Au nom de la loi

Publié le 2 Octobre 2015

De quoi parle-t-on ?

D'ambroise Croizat !

Au nom de la loi

Les lois Le Vert, Costa, Abitbol sont des lois repères de la République.
Comment, vous ne les connaissez pas ? Pourtant, elles portent des avancées ou des reculs majeurs du point de vue du mouvement de la société.
Et cela ne vous dit rien ?

Pourtant si Canaille le Rouge vous dit « lois Weil et IVG », « Savary et l’école »,   « Pasqua et l’atteinte aux Libertés », cela vous parle. Normal, c’est comme cela qu’elles sont nommées, référencées, discutées, disputées, pas du nom du chef ou directeur de cabinet du ministre en exercice.

De Colbert à Fouché de Valls ou Macron en passant par Jules Ferry, Albert Thomas, Serol ou Daladier, Debré ou Poniatowski, Aubry, et même Gayssot, toutes les lois portent le nom du ministre titulaire du portefeuille, pas celle de leur directeur de cabinet.
SAUF celles mettant en place la protection sociale de notre pays. Bizarre non ?
Pourquoi dès lors nommer loi Laroque nom du directeur de Cabinet, et pas Croizat ministre en exercice ?

Pourquoi Ambroise Croizat aurait-il un traitement particulier pour l’exclure de l'appellation générique d'une loi identitaire de la République et ses valeurs sociales ?
Pourquoi cette loi serait-elle déqualifiée pour n’être ramenée qu’à l’aune de compétence et d’importance d’un décret ministériel, décision administrative prise au niveau d’un cabinet, pas d’une loi organique de la République, si ce n'est pour brouiller sinon effacer le nom de Croizat des mémoires ?

Serait-ce aussi que sa condition d'ouvrier métallo, de dirigeant de la CGT et d'élu communiste en fait statutairement et par nature un exclu de l'Histoire ? Croizat député élu en 1936 SG de la fédé CGT des métallos, rapporteur de la loi sur les conventions collectives en 1936, est arrêté le 7 octobre 39 par la police de l’aréopage des Munichois de toute obédiance. Condamné aux travaux forcés, il passera par 14 prisons et forteresses différentes gardées par le gouvernement Français puis les milices de l'Etat pétainiste. Transféré en mars 1941 au bagne de Maison Carrée dans la banlieue d'Alger il ne sera libéré que le 5 février 1943, trois mois après le débarquement allié en Afrique du Nord. Sur mandat dela CGT clandestine, il deviendra membre de la commission consultative du gouvernement provisoire au côté de De Gaulle puis dès 1945 Ministre titulaire du porte feuille social chargé de mettre en œuvre le volet social du programme du Conseil National de la Résistance.

On lui adjoindra un directeur de cabinet Pierre Laroque qui s’il fut aussi résistant fréquentera jusqu’en octobre 40 les cabinets de Vichy avant d’être révoqué au titre des immondes lois raciales de Pétain, deviendra certes Résistant à Lyon en 42 dans le réseau "Combat" puis gagnera Londres plus d’un an après Stalingrad.

Seul le second serait paré de toutes les vertus d’une fonction qu’il n’exercera pas tandis que le premier devrait rester condamné aux oubliettes par les tenants de la revanche de classe ?

Mettre Ambroise Croizat à la place historique qui lui revient, une des plus hautes dans l'histoire du pays, reste un combat à mener sans faiblesse. Pour sa mémoire et pour la défense ce que la classe ouvrière à conquis sur la trahison de classe.

Cela participe à faire bouger le curseur et faire reculer tant l’impudence patronale que l’arrogance des roquets qui la sert.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #loi, #Sécurité sociale, #Croizat, #CNR, #CGT, #Communiste, #Résistant

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