Pour que l'hommage ne reste pas que compassionel

Publié le 12 Janvier 2015

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dans le temps

de la

réflexion,

Dans celui de la reconstruction 

Sandro del Prete l'échiquier tordu

Sandro del Prete l'échiquier tordu

Il y a des commentaires auxquels on s'attend, souvent les plus réactionnaires. Il y a ceux partagés avec de nombreux amis et camarades qui demandent d'être en permanence affinés, ajustés pour être le mieux en prise avec le réel pour persister à vouloir le transformer et puis il y a ce qui demande de sortir des espaces habituels tant à situations extraordinaires surgissent de nouveaux espaces de lumière et des zones ombres.

C'est le cas au lendemain de ce réveil de Gulliver qui ne doit pas retomber en léthargie.

Les lumières sont si belles qu'autant laisser à chacun faire son miel de cette journée malgré les opérations de captation de l'élan populaire aux quelles il faut des maintenant opposer un rempart de refus. Lumières cette déferlante porteuse de cette exigence de faire front et de s'opposer aux récupérations de toutes natures. Lumière en core vacillante cette remonté au premier plan de la laïcité comme pivot républicain du droit à toutes les différences.

Ombres aussi, Canaille le Rouge va plus s'y attarder tant il est plus encore dans ce moment insupportable de voir céder certains à des raccourcis d'analyse pour surenchérir de façon médiatique, assister à leur refus de prendre le recul nécessaire, sans prendre le temps d'utiliser les outils dont nous savons qu'ils en disposent et savent en user. 

Depuis une semaine nous voyons jaillir de partout des distributeurs de paracétamol alors que c'est d'infection qu'il s'agit. Une infection qui ne s'identifie pas par la douleur ou la fièvre qui en sont les révélateurs mais par le besoin d'analyse plus sérieuse pour en repérer les foyers et les combattre.

Comment ne pas sursauter de voir prendre pour l'alpha et l'oméga de la réflexion la question de la «confrontation de civilisation» et de ne pas revenir sur la nature politique, de classe, de la crise qui est son substrat, son engrais, fait aussi des fumiers de cette société.

Dire comme le théorisent certains que les racismes et intolérances sont les causes, c'est identifier la douleur, qu'il faut impérativement traiter, mais cela ne conduit pas à s'attaquer à l'infection. Ne faire que cela laisse celle-ci tranquille laquelle non éliminée peut conduire à la gangrène.

Comment aujourd'hui se réclamer du communisme, d'idées portant l'émancipation sociale, culturelle, économique sans asseoir sa réflexion sur les causes identifiées par celles et ceux disposant d'une analyse matérialiste, dialectique, comme les bases réelles de la situation ?

Disons-le clairement toute l'histoire contemporaine de la montée des fondamentalismes est liée à la volonté du capital de reconquérir les espaces perdus après ce qui fut pour lui une défaite majeure en 1945.
Devant l'espoir que les décolonisations et l'après 1945 avait fait lever, il n'a eu de cesse de construire son offensive dans un monde ou l'insuffisance de vigilance des progressistes mais aussi les coups assénés et des réponses stéréotypées, la sous-estimation de la capacité du capital à s'adapter puis dès qu'en situation son intelligence à adapter la société et tirer expérience de son échec.

Toutes les structures de type "trilatérale", laboratoires d'idées (école de Chicago) cercles de réflexion (Bilderberg au plan mondial, ici le Siècle et ses participants) jusqu'à parvenir à les légitimer comme pour Davos, les « think tank »  ou derrière le « think » se déployaient les tanks, n'ont eu de cesse que de fourbir ces outils de reconquête et de travailler sur les idées comme armes de leur offensive. 

Cela pour les profits, garantir le taux de rémunération du capital et maintenir son hégémonie. 

Il ne dispose que d'une seule solution dénoncé dès le début du 20ème siècle : la nature de son impérialisme : asservir les peuples, les mettre les peuples en concurrence, user de toutes les armes disponible pour cela. L'intégrisme religieux ici, le nationalisme là, la dilution des structures politiques et sociales existantes qui le freinent ailleurs.

Aujourd'hui ces politiques ont des effets dévastateurs. Ce sont ces errements qui ont conduit à l'hécatombe de cette semaine.

Comment imaginer qu'au cœur de la cinquième puissance économique du monde puisse exister en masse des exclus du droit à un toit , à un emplois, à la santé que par classes d'age entières le socle de base éducatif scolaire régresse sans expliquer les causes nées et structurées autour de la mobilisations des richesses produites par le travail pour satisfaire exclusivement les appétits et besoins du capital ?

Cela sème de l'indignation, des colères. Les victimes de ces choix toutes issues des couches empilés des  dynasties d'exploités et parqués sont en recherchent d'issues qui peuvent conduire, instrumentalisés par les relais idéologique du capital à des actes inqualifiable et à sanctionner sans faiblesse. Leurs auteurs bien évidemment mais, ce qui n'est pas fait, et pour cause, aussi ceux qui y conduisent en les armant de fusi après les avoir désarmer socialement Ils étaient tous présent ou représenté dans le carré des VIP de la manif d'hier. Des siècles de prison rassemblés si la justice des hommes leur était appliquée.

En France, la nature des réponses politiques en construction dans la précipitation depuis trois jours (ou leur abscence) est révélatrice des choix retenus par les forces institutionnelles et représentatives.

La droite et son extrême, c'est génétique, exige une limitation drastique des droits démocratiques façon « patriote act » de Busch en 2001, ce qui laissera les coudée franche à l'impérialisme et au capital pour poursuivre ses opérations de pyromane et de réprimer tous ceux qui s'y opposeraient. les comabattre est continuer le combat e l'équipe de Charlie.
La social-démocratie mandatée pour faire passer différemment l'huile de ricin propose d'agir de façon impressionniste sans perdre de vue la finalité du tableau. Avec les lois Macron le Ps est déjà en train d'installer le cadre. Là encore les assassins de la rue Appert (au moins leurs commanditaires) savaient à qui, in fine, il rendaient service.

Quant aux forces qui devraient en urgence pousser à la recherche d'une issue réellement transformatrice et donc révolutionnaire, elles se sont repliées sur une analyse exclusivement sociétale qui se traduit par leur désertion de l'espace du travail, là où se crééent les richesses confisquées par le capital. Leur abandon du militantisme associatif lié aux conditions sociales procède de leur même anlyse. Ils ont trouvé refuge dans le représentatif au travers des mandats électifs, rejoignant ainsi les hors sol que pourtant ils critiquent avec d'autant plus de hargne que leur espace se restreint mais qu'ils imitent au point d'être confondus avec eux. 

Cet abandon depuis des années de l'analyse des stratégies du capital face aux déploiements d'une crise dont il est à la fois la cause et le bénéficiaire attentif à l'entretenir, conduit à se voiler la face sur les causes profonde qui alimente une désespérance parmi les plus jeunes à qui il est refusé le droit élémentaire de vivre normalement.

Osons le dire : Dans la peau d'un gamin de seize ans, quelle différence au regard du vécu personnel pour un jeune condamné à la non-vie dans toute la zone magrhebine, subsaharienne ou moyen orientale d'un même jeune parqué de ZUP en ZEP pour qui l'espoir d'un CDD en ZAC est hors d'atteinte, à qui le droit de bénéficier de ce qu'il y a derrière les vitrines du capital et présenté comme la norme sociale lui est interdit ?

Quand pour ce jeune n'existe plus de force capable de transformer la révolte en construction solidaire, révolutionnaire, autour d'un projet de subversion du système, ne reste que les envoyés du capital pour agir par des leviers communautaristes et intégristes proposant une autre radicalisation de la désespérance dont les condotière du capital se servent pour alimenter tension et confli par tous les moyens y compris les plus criminels.

Cela dit non pas pour excuser l'inexcusable, chaque individu majeur doit rester comptable de ses actes, mais pour tenter de montrer en quoi l'analyse uniquement sociologique ne suffit pas. Elle conduit aux incongruités de Gerin et d'autres qui au nom du traumatisme ressenti se précipitent sur des hochets idéologiques du racisme cause première, complaisamment tendus pour éviter de se concentrer sur le fond qui cultive le substrat sur lequel ce racisme, cette intolérance et son tuteurs obscurantisme sont installés.

Quand on n'a pas d'expérience, cela peut se comprendre. Quand pour en arriver là on laisse son bagage de réflexion au vestiaire, au point de rejoindre ceux qu'on prétend combtattre, c'est plus grave.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #laïcité, #11janvier, #construire

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