Du serment d'Hippocrate masquant les errements d’hypocrites

Publié le 24 Mars 2015

Et si les co-organisateurs

du trou de la sécu... 

se retrouvaient

un jour

au trou ?

 

Du serment d'Hippocrate masquant les errements d’hypocrites

C'est un article de Médiapart qui met le feu aux poudres, aux cachets, potions et comprimés: la connivence des patrons de l'agence du médicament avec les labos pharmaceutiques, cela après les amicales pressions mafieuses révélées au sujet du médiator.

L'enquête e Médiapart (http://www.mediapart.fr/journal/france/240315/les-gendarmes-du-medicament-faisaient-affaire-avec-les-labos) est assez croquignolesque dans le niveau des révélations (noms, fonctions, périodes et qualités des pris en flagrant délit de conflit d'interet voire plus), les mêmes dont les financeurs pillent la sécu conseillent le gouvernement pour "limiter les dépenses de santé", augmenter les cotisations et privatiser (au bénéfice des labos et assurance la protection sociale), parangon de vertu, seraient-ils corrompus ? Et si oui, serait-ce "en dépit de leur plein gré" ?  

La moralité avant même de parler de justice en prend un coup. Jetons-y un oeil : 

 

"Ce médecin cite de nombreux laboratoires français et étrangers qui ont été conseillés dans ce cadre. Si la plupart des membres de laboratoires qui nous ont parlé de ces réunions évoquent des sommes d'environ 60 000 euros versées pour ces prestations, ce médecin explique qu'il touchait pour sa part « seulement » de 1 000 à 1 500 euros la réunion. « C'était toujours en espèces. Je trouvais soit une enveloppe dans le dossier qu'on me transmettait, soit une enveloppe dans ma chambre d'hôtel, sur mon lit. » Il n'a jamais déclaré ces rémunérations à qui que ce soit. Et le jour où il n'a plus été titulaire à la commission de la transparence, il n'a plus été convié à ces réunions. Ce qui lui semble normal.

 

A part dans les bordels, vous en connaissez beaucoup vous des boulots où les talbins sont livrés sur le paddock ? 

 

A croire que ce que dit le pape parlant des système mafieux ("Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue, ) ne s'applique pas que depuis les aerations des maisons bourgeoises de Naple.

Du serment d'Hippocrate masquant les errements d’hypocrites

Mais où cela devient encore plus suave, hûmez donc ce met délicat, c'est quand l'article lève le couvercle :

"Mais l'affaire est évidemment encore beaucoup plus gênante pour ceux qui ont présidé la commission de la transparence. Comment peut-on à la fois diriger une commission décisive et se faire gratifier par des laboratoires pour les aider à présenter un dossier plus convaincant ?"

L'article détaille : 

Car entre 1997 et 2003, celui qui "n'est rien d'autre que vice-président de la Commission d'autorisation de mise sur le marché (1999 à 2003), conseiller scientifique « médicament » du directeur général de la Santé au ministère de la santé (2002-2003), président de l'Observatoire national des prescriptions et consommations des médicaments dans les secteurs ambulatoire et hospitalier (1997-2000), vice-président de la Commission de contrôle de la publicité et de la diffusion de recommandations sur le bon usage du médicament (1994-1997), président du groupe de travail de l'Afssaps sur le bon usage du médicament (1997-2000), président du Comité de validation des recommandations de bonnes pratiques de l'Afssaps (1997-2005)...

 

Et il est loin d'être isolé dans ce brouet affairiste peu ragoutant. Tout confirme que dans cette fonction, être conseiller rémunéré de l'industrie pharmaceutique faisait partie des moeurs du temps. Un peu comme si un directeur associé de chez Rhotschild ou de BNP Paribas non seulement devenait ministre des finances (ça s'est vu et se voit) mais en plus resterait en fonction dans la banque.

Pour conclure, cette citation qui pourrait perettre de précieuse dissertation philosophique au baccalauréat toutes sections confondues :

 

« Ce que je peux vous dire, c'est que les conflits d'intérêts, ça ne veut rien dire. On n'est jamais en conflit avec ses intérêts. Et il n'y avait pas de conséquences sur les avis que rendait la commission de la transparence. Pourquoi serais-je choqué ? Quelqu'un qui travaille, il travaille. Il n'y a pas de normalité ni d'anormalité là-dedans. Il n'y a pas de règles, il y a des rapports humains. »

 

Cette maxime profession de foi est du a un eminent membre de la commission administrative de mise sur le marché de 1996 à 2012.

Les rapports humain en espèces et séjours divers, ça c'est de la moralité.

"Petit, si tu travaille bien à l'école et si papa peut t'envoyer en fac, plus besoin de faucher des scooters ; deviens membre de la commission de mise sur le marché".

Une belle présentation de la réalité du système ou, du serment d'Hippocrate masquant les errements d'hyppocrites.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #social, #déontologie, #délinquance en col blanc, #politique, #économie

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