Les fauteurs de guerre

Publié le 1 Février 2015

La barricade,

ses côtés,

mais où se dresse-t-elle

où s'acroche-t-elle au fait ?

Pas de place en largeur pour rajouter Hollande et Fabius

Pas de place en largeur pour rajouter Hollande et Fabius

Qu'un journal créé sous les auspices d'un maoïsme pur et dur (soutenu sur ses fonds baptismaux par tous ceux qui passeront au rotary club) ose titrer "la question d'une aide militaire contre les séparatistes soutenus par Moscou se pose désormais" pose quelques questions.

A partir de l'idée que l'ignorance ne puisse être une excuse pour écrire n'importe quoi, la première porte sur les capacités rédactionnelles du quotidien :
Tout bon journaliste sait qu'en particulier pour titrer, chaque mot compte. Libération s'était même fait une solide réputation en la matière. Dans celui qui a attiré l'attention de La Canaille, il en un qui déjà ne devrait pas y figurer sauf à ne pas avoir en mémoire la somme des déclarations et des actes qui ont immédiatement suivi venant des représentants de l'UE et, nous concernant, celle de Fabius (vous savez celui qui persiste à nier la présence de nazis à Kiev).

Ce mot, c'est "désormais". Cela voudrait d'ire que depuis deux ans, l'OTAN serait aussi neutre que prétend l'être la Suisse alors que l'Alliance, en matière de neutralité, se comporte comme, restons en Suisse, ses banquiers.

Rappelons qu'en janvier 2014 les limites à l'armement de l'armée de Kiev n'étaient pas posées au nom d'une incitation à calmer les tensions mais...parce qu'alors, en terme de fidélité au nouveau régime, considérée comme pas assez fiable pour le nouveau pouvoir installé par Ashton au nom de l'UE et de l'OTAN. Pour cela, l'aide massive ira prioritairement vers les milices fascistes sous la coupe d'un ministère qui ne l'était pas moins, le bras tendu des ministres au pouvoir servant d'unité de mesure des canons d'armes diverses qui lui seront livrées, principalement des outils de repression des risques d'insurrections, les milice étant armées et encadrées par des conseillers livrés par pont aeriens.

Deuxième idée qui accompagne ce titre ; "soutenus par Moscou". Ainsi donc le journal qui maintenant est dans le marigot du capital comme un poisson dans l'eau, avalise ouvertement le putsch fomenté par l'UE et mettant des nazis au pouvoir 70 ans après que ceux-ci aient été éliminés du paysage institutionnel et soient interdits de séjour par le droit international. Bravo Libé !

La troisième idée , la lecture des deux précédentes montre à l'évidence qu'elle ne peut avoir de place à l'intérieur de ces vieux crânes d'œufs de la rue Béranger : "parce qu'en plus ils se défendent ?". Cela conduit la docte conférence de rédaction qui pétitionne ici contre Ménard, dit combattre le f-haine, à soutenir sans états d'âme leurs coreligionnaires sur les bords du Dniepr.

Les massacres, les bombardements des quartiers populaires, les "femens locales" qui se pavanent en tortionnaires, Libé, qui vise le lectorat de Elle en attendant Valeurs actuelles, ne connaît pas.

Les popes qui bénissent les tortionnaires quand ils ne lacèrent pas la figure des opposants avec leurs si riches crucifix, Libé tourne la tête. L'intégrisme religieux pudiquement voilé ici est dénoncé de façon sélective.

Mais les peuples, parce que peuples, sont interdit de se défendre. Du petit livre rouge des fondateurs au Mein Kampf de ceux qu'il veut aider, de la longue marche idéalisée au crucifix des popes fascistes, quel itinéraire ! 

Or et sans que Canaille le Rouge est besoin de publier ici les photos, témoignages dont celle de la délégation présente en France (que Libé ignore avec la même superbe qu'il appelle à armer les SS du temps présent), l'armée de Kiev et les bataillons des milices, ceux que Libération veut armer, fabriquent des Oradour à la chaîne, ont repris l'héritage des bandéristes et ersatzgruppen : les fosses communes et les assassinats de masses à grande échelle sont commis avec la bénédiction de l'Otan et maintenant, prenons date, de ...Libération. Mais le peuple qui s'arme et se défend, fait reculer les facistes, c'est la main Moscou.  

Numéro de grand écart idéologique d'une qualité rarement égalée : faire des pages sur la libération d'Auschwitz en 1945 (en ignorant superbement la partie non idéologiquement aujourd'hui présentable des victimes parce que communistes, ou russes, ou slaves, juives ou non, ou panachage de tous ces critères abhorés par les nazis ), allant jusqu'à rendre les russes responsable de leur non-invitation par ceux qui clament que ce sont les ukrainiens qui auraient libéré le camp, et soutenir le besoin d'armer les hordes nazis en 2015, comme dirait l'autre, faut le faire.

Au premier qui vient demander à La Canaille d'aider de quelques façons ce torchon, Canaille le Rouge lui demandera, dès fois que son interlocuteur concourre pour le challenge du meilleur en la matière, s'il aura droit à une réplique de la Francisque ou à une croix de fer de première classe.

Oui, les barricades n'ont que deux côtés. Mais à force de le dire, on en oublierait parfois de regarder où elles se dressent et sur quels murs elles s'adossent, qui fournit de quoi la construire: mur de l'argent et pactes d'actionnaires sont la pierre angulaire du fétu Libération.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Libération, #politique, #nazis, #guerre, #bellicistes

Repost0
Commenter cet article

RBOBA 01/02/2015 19:45

C'est bien dans Libération que la mère Aubenas avait publié son reportage dans la ville (sic) de Hatay (le Hatay est une région syrienne et non une ville) en affirmant telle une Fabius avant l'heure, qu'il n'y avait pas d'Islamistes armés mais que de "beaux jeunes gens" révolutionnaires, démocrates semblables à nos sans-culottes de 1789. Alors, plus aucun étonnement de ma part. Libération s'est libéré de ce qui l'empêchait d'affirmer, sans doute dans un vieux reste de gôchisme, son amour du capitalisme (mais le parcours de Serge July devrait pourtant nous le rappeler) et du libéralisme avec les alliances qui vont avec. Nous sommes en plein révisionnisme. Attendons les livres d'Histoire pour la rentrée prochaine. Je crains le pire ainsi que pour les profs qui voudront transmettre correctement les faits.