L'arme du dessin

Publié le 17 Janvier 2015

L'arme du dessin

     Banquet démocratique

   - C'est le buste de Platon, celui qui a fait "Le Banquet"

- Vous faites bien de m'en parler. Je dirai quelques mots dans mon    discours pour le féliciter. Son canard aux navets est vraiment réussi !

Une publication pas du tout anecdotique.

 

Un de ces télescopages qui fait le lien entre fascisme, dessins, et le sort que les adeptes du premier ont réservé ces jours-ci aux artistes des seconds et à leurs collègues Le lien aussi entre la création et la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, lien que curieusement personne n'a encore relevé :

 

Pour savoir de qui est le dessin ci-dessus, lisez d'abord cela :

 

Témoignage de Klaus Barbie lors de son interrogatoire le 14 mai 1948 (avant de bénéficier d'étrange complicité pour se fondre dans la nature) : 

 

" Le 14 Mai 1948, le commissaire Louis Bibes l’interrogea en Allemagne, en zone américaine, car Barbie travaillait à l’époque pour les services secrets américains. Celui-ci déclare : Jean Moulin, alias Max, a eu une attitude magnifique de courage, tentant de se suicider à plusieurs reprises en se jetant dans l’escalier de la cave et en se cognant la tête contre les murs entre les interrogatoires. Il a toujours persisté à se déclarer artiste peintre et il a même fait un dessin de moi et un croquis de ma secrétaire. Ces documents ont disparu lors du bombardement de mai 1944. »"

 

 

Oui, ce dessin est de Jean Moulin, grand dessinateur, artiste qui rêvait, la liberté regagnée, d'en faire son métier.


Un dessin date d'avant guerre.


Le trait est pur, ferme et l'humour incisif et décapant comme l'est la façon dont son auteur l'a légendé.

 

Il met deux époques en résonnance. La subversion du trait pour bousculer l'ordre établi en temps de paix comme en temps de guerre, l'arme du combat contre l'obscurantisme par le rire.

 

Pour résister aux fascismes, il y a eu les mines pour sabotages ; il y a aussi les mines pour mises en pages.

 

Dans des mains expertes, les deux sont dévastatrices pour les ennemis de la liberté. 

 

 

 

 

 

En guise de friandise : une planche de trois autres dessins de celui qui durant la clandestinité continuait de desssiner et de signer Romanin 

L'arme du dessin

Rédigé par Canaille Lerouge

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