Quand l'ignorance crasse confine à l'abjection

Publié le 17 Mars 2015

Présenter un Résistant historique

comme un collabo.

Abjection totale!

Quand on est adhérent et élu

du parti du francisqué de Vichy

On se cache, et on la ferme.

Quand l'ignorance crasse confine à l'abjection

Christophe Girard, maire du 4ème arrondissement de Paris et une de ses adjointes en mal de célébrité quelqu'en soit le moyen, viennent de lancer une de ces saloperies dont les étrons de la pensée ont le secret.

Présenter Henri Dutilleux qui outre le fait qu'il fut un des plus grand compositeurs du 20ème siecle, il  fut aussi un des membres du Front national des Musiciens (celui historique de la Résistance, compagnon de combat des intellectuels et artiste avec Aragon , jacques Decour, Roger Désormière, Georges Auric, Manuel Rosenthal, Elsa Baraine ou Irène Jochim et quelques autres) comme un collabo de Pétain, est une de ces ignominies comme seul les Vidocq de la création, les Javert de la Culture savent en produire.

Accuser H Dutilleux de collaboration, est aussi abject que la campagne qui il y a quelques années accusait Raymond Aubrac d'avoir livré Jean Moulin. 

Si Talleyrand était "de la merde dans un bas de soie", là même plus de bas pour tenir l'édifice.

Henri Dutilleux, chef de Choeur à l'Opéra de Paris en 1942, comme Claude Delvincourt directeur du Conservatoire, fut de ces artisans obscurs de cette Résistance intellectuelle qui n'hésiteront pas à s'opposer à Vichy et à l'occupant , qui prirent tous les risques pour combattre le fascisme. Pas un de ces banquiers qui membre du conseil de Pétain rejoindront Londres à la Fin 43 pour devenir plus tard ministre, pas une de ces chanteuses qui fit le voyage à Berlin en 42 et a pourtant sa place à Paris, pas un de ces patrons de presse qui deviendront résistants dès passé le 15 aout 44. 

Pour Girard un artiste en 41 ça doit vivre de ses rentes ou crever. Désolé, Monsieur Dutilleux n'était pas directeur de la stratégie chez LVMH ; Girard oui. 

Nombre des lecteurs de La Canaille ne connaissent peut-être pas cette part d'histoire. Elle n'est que peu ou pas enseignée. petit retour pour éclairer : 

Louis Durey avec Roger Désormière (chef d'orchestre mais aussi fondateur de la Chorale populaire de Paris) et Elsa Baraine militants communistes et tous membres de la CGT clandestine des artistes fondent un groupe de résistance (à l'époque, ils n'imaginaient pas qu'ils participeraient à ce que ce mot s'écrive maintenant avec une majuscule) dès le printemps 41. 

Le groupe, animé par Elsa Barraine, publie un manifeste en septembre 1941 dans la revue clandestine "L'Université libre" « Nous refusons de trahir », à partir d’avril 1942 le groupe publie sa propre revue clandestine, Musiciens d'aujourd'hui . Celle ci à partir de mars 1944 sera composante des Lettres françaises.

A la campagne de Vichy appelant à la collaboration avec le slogan "l'art n'a pas de patrie" ils rétorquent par la presse clandestine interposée (punissable de mort ) , "oui, mais les musiciens en ont une" (pour en savoir plus lire "quand l'opéra entre en Résistance" ouvrage collectif -edition l'oeil d'or). 

Henri Dutilleux était de ceux là, un immense Monsieur.

2015 : Alors que celui qui fut adjoint à la culture du maire de Paris n'a pas d'état d'âme pour aller à la Salle Cortot du conservatoirte, Cortot qui fut membre des cabinets pétainistes, participa à l'épuration raciste, a laissé la trace dans l'histoire par son fameux questionnaire qui aurait du, quelque soit son talent, le faire rayer des tablettes culturelles de la France, Girard le nabot culturel, donne la mesure exact de ses compétences : un bozon de Higgs de la culture : n'existe que par les efforts de ceux qui le recherchent, sauf qu'avec Girard c'est du temps perdu, la particule pas même élémentaireest irrécupérable.

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #histoire, #Résistance

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Fald 19/03/2015 20:25

Ceux qui me fréquentent au quotidien me trouvent un peu gâteux de parler si souvent du "Faurissonisme bien vu", comme je l'appelle. Mais voici une preuve supplémentaire qu'il existe bien.

Lors d'une des dernières émissions de le "Grande Librairie", François Busnel a complaisamment interviewé un mec qui parle du PCF comme d'un parti collabo et antisémite.

Eh oui! Ce sont les mêmes qui sont passés en 1945 de la chasse aux "judéo-bolcheviques" à la chasse aux "antisémito-bolcheviques.

Robert Lechêne 18/03/2015 08:34

Comme tu as raison, cher Canaille, dans ton indignation, et comme je la partage ! Je la partage en sachant ce que beaucoup ignorent de nos jours, qui était le "francisqué de Vichy" dont parle ton titre. A savoir que c'était François Mitterrand. Bien fraternellement, Robert Lechêne

Canaille Lerouge 18/03/2015 08:56

Comme c'est la façon habituelle de le nommer ici, je n'avais pas précisé, mais à le réflexion, je pense que tu as raison, je vais faire un rappel