Syndicats et lutte de classe...et C.E.S.

Publié le 24 Juillet 2015

Titre emprunté

à un petit livre

d'Henri Krasucki

Qu'il serait judicieux 

de rééditer.

Syndicats et lutte de classe...et C.E.S.

Celui qui écrit ce texte est de ceux qui pour un empilement de raisons toutes plus valables les unes que les autres se refusent de cracher sur la CGT.

Militant depuis 1975 sans jamais qu'un timbre ne manque sur ses cartes puis carnet pluriannuel, il y a exercé des responsabilités de tout niveaux et pour cela,  comme nombre de ses camarades, a même pris pas mal coups sur la figure (et même des dénigrements de son propre camp). Bref pas une exception dans sa génération, plutôt une norme qui fait fierté collective de ceux qui ont partagé ce parcours.

Cela donne le droit de dire que s’il a compris le départ de la FSM dans la situation de l’époque (même si certains de ses représentants au nom de la CGT se complaisaient dans les prébendes que la CGT - et eux quand ils rentraient « d’ailleurs » - dénonçait depuis Paris). S’il a combattu l'ostracisme anti CGT au sein de la CES, même s'il a combattu vertement les opportunismes à répétition de celui qui issue de sa fédération en sera un SG adjoint oubliant la nature du mandat qui lui avait été confié, Il se sent en droit de dire sans complaisance que le contrat initial pour y entrer n’étant plus respecté la question doit revenir devant le congrès.

Les déclarations et positions de la CES (référendum de 2005 en France, élection européenne, Ukraine, Grèce, pour ne parler que de cela) acceptations des reculs sociaux au nom de la crise, alignement par le bas des conditions sociales des salariés des pays membres, tout cela demande que le congrès de la CGT se saisisse de la question et tranche.

Le débat n'est pas CES ou FSM. Le débat est de savoir de quelle organisation au plan international les travailleurs ont besoin pour combattre le patronat, le capital et les gouvernements qui les servent. De savoir si le cadre de l’UE accepté par la CES est pertinent pour l’émancipation de tous ceux qui produisent les richesses et sont écartés de leur redistribution.

La CGT a réaffirmé à son congrès de Toulouse son caractère de classe, de masse et démocratique.

La CES est-elle compatible par ses choix à chacune de ses valeurs ?

A l’évidence non. L’histoire de la CGT sur les bases de classe qu’elle s’est donnée lui permet de prétendre proposer d’autres pistes de rassemblement dans le respect des indépendances de chacun uniquement autour du besoin de combattre l’exploitation et de s’en affranchir (ses statuts). Cela ne signifie ni alignement ni rejet des formes organisées du syndicalisme international existant (dont la FSM) mais débat, écoute, recherche des convergences pour rassembler les travailleurs.

Manifestement la CES dirigée de plus par des gens qui ont été choisi au préalable entre autres par la commission de Bruxelles (en particulier concernant la SG actuelle), la permanence de ses orientations  ne posent pas un problème mais un casus-belli au regard des statuts de la CGT et l'exigence d'indépendance du pouvoir et du patronat (voir en droit français les derniers jugements en la matière).

C’est de cela qu’il doit être question.

La CES réunie ses instances à Paris en Septembre. La CGT adhérente participe à l’organisation. Si la délégation CGT allait à ce congrès, mandatée pour dire que ses organistions statutaires allaient examiner le bilan et en tirer conclusion, sur la base de ce mandat, renvoyant à ses propres instances la suite des questions de l’affiliation, pourquoi pas. Cela évidemment sous réserve de ne pas servir la soupe aux invités tels qu’apparaissant sur le programme officiel.

Pour cela, il faudra qu’un CCN en débatte au préalable et trace le cadre du mandat. Ce serait un signe fort donné par la direction confédérale mise en place pour préparer le congrès de Marseille en 2016 et donnerait du sens aux propos initiaux encourageants du Secrétaire Général de la CGT.

Sinon nous nous dirigeons vers des débats plus que tendu.

Dans un congrès se tenant au bord de la Méditerranée, les positions de la CES sur la Grèce ou l’Ukraine, et c’est normal, ne passeront pas, tout comme la complaisance avec les patrons assassins du Bangladesh et quelques autres qui, au-delà de communiqués ronflants, sont toujours ménagés, jamais combattus (qu’on nous donne une date de journée internationale d’appel à l’action solidaire relevant ces questions).

Aller comme si rien n’était à la Mutualité, après ce que la CES vient de montrer d’abandon (son appel à rejeter la souveraineté populaire en Grèce en s’opposant au référendum pour soutenir un syndicat ultra minoritaire est insupportable) est porteurs de risques majeurs au sein de la CGT.

Face à la BCE, à l’UE aux euro-groupes de toutes natures, c’est d’une caractérisation de la nature de l’affrontement pour aider les travailleurs à y voir clair dont nous avons besoin, pas d’une organisation servant de tuteurs aux pires projets patronaux.

Ce texte se veut une contribution pour que s’ouvre ce débat. Son auteur hors pseudo en défendra l'esprit dans ses organisations satutaires.

Rédigé par Canaille Lerouge

Repost0
Commenter cet article

GAUTIER DANIELLE 25/07/2015 13:06

salut Camarade,
très très bon article.... à 100 % d'accord avec toi...
tout comme toi adhérente à la C.G.T. depuis 1974, et toujours "de classe", avec des responsabilité à plusieurs niveaux, comme toi avec de grandes claques dans ma gueule, quand elles viennent des tauliers c'est normal, mais lorsqu'elles viennent de notre camp, plus dure à avaler...
je compte beaucoup sur le 51 ème congrès, pour qu'une ligne celle qui nous est cher redevienne notre cheval de bataille.
à nous de jouer, ne lâchons rien,
évidemment le débat sur la C.E.S. doit impérativement être à l'ordre du jour.
merci pour tes articles et continuons le combat
très fraternellement à toi
danielle