18 septembre 1982 Sabra et Chatila

Publié le 16 Septembre 2015

18 septembre 1982 Sabra et Chatila

Sabra et Chatila, un massacre perpétré entre le 16 et le 18 septembre 1982 date où l'entrée des journalistes dans les deux camps montrera la barbarie à la face du monde.

Les deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest étaient encerclés par l'armée israélienne. 

Personne n'a pu contester l'autorisation donnée par l'armée israélienne aux phalangistes d'entrer dans le camp avec mission "d'en extraire des combattants palestiniens présumés présents". Personne ne pourra contester le fait que les phalangistes ont reçu l'appuie à minima de l'éclairage par les fusées éclairantes du camp par les soldats israéliens pendant le massacre.

Bataille de chiffre comme toujours les "pro phalangistes ne reconnaissant "que 700 tués" et les observateurs internationaux avançant le chiffre de 3 000 morts parmi des civils palestiniens.

Elie Hobeika responsable des services secrets libanais et agent phallangiste, coordonateur de la tuerie mourra curieusement dans un attentat 2 jours avant de témoigner à Bruxelles, à l'occasion d'une plainte déposée contre Ariel Sharon à Bruxelles par des survivants des massacres.

Ya-t-il eu ordre d'assassinat des population civiles ?  La réponse donné  en présence d'officiers israéliens par Hobeika à ses troupes sur le sort à réserver à cinquante femmes et enfants, « C'est la dernière fois que vous allez me poser une question comme celle-là, vous savez exactement quoi faire »(« This is the last time you're going to ask me a question like that, you know exactly what to do » disent les document officiel de l'enquête) signe l'ordre de meurtre des populations civiles et la caution israelienne.

 

Françoise Germain-Robin grand reporter à l'Humanité dans l'édition du 28 septembre 2012 précisera les faits :

...Les 16, 17 et 18 septembre 1982, on tua, on viola, on tortura, on égorgea, on éventra. Hommes, femmes, enfants, dans une effroyable orgie de meurtres. Des réfugiés palestiniens jetés là depuis 1948 par la Nakba et qui ne reverraient jamais la Palestine. Mais aussi des Libanais qui avaient fui l’avancée des troupes israéliennes. Car le Liban était en guerre. L’armée israélienne l’avait envahi le 6 juin, sous la conduite du général Sharon, ministre de la Défense, du chef de la région Nord, Rafael 
Eytan, Menahem Begin étant premier ministre et Yitzhak Shamir aux affaires étrangères. Ronald Reagan avait laissé faire, approuvant tacitement le but avoué de Sharon : chasser du Liban ce qu’il appelait les « terroristes » palestiniens. C’est-à-dire l’OLP et son chef, Yasser Arafat, réfugiés là après les massacres de Septembre noir.

Le journaliste israélien Amnon Kapeliouk, qui eut le courage de publier dès 1983 sa remarquable Enquête sur un massacre, démontre, lui, que l’opération « Cerveau de fer » fut préparée avec les Forces libanaises par Ariel Sharon et Rafael Eytan, sur place dès le 14. Pendant quatre jours, les Israéliens encerclèrent le camp, l’éclairant la nuit pour faciliter le travail des tueurs, en interdisant l’accès aux secours et aux journalistes. Sharon fut d’ailleurs reconnu « responsable indirect » du massacre par la commission Kahane (3) et obligé de démissionner de son poste en 1983. Ce qui ne l’empêcha pas ensuite de devenir premier ministre d’Israël.

Quant aux phalangistes, ils furent amnistiés l’année suivante par le Parlement libanais. Hobeika fit une carrière de ministre mais finit déchiqueté dans un attentat en 2002, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Bruxelles (4) pour témoigner dans un procès intenté par 23 rescapés. Il comptait, « preuves en main » disait-il, incriminer Ariel Sharon et les hommes de l’armée du Liban Sud du général « collabo » Saïd Haddad.

Les dernières révélations du New York Times (en 2012 note de Cler) montrent de façon accablante qu’Israël était bien à l’origine d’un massacre pour lequel il a bénéficié, une fois encore, de la complicité des États-Unis. Car l’administration Reagan savait et elle a laissé faire.

http://www.humanite.fr/monde/massacres-de-sabra-et-chatila-trente-ans-d-impunite-505042

Et aussi l'article de Dominique Vidal relatant le témoignage de Jean Genet et Leila Shahid (quelle grande dame !) arrivés les premiers sur place avec le consul de France à Beyrouth:

http://temoignagechretien.fr/articles/il-y-trente-ans-sabra-et-chatila

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #histoire, #massacre, #moyen orient, #palestiniens, #barbarie

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