SNCF déportation (suite)

Publié le 7 Décembre 2014

L'accord USA-SNCF

n'est pas officiellement

connu ici

mais

la presse israélienne

nous en dit plus

SNCF déportation (suite)

Les faits : 

Le nombre des déportés de France dans les camps de concentration ou d'extermination nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale est estimé à plus de 150 000 personnes, dont 80 000 victimes de mesures de répression (principalement des politiques et des résistants) et 75 000 juifs, victimes de mesures de persécution touchant également les Tsiganes.

Au total, disparaissent plus de 100 000 déportés partis de France.(chiffres Ministère de la défense Secrétariat général pour l’administration Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives 14, rue Saint-Dominique 75007 Paris).

Ces déportations sont organisées quasi exclusivement par trains.

800 employés de la SNCF ont été exécutés par les nazis pour avoir résisté aux ordres, 1 200 autres ont été déportés vers des camps de la mort pour sabotage ou autres actes de désobéissance (selon le rappoprt Bachelier colloques SNCF Fournier- Gallois), à ce moment, Canaille le Rouge ne dispose pas d'éléments pour dire combien parmi ces derniers sont revenus vivants.

Maintenant, la suite des évènements du moment, des données concrètes sur la négociation Pepy - USA via un journal israelien mieux informé que la presse nationale française:

Au passage, notons la curiosité ! la presse du pays qui parque les palestiniens dans des camps donne les détails de l'indemnisations concernant les survivants d'autres camps.

Mais cela vaut le coup d'être lu ...et commenté. 

http://fr.timesofisrael.com/sncf-paris-versera-60-m-aux-victimes-americaines-de-la-shoah/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=82d1db29c7-Vendredi_5_d_cembre_201

Accrochez vous parce que sur le fond comme sur la forme tout y est :

"Cet accord, qui sera signé lundi, porte sur la création d’un fonds d’indemnisation doté par la France de 60 millions de dollars versés aux autorités américaines en faveur de « quelques milliers » de déportés non français et de leur famille, a précisé l’ambassadrice française aux Droits de l’homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay lors d’une visio-conférence de presse.

Chaque déporté survivant, aujourd’hui de nationalité américaine, devrait ainsi recevoir environ 100.000 dollars, selon la diplomate.

En contrepartie, les Etats-Unis se sont engagés à défendre l’immunité de juridiction dont bénéficient les entreprises étrangères sur leur sol, qui les protège de toute poursuite judiciaire ou de toutes autres formes d’action. Un sénateur avait demandé en 2013 au Congrès de réformer cette loi pour pouvoir traduire la SNCF devant les tribunaux américains.

Réquisitionnée par le régime de Vichy, la SNCF a déporté 76.000 juifs dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944. Environ 3.000 d’entre eux ont survécu, affirme le groupe.

Cette affaire sensible a failli priver le groupe ferroviaire français SNCF de contrats aux Etats-Unis. L’Etat du Maryland (est) voulait demander, avant de renoncer, au groupe ferroviaire français d’indemniser les victimes de la Shoah avant de postuler à un contrat.

Les deux gouvernements étaient donc désireux de boucler rapidement leurs discussions entamées formellement en février pour notamment couper l’herbe sous le pied à diverses initiatives lancées au niveau local.

Les mesures d’indemnisation concernent tous les non Français – dont beaucoup d’Américains et quelques Israéliens, qui se trouvaient en France entre 1942 et 1944 et qui ont été déportés par bus (comme par ceux de la RATP) et par train (SNCF) – , mais qui ne remplissaient pas les critères français de réparation. Soit parce qu’ils avaient émigré, soit parce qu’ils étaient arrivés sur le sol français après le 1er septembre 1939.

Mais « la SNCF n’a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. (…) c’est de la responsabilité des autorités françaises » d’en assumer les conséquences, a rappelé la diplomate française. Par conséquent l’entreprise publique SNCF « n’est pas partie dans les discussions (ni) ni dans la mise en oeuvre » de l’accord.

L’accord sera officiellement paraphé lundi par Patrizianna Sparacino-Thiellay et le conseiller spécial du secrétaire d’Etat américain John Kerry sur ce dossier, Stuart Eizenstat.

Il entrera en vigueur quand le Parlement français l’aura validé sous forme d’amendement à la loi de 1948. Aux Etats-Unis, il s’agit d’un « executive order » qui n’a pas besoin d’être validé par le Congrès."

La lecture de ce texte laisse pantois : 

1) le texte le révèle, aucune considération humanitaire de près ou de loin ne guide la SNCF. Que des raisons mercantiles liées à l'impossibilité de pouvoir faire tranquillement sont bizeness. Ce n'est pas d'indemnisation et de morale qu'il s'agit mais d'une transaction pour un droit d'accès au marché ferroviaire américain. C'est honteux.

2) indemnisation sélective  : la SNCF qui n'a pas même reconnus ses tords envers ses propres agents déportés : loi d'aryanisation d'octobre 40, répression politique et raciale dès la même époque, voir avant (emprisonement de P Semard par exemple où l'ingenieur Bloch qui avait témoigné à son procès en sa faveur et qui sera sortie des effectifs au nom des décrets antisémites d'octobre 40) et redisons le fermement : Budget outre atlantique mais quid des survivants et ayant droit des morts dus à la pratique collabo de la direction SNCF pour ses propres agents ?

3) Sur les termes de l'accord : Quelles indemnisations à des citoyens d'un pays qui n'existait pas au moment du crime ? S'il sont à l'époque français pourquoi les autres français en seraient exclus si ce n'est pas pour de basses raisons du point 1 ? S'il ne sont pas français pourquoi qu'aux seuls ressortissants des USA et (ou) israéliens et ses derniers sur quels critères ?

4) Les critères français de réparations évoqués (et les réparations) si elles sont légitimes, compte tenu du statut de la SNCF, sont-elles en droit de son ressort ? Si comme le dit la presse israélienne

"Mais « la SNCF n’a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. (…) c’est de la responsabilité des autorités françaises » d’en assumer les conséquences, a rappelé la diplomate française. Par conséquent l’entreprise publique SNCF « n’est pas partie dans les discussions (ni) ni dans la mise en oeuvre » de l’accord."

pourquoi les cheminots de 2015 devraient-ils payer pour des crimes commis au nom de l'état français par ces collabos du régime allemand d'occupation que le pouvoir à la libération (Fournier président de la SNCF) n'a pas épuré... avant 1946 et donc couvert ? 

Que va dire et faire la SNCF si maintenant les survivants et enfants de survivant des trains de la déportation prennent avocats pour exiger l'égalité de traitement ? Canaille le Rouge, qui en connait un nombre conséquent, au vu des motivations à résonnances mercantiles de Pépy, ne fera rien pour les en dissuader.

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #SNCF, #occupation, #collaboration, #histoire, #mémoire

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Fald 08/12/2014 14:26

100 000 $ par personne pour des morts qui n'ont plus besoin de rien, des survivants qui sont arrivés pour le moins octogénaires sans ça, et pour des descendants qui, si par hasard ils sont pauvres, ne le sont plus à cause de la Shoah!

C'est beaucoup et assez sordide.

Une reconnaissance officielle des torts avec les noms des collabos donneurs d'ordre aurait mieux valu, et c'est justement elle qui est absente!

Au lieu d' encourager les ayants droits des victimes politiques à faire pareil, je les féliciterais plutôt de défendre leur dignité avant leurs finances!

Mais surtout, tu fais bien de rappeler les quelques 2000 cheminots victimes d'avoir résisté aux nazis et à Pétain, et qui étaient pour la plupart communistes et/ou cégétistes.

Car une des principales motivations de Lipietz et Cie, c'est bien ce que j'appelle le "Faurissonisme bien vu", celui qui consiste ici à rendre toute la SNCF responsable de la collaboration de ses dirigeants pétainistes, et à faire oublier au bon petit peuple la Bataille du Rail.

Autre arrière-pensée typique des écolos politiques: salir la SNCF en tant qu'entreprise publique pour mieux en justifier la reprivatisation.

jean-marie Défossé 09/12/2014 07:35

@ La Canaille
Etant celui qui a employé le terme "Shoah" , fort probablement mal à propos je te l'accorde et je prends acte positivement de ta réaction , je n'ai fait que reprendre le premier mot qui m'est venu à l'esprit et souvent utilisé par d'autres , sans réellement me poser de questions sur les nuances de sa juste utilisation . D'ailleurs et par principe , globalement tous les mots désignant , classant et au final divisant par catégorie l'ensemble des SIMPLES citoyens me rebutent un peu , ne voyant personnellement pas de différences où à l'inverse d'aucuns s'efforcent d'en créer .
Les seules différences auxquelles j'attache réellement de l'importance pour ma part , différences d'ailleurs généralement notoires , sont celles de l'exploité et de l'exploitant , du pauvre et du riche , du sincère et du menteur , de la victime et de l'assassin .
Alors ne t'étonnes pas et ne sois pas choqué si pour ma part et à 64 ans , je n'ai pas encore assimilé toutes les nuances existantes entre Shoah , juif , sioniste etc... pas plus que celles existantes également pour désigner d'autres particularismes religieux ou autres .
Je sais faire malgré tout çà , la différence entre un individu de l'espèce humaine et un individu de l'espèce animale ... même si à certaines périodes de notre civilisation les deux ont eu tendance à se confondre .
Amicalement

Fald 08/12/2014 18:12

Tu as l'air de mal prendre mon commentaire, alors que la seule phrase ou je te contredis est : "Au lieu d' encourager les ayants droits des victimes politiques à faire pareil, je les féliciterais plutôt de défendre leur dignité avant leurs finances!"

Sinon, OK pour l'impropriété du mot Shoah même s'il est devenu générique depuis le film de Lanzman. A mes yeux, tant qu'on ne parle pas "d'holocauste" en référence au navet hollywoodien des années 70, ça me va!

Quant à mon concept provocateur de "Faurissonisme bien vu", je pense que tu seras d'accord avec ce qu'il recouvre : cette sale manie devenue histoire officielle, qui consiste à nier ou à réduire systématiquement le rôle des communistes et de leurs copains dans le combat antifasciste et antinazi, ainsi que leur statut de victimes du nazisme. Ici, l'intention manifeste de faire oublier la Bataille du Rail pour ne retenir que les trains de la déportation.

Et, alors que tous les communistes vomissent Faurisson et consors, j'aimerais que plus de juifs vomissent ce faurissonisme-là. Hélas, sionisme oblige, il n'y en a qu'une minorité.

Et encore s'agit-il de ces gens qu'on appelle encore "juifs" alors qu'il n'ont pas foutu les pieds dans une synagogue parfois depuis plusieurs générations. J'ai du mal à l'admettre: personne ne penserait à m'appeler "catho", moi qui suis pourtant le premier athée vraiment affirmé de ma famille, et presque le seul.

Sinon, excuse mes raccourcis, le sujet est trop complexe pour être traité comme il faut dans les commentaires d'un forum Internet.

canaille le rouge 08/12/2014 16:55

En haut de l'article, il y a cela :800 employés de la SNCF ont été exécutés par les nazis pour avoir résisté aux ordres, 1 200 autres ont été déportés vers des camps de la mort pour sabotage ou autres actes de désobéissance (selon le rappoprt Bachelier colloques SNCF Fournier- Gallois), à ce moment, Canaille le Rouge ne dispose pas d'éléments pour dire combien parmi ces derniers sont revenus vivants." je pense ne pas avoir été de la plaque.
Sur la place des communistes et des syndicalistes dans la résistance, je te propose de reprendre tout ce que La Canaille a écrit sur le sujet chaque 10 aout, 25 aout 7 mars, 8 mai depuis que ce blog existe et tu verras que seul peut-être Roger Colombier à la même constance dans le rappel de la mémoire. Les observation sur ce point doivent s'adresser à d'autres qu'à Canaille le Rouge.
Enfin, sur un aspect Canaille le Rouge qui sait familialement de quoi il parle, le terme de Shoah.
Il est rejeté par toute la partie de la famille de La Canaille qui pourtant pourrait s'y fondre. Rejeté tant il porte une vision ségrégative dans le crime et est restrictif du génocide, lui donne une dimension religieuse qui n'est pas en phase avec la réalité part de ceux de la famille de Canaille le Rouge qui y sont passé et pour le plus grand nombre resté ne se reconnaissaient pas dans ce cadre religieux où l'idéologie dominante veulent les faire entrer. Un cadre qui permet de faire l'impasse sur des dizaines de millions de mort du nazisme anéantis sur d'autres critères "raciaux" sociaux, politiques qui les ont tous conduit aux camps de la mort, sur les millions de morts exterminés hors des campd de Babiyar à Oradour.

jean-marie Défossé 08/12/2014 07:45

Il y a très longtemps (30 ou 40 ans) , j'ai eu le témoignage d'un rescapé de la Shoah me certifiant que parmi les nombreuses victimes juives de la "solution finale" , beaucoup étaient non seulement pratiquants du judaïsme et c'était leur droit , mais de plus étaient en parallèle militants COMMUNISTES ...et j'ai envie de rajouter : c'était leur devoir !
Par contre et pour les sempiternels et habituels instigateurs des conflits mondiaux et de la régénération des Pouvoirs financiers et autres , être juif et communiste tout à la fois "méritait" amplement , voire plus , de disparaître prématurément de la surface de la terre pour assainir celle-ci d'une "salissure" , d'une "souillure" autant politique que religieuse ... IMPARDONNABLE !
Il serait injuste de ne pas mentionner au passage que , comme dans bien des cas similaires où l'argent joue un grand rôle , de nombreux juifs (et autres) bien fortunés , ont pu s'échapper de ce piège morbide et principalement européen et c'est tant mieux pour eux ...mais qu'ils n'oublient JAMAIS les sources de ce MAL !