (Bourse du Travail, 3 rue du Château d’Eau)

9 mars sur un plateau, 12 mars sur l'autre

9 mars sur un plateau, 12 mars sur l'autre

Réflexion de Canaille le Rouge à ce moment de l'affrontement :

D'un côté, une déferlante de 500 000 personnes en colère, image d'une société toutes tranches d'âges confondues, qui rejettent un projet inique et les forces coalisées qui tentent de le mettre en place.

De l'autre d'après les mêmes observateurs environ 5 000 personnes dont de nombreuses faisant part aux journalistes de leur plus extrêmes réserves devant les positions des directions qui les ont appelés à venir.

Les média de nous expliquer que les 5 000 sont ceux qui vont permettre de faire croire que les 500 000 ont été entendus et que ceux qui ne le croiraient pas ne seraient que des attardés sociaux voire mentaux opposés au dialogue social entre partenaires logeant sur le même bateau...se gardant bien de dire qui est sur le pont-promenade et qui doit rester dans les soutes.

On n'est pas obligé d'embarquer. Monter à bord, être partenaire, est un choix pas état. Ce choix indique le champ d'action partagé. Nous sommes 500 000 à refuser d'acheter ce billet pour aller poser le sac à bord d'un Titanic même repeint en rose. Dès que les amarres seront larguées le commandant Bligh-Gattaz de ce Bounty social, aidé d'un Lavalls comme maître d'équipage et du quartier-maître Berger sauront rappeler que les premiers montés à bord l'ont bien voulu et ont fait l'article pour être rejoint.

Alors qu'avant même l'appareillage la question du partage impossible entre le maître et l'esclave était posée par les 500 000 : quelle négociation à bord ? Le nombre de maillons à la chaîne ? La longueur du fouet ?

Qui forge les chaînes, tresse les fouets ? Répondre à ces questions permet de tracer la ligne par où passe la barricade. Et qui prend place de quel côté ?

Avançons avec précautions, mais à ce moment de la réflexion, posons une question qui doit faire balise dans le débat : cette balise est idéologique, économique et sociale : c'est la question du travail seul horizon de la discussion ?

Tout tourne autour de lui : marché, partage, condition, droit, durée et combien d'autres espaces tous porteurs de références idéologiques qui sont autant de marqueurs d'un terrain borné par la défaite idéologique majeure subit par les salariés dans l'affrontement avec le capital. Défaite alimentée par ceux qui rassemblent les 5 000 … mais aussi par certains, sous-marins, au sein des 500 000.

Ce travail est-il un but ou un moyen ? Déjà, poser cette question arrache les pieds d’un sol spongieux fait pour engluer le débat et interdire de regarder toutes les hypothèses.
Parce que finalement, la question est-elle celle du travail ou celle des richesses qu’il crée et les conditions de leur répartition ?

Si nous n’en restons qu’au travail, la question de la captation des richesses qu’il est seul à créer vient après. Alors qu’elle apparaît aujourd’hui comme le point nodal du débat, au point que ceux qui accaparent l’essentiel de ces richesses et pour cela pillent les ressources, saignent la force de travail, recourent au passage en force pour se garantir leur droit à l’accaparement consubstantiel à celui d’exploitation.

Leur projet est si vital pour leurs intérêts qu'ils y mettent toutes leurs forces et tous les moyens : outre l'arsenal de l'appareil d'état à leur service voire sa violence sociale qui ne se résume pas qu'à ses CRS et gardes mobiles (d'Air France ou EDF à Goodyear) c'est aussi le quadrillage médiatique par les chiens de garde des JT et de la presse aux ordres, les tentatives d'achat des consciences, le rappel des liens "lubrifiés" (les mails de Gattaz à la présidente de la CGC).

Les 5 000 contre les 500 000 sont un moment du paysage dans cet affrontement.

Ce n'est pas sans risque pour l'état-major des 5 000 : voici tiré de Médiapart de ce dimanche, un extrait qui montre combien la confiance n'est pas de leur côté.

Une sorte de stylo-trottoir réalisé de 12 mars à Paris où le journaliste a pu noter ceci :

"« La confédé nous envoie des argumentaires qui sont vides de sens pour des gens de terrain. Macron, Rebsamen, on n'était pas d'accord mais on a tenu, on s'est battus et là c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, j'ai peur que beaucoup d'entre nous changent de crémerie. Même pour moi c'est dur, vraiment dur de rester. »

Ce syndiqué, dix ans de maison, a en tête le traumatisme de la réforme des retraites, en 2003, approuvée par le leader CFDT de l'époque François Chérèque, malgré un mouvement monstre dans les rues. Cette position avait provoqué un départ important d'adhérents vers d'autres organisations syndicales et sérieusement remué le corps militant.

« Ce qui s'est passé en 2003, on le paie encore et on n'est pas foutus de faire un retour d'expérience, s'alarme encore ce syndicaliste mosellan. Laurent est quelqu'un de bien mais il est comme les autres dirigeants syndicaux, un peu coupé des réalités. Quand il vient sur le terrain, il va voir la section syndicale qui va bien, qui a fait des bons résultats aux élections professionnelles, mais pas forcément le délégué tout seul perdu au fond des Vosges avec un patron qui fait ce qu'il veut. La lutte des classes, je suis pas à la CGT, mais elle existe encore. Du coup, la négociation d'entreprise, le référendum, ça nous semble hyper dangereux et surtout totalement inefficace en termes d'emploi. »"

Voila ce qui peut expliquer pourquoi d'un côté 5 000 de l'autre 500 000.

Que ceux qui se battent pour avoir une place à bord du du Titanic s'y rendent. Aux autres rappellons que tenir les docks, les comptoirs et les entrepots est plus important d'autant que les richesse qui s'y entassent sont à nous pas à ceux qui les ont extorquées.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #social, #lutte de classe, #code du travail, #PS, #trahison

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MARCHETTI Philippe 14/03/2016 09:10

EXCELLENT ! EXCELLENT ! EXCELLENT ! ! !
Sans vouloir être " mal poli ", Y en a marre de ceux qui ne veulent pas ouvrir les yeux !
Et puis Canaille, trouve un autre pour la " Loi Travail ", ça m'hérisse le poil, on devrait plutôt dire " La Loi Esclavage ".
Continue encore et encore et @+