Journal de référence ? Journaliste de déférence

Publié le 13 Septembre 2015

Naïveté de qui s'en étonne.

 

Référence, révérence et déférence, épées des mousquetaires de l'idéologie dominante

Référence, révérence et déférence, épées des mousquetaires de l'idéologie dominante

Gérard Le Puill dans l'Huma pointe la prose d'un de ces idéologues au service du capital posant comme une évidence, du haut de sa rémunération, de ses niches fiscales et autres ménages, le besoin impératif de baisser les salaires en général en appelant à raboter le SMIC d'un tiers de sa valeur et à casser de qui reste de l'encadrement juridique des rémunérations.

L'artcle de Le Puill que Canaille le Rouge partage pour une grande part pêche sur au moins deux points:

Il ne s'agit pas d'une méconnaissance du monde du travail de la part de ce Leparmentier. Ce qui est dit est exposé lucidement. C'est militant du capital. Il participe à un combat et a choisi un camp qui n'est pas celui qu'au-dela de différences possible Gerard Lepuill partage avec Canaille le Rouge. L'homme est connu il est le parfait représentant de la partie présentable des lobbyistes bruxellois (il fut des mois le correspondant du Monde près l'UE avant de devenir directeur de sa rédaction).

Comme Kessler, Gattaz, Valls Berger ou Macron ou Cambadelis (voir quelques uns que G.Le Puill pourra croiser ce weekend à la Courneuve), il joue sa partition dans l'orchestre faisant, croire que seule la musique qu'il interprète est digne d'être audible. C'est cette organisation de l'accoustique idéologique qui a créé en entretien le concept de "journal de référence". Référence à quoi si ce n'est à l'idéologie dominante ? 

Des journalistes réactionnaires voire pire ont toiujours existé, la carte de journaliste ne garantie ni la rigueur ni la qualité de celui qui en est dépositaire : Amouroux  qui débtta sa carrière dans la presse collaborationiste puis fut président du jury du prix A Londres durant des années, toujours estamillé journaliste et historien, avait la plume talentueuse. Cela ne l'empêchait pas d'être Amouroux poursuivant la défense des intérets des patrons collabo en édulcorant leurs responsabilités.

Illusion sur  l'organe de référence, illusion sur la neutralité "objectivité. Le plumitif, sous la dictée des précepteurs idéologiques qui lui laissent lattitude de l'image du style voire la métaphore,  joue son rôle de pseudo arbitre-expert-compétent. Du tryptique qu'y a-t-il à sauver ? La compétence. Compétent, Leparmentier l'est. Au service de la classe dominante, il la sert; elle le nourrit en vertu du principe que chien de garde ou de compagnie, l'animal ne mord pas la main qui tend l'écuelle sinon, c'est l'équarrissage.

Leparmentier est la parfaite illustration d'une des deux thèses de Lamark : la fonction crée l'organe. Cela s'applique ausi titre qui l'héberge et qu'il garde.

l'Article de G. Le Puill :

Dans une chronique d’une rare violence visant les salariés modestes bien trop payés à ses yeux, Arnaud Leparmentier dévoile à son insu sa profonde méconnaissance du monde du travail sans lequel il n’y a pas de création de richesses dans les entreprises.

A lire la presse datée de ce jeudi 10 septembre concernant le contenu du rapport Combrexelle sur le code du travail et sur les intention du Premier ministre pressé de légiférer sur le sujet, la précarisation accrue du travail salarié doit , plus que jamais, servir de variable d’ajustement aux entreprises afin que l’unique critère demeure le taux de profit qui va rémunérer les actionnaires et surtout es dirigeants. Quitte à massacrer l’emploi au point de handicaper ces mêmes entreprises par des stratégies de court terme.


Dans Le Monde daté de ce jeudi, le comble de l’abjection est atteint par Arnaud Leparmentier sous couvert de dénoncer le manque de « courage » du chef de l’Etat sur le sujet. « Las, si Combrexelle se rêve en Hartz, Hollande ne sera jamais Schröder. L’objectif n’est pas de traiter de front les «chiffons rouges » sociaux français : un SMIC trop élevé, des salaires qui progressent trop, des prud’hommes lents et imprévisibles, une Cour de cassation «rouge», une formation professionnelle gaspillée, des indemnités de chômage trop longues. Il faudrait que le marché du travail redevienne un marché, où l’on peut embaucher, licencier et retrouver un emploi rapidement », écrit-il. Bref, il faut un véritable marché aux esclaves, nous dit ce larbin du patronat titulaire d’une carte de presse.


Après quoi il appelle en renfort Patrick Artus, économiste en chef chez Natixis pour lui faire dire ceci sans autre précision : «le SMIC est à 63% du salaire médian. S’il était à 43%, ce qui correspond à la moyenne internationale, on augmenterait de moitié l’emploi non qualifié». Même Combrexelle est trop timide aux yeux du chroniquer du Monde qui lui oppose le duo Barthélémy-Cette, lequel propose de « déroger au SMIC par accord de branche étendu ». Et Leparmentier d’ajouter : « cherchons des syndicalistes courageux pour signer de tels accords ».


En France le salaire net payé au SMIC est d’environ 1.137€ par mois. Arnaud Leparmentier utilise Patrick Artus pour le faire diminuer d’un tiers et le ramener à 691€. Pour ce prix là on ne trouve pas un logement locatif dans la plupart des grandes villes. Avec un tel salaire, on n’aura pas de quoi payer une nourrice pour garder son enfant si l’on part tôt au travail où si l’on rentre tard en raison des horaires décalés très fréquent dans les emplois peu qualifiés. Mais il faut aussi se nourrir pour avoir la force de travailler, dépenser une partie de sa paie pour payer le transport entre le domicile et le travail. Quand on est parent, il faut aussi habiller les enfants pour aller à l’école et payer la restauration scolaire.


Est-il concevable en 2015 que des hommes et des femmes travaillant dur ne dispose que d’un si faible revenu quand par exemple, l’ancien directeur général d’Alcatel-Lucent après d’autres dirigeants de ce groupe, vient de partir avec un pactole de 13,7 millions d’euros après avoir passé seulement deux ans à la tête de cette entreprise ? Même Pierre Gattaz, président du MEDEF est embarrassé par ce scandale quand il confie aux Echos de ce 10 septembre à propos d’Alcatel: « L’entreprise était au bord de la faillite. Michel Combes a réussi à la redresser d’un point de vue financier. Ce redressement sera-t-il durable ? C’est toute la question».


Arnaud Leparmentier, lui, ne se pose pas ce genre de questions sur les patrons surpayés alors qu’il exige que les salariés soient sous payés. Il devrait lire ce sondage récent réalisé pour le Secours Populaire français. Il montre que la crainte de voir leurs parents devenir pauvres est exprimée par 63% des gosses de 11 à 14ans et que cette question hante aussi 58% des petits de 8 à 10 ans. Parce qu’ils perçoivent déjà cette réalité dans la rue comme chez certains de leurs copains d’école, environ 60% des enfants de 8 à 14 ans sont plus lucides que le chroniqueur du Monde sur ce que signifie la pauvreté en France.

Moi, Gérard Le Puill, titulaire de la carte de presse 52.622 obtenue en avril 1984, je suis probablement plus ancien qu’Arnaud Leparmentier dans la profession de journaliste. L’Humanité m’a embauché comme stagiaire en septembre 1983 alors que Kléber-Colombes, mon employeur de l’époque, venait de me licencier pour cause de fermeture d’usine avec refus d’un quelconque reclassement pour moi comme pour tous les syndicalistes qu’ils soient de la CGT, la CFDT ou la CFE-CGC. J’ai travaillé 18 ans dans cette usine ; de jour comme de nuit en fonction des équipes. J’y ai transpiré et souffert physiquement comme beaucoup de mes collègues dont beaucoup sont morts de maladies professionnelles avant même d’atteindre l’âge de la retraite. Les comités d’hygiène et de sécurité au travail (CHSCT) n’ont été mis en place qu’après les grèves de 1968.


Alors, quand je lis les propos esclavagistes d’Arnaud Leparmentier dans un quotidien qui se revendique comme un « journal de référence » - et dont j’apprécie de nombreux articles quotidiennement - je suis triste pour ma profession. Les journalistes n’ont pas à être les larbins de quiconque. Et surtout pas du patronat par les temps qui courent.

Gérard Le Puill

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Révérence, #déférence, #révérence, #capital, #chiens de garde, #journalisme

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