La CES et la Grèce

Publié le 3 Juillet 2015

Et débats dans la CGT 

La CES et la Grèce

On va encore dire à La canaille qu'il mélange tout.

Pourtant il y a de quoi non plus s'interroger mais franchement se mettre colère :

Alors que la CGT appelait à manifester avec FO et la FSU le soutien des travailleurs français face à l'offensive de l'UE, la BCE et le FMI, la CES vient de relayer 'un communiqué dont voici la version française:

La position de la CES est claire et affirmée sans nuances, voici la traduction des deux premières lignes : 

"La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale grecque du travail dans son appel aujourd'hui pour le retrait du référendum."

Cela ne souffre d'aucune ambiguité.

ETUC (CES en français) supports Greek trade union call to cancel referendum

The European Trade Union Confederation (ETUC) supports the Greek General Confederation of Labour in its call today for the withdrawal of the referendum.

Au cours de la plénière de la CGT grecque qui s'est tenue aujourd'hui, mercredi 1er juillet 2015, l'organisation syndicale déclare :

"La CGT grecque considère que la tenue d'un référendum est un droit démocratique, constitutionnel et inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes. Cependant, le processus référendaire actuel lui-même, son timing, sa qualité et son contenu sont banalisés dans un cadre de "faux dilemmes"et d'"asphyxie par manque de temps", ce qui pourrait mener à des situations incontrôlables et diviser la société grecque.

La Confédération s'oppose de façon non-négociable à tous les types de memoranda et à leurs implications au détriment du monde du travail et du peuple grec, que ces memoranda viennent des créanciers ou du gouvernement.

Est également non-négociable notre position pour la poursuite de l'orientation européenne de notre pays et de la place de la Grèce au sein de l'Europe et de l'eurozone.

La question posée par le référendum est fallacieuse et des choix irréfléchis et diviseurs par des forces extrémistes dans et hors de Grèce mènent notre pays vers des aventures tragiques. Nous exigeons ici et maintenant l'annulation du référendum. En tant qu'organisation syndicale centrale des travai
lleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions :

  • l'orientation européenne de notre pays est non-négociable

  • nous disons oui à l'Europe des peuples et à la solidarité !

  • nous disons oui à une monnaie commune et à une Europe fédérale !

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Ce communiqué soutenu par la CES au plan européen appelle déjà deux observations :

1) Quand et où la CGT (de France) a-t-elle dit oui à une "Europe fédérale" ?

2) Si cette position de quelques syndicats grecs est celle de la CES qui la relaie sur son site,  est-elle compatible avec les statuts de la CGT et ses orientations décidées en congrès.

Il va devenir de plus compliqué d'expliquer au travailleur de France qu'il faut manifester pour soutenir le gouvernement grec dans sa résistance aux diktat de la Troïka (texte de l'apel à la manif) et aller défiler avec la CES lors des pélerinage starbougo-bruxellois pour donner des gages à l'UE. (C'est la raison pour laquelle Canaille le Rouge trouve d'autres occasions pour aller acheter ses pralines ou se taper des flammeküches que ce genre de rendez-vous).

 

La question de l'affiliation internationale de la CGT , le bilan de sa présence dans la CES seront-ils à l'ordre du jour du 51e congrès de la CGT ?

Cela devient incontournable tant il y a un grand écart entre ce que veux la CGT, ses objectifs d'émancipation rappelé lors de la dernière mise à jour de ses statuts et la voie d'accompagnement de la crise et des désastres du droit social que la CES cautionne en n'appelant jamais à la moindre action même défensive face aux coups que l'UE assène au monde du travail, voir à les justifier au nom du moindre mal. (voir la déclaration de la SG de la CES à propos du dossier du congés maternité au sein de l'UE, c'est afflgeant).

 

Notons au passage que cette position d'un syndicat  de Grèce, relayé et approuvé par la CES, pourrait par certains (lointains) de ses aspects ressembler au rejet du référendum par le KKE.

Pourtant, les choix de l'appendice grec de la CES ne sont pas stigmatisés comme l'est la position du Parti Communiste Grec. Ne trouvez pas cela bizarre ? Chercher l'erreur et surtout la nature de classe (collaboration ou lutte) des analyses qui conduisent à ces positionements. Souveraineté face à l'UE et rejet de l'OTAN (position historique depuis 1946) des communistes grecs ou vassalisation du monde du travail position historique de la CES depuis son inscription dans l'ex AFL-CIO?  

La CGT, si elle veut rester un syndicat de classe de masse et démocratique à tout intérêt à prendre ses distances d'un conglomérat de casse, de nasse et technocratique.

Pour info le communiqué de la CES à lami juin.

Est-ce de cette solidarité là qu'on besoin les travailleuses et les travailleurs de grèce alors que salaires et pensions sont pomper pour garnir les coffres des Bankster et épargner les milliardaires ? 

Adoptée par le Comité exécutif de la CES lors de sa réunion des 17-18 juin 2015

 

La Confédération européenne des syndicats (CES) exprime sa solidarité avec ses affiliés en Grèce, GSEE et ADEDY, avec les travailleurs et citoyens grecs, à un moment où les risques pour leur pays et pour ses habitants sont majeurs.

Les politiques d’austérité ont amené une profonde crise sociale et humanitaire.  Les programmes d’ajustement imposés par les institutions de la troïka devaient permettre d’apporter une solution à la crise de la dette.  Au lieu de cela le ratio dette sur PIB a empiré;  le résultat est que la dette est insoutenable.  Une restructuration de la dette devrait faire partie de la solution.  L’incertitude sur l’avenir de la zone Euro a provoqué des dégâts économiques et politiques dans l’Europe entière.

Il ne reste que peu de temps et les débats douloureux.  La Grèce va-t-elle être en cessation de paiement ?  La Grèce va-t-elle ou non sortir de l’Euro?  Ce sont les questions qui dominent dans les capitales européennes.

Il faut trouver une solution pour garder la Grèce dans la zone Euro, assurer la stabilité de la monnaie, sans quoi il n’y aura ni investissements, ni croissance, ni création d’emploi en Europe. Abandonner la Grèce à elle-même serait une voie dangereuse pour la stabilité géopolitique du sud-est de l’Europe. 

La CES appelle les dirigeants politiques à sortir des politiques punitives actuelles et à prendre des décisions fondées sur les intérêts des travailleurs et des citoyens en Europe. Ils seraient les premiers à souffrir si la Grèce venait à faire défaut ou à sortir de la zone Euro. 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #CES, #lutte de classe, #CGT, #syndicats, #UE, #Grèce

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jean-marie Défossé 03/07/2015 20:38

Tout ce qui rentre dans cette Europe dominée par 12 monarchies , avec tout ce qui aspire accessoirement à renforcer cette offensive royaliste et aristocratique d'un autre temps parmi les autres partenaires de cette Europe ...devient IRREMEDIABLEMENT CORRUPTIBLE , avant d'être CORROMPU , pour finir par être à son tour CORRUPTEUR .