Paris n'est jamais aussi beau

Publié le 7 Janvier 2015

Que faisant rouler sa colère

Paris n'est jamais aussi beau

Paris 17h00, Canaille le Rouge débarque sur l'esplanade André Tollet de la Place de la République. Ce qui vous attrape, c'est ce calme. Une atmosphète qui vous prend aux tripes.  La place en peu de temps est de moins en moins praticable tant la foule arrive et s'y presse.

A chaque vague sortant des bouches de métro, à mesure que la nuit finit d'envahir l'espace, le silence se densifie.

Seules les sirènes des véhicules de police en déchire l'épaisseur.

Des gens venus de partout. Au départ des têtes connues qui au fur et à mesure se diluent dans un océan d'anonymes. Au loin, des fanions de la LDH, quelques drapeaux de l'UNSA. ceux de la JC qui s'agitent. Partout des scans ou photopcopies portant les unes de Charly Hebdo. Parfois émmergeant du silence, le titre du journal est scandé comme un manifeste.

Devant moi, point d'ancrage, un noyau de syndicalistes parisiens de la CGT. Pas un ne parle des débats du jour coté Montreuil. Tous ont à coup sûr des élements à échanger, disputer, aucun n'en parle. La fierté malgré l'intensité d'aiutres questions d'avoir vu leur oprganisation être parmi les premiers initiateurs de ce rassemblement. La CGT comme on l'aime.

De partout, nouveau baromètre, crépitent les flashs des téléphones qui jouent leur Doisneau.

Entassement qui fige l'espace, et d'un coup, pas vu pour La Canaille depuis la manif d'après l'attentat de la rue Copernic, le coeur de la place qui se dilate et déferle sur la chaussée à pousser les cordons de police débordés.

Tout est maintenant bloqué. Il est 18h00.

Commence à alterner des salves d'applaudissements façon hommages espagnols, puis des mots d'ordres scandés au pied de la statue, repris à  contre temps coté Bd Voltaire avant de rebondir Faubourg du Temple ou vers les grands boulevards, criant la volonté de garder la liberté d'expression (!) celle de la presse, fortement repris. Suivi d'une nouvelle chappe de ce silence, épais, matelassé comme porte de ministre, élastique que rien ne peut traverser.

Aucun mot d'ordre de haine ni de rejet ou de stigamatisation. Cette dignité populaire pèsera à coup sur sur les positionement ultérieurs.

C'est un Paris de ces jours qui marquent. Où se croisent les antagoniques absolus  d'hier qui ensemble ce soir disent le même non.

Un Paris populaire ou ceux qui sont passé après la sortie du travail avant de se jeter vers les RER croisent ceux qui ont pu passer par chez eux avant d'arriver.

Des empoyés du commerce s'informe auprès de cheminots. Des syndiqués de la RATP sont de la partie comme ceux de la poste ou des télécoms. Un groupe des hopitaux parle des arrivées des victimes aux urgence, des enseignants entre deux vagues d'applaudissement et une période de silence évoque ce qu'il vont dire demain dans leur classe.

Oui, de l'émotion, comme laché à la truelle sur le rampart à contenir l'obscurantisme et la haine. Avec de la fierté portant une colère froide qui sert de liant, partagée par tous :  cette stigmatisation des salauds qui, claque cinglante dans leur figure, ne seront nulle part sur la place communautarisé.  

La journée, terrible, montre un peuple debout qui fait savoir qu'il reste campé sur ses valeurs. 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Paris, #Colère, #Manif, #fasciste, #crime, #Charly Hebdo

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