L'association capital-travail, c'est comme la guerre des étoiles

Publié le 1 Décembre 2014

les saisons s'empilent et,

dans n'importe quel ordre,

il y a toujours du monde

pour écrire la suite

L'association capital-travail, c'est comme la guerre des étoiles

Présidé par Jean-Cyril Spinetta, président d'honneur d'Air France-KLM, avec comme vice-président Joël Decaillon, ancien secrétaire général adjoint de la CES, venu de la CGT, "Lasaire" (Laboratoire social d'action, d'innovations, de réflexions et d'échanges), qui fêtait en même temps son 25e anniversaire, organisait plusieurs débats, dont l'un sur le thème "Quelles implications des acteurs sociaux dans la recherche de solutions économiques, industrielles et financières à la crise actuelle?"

A cette occasion que Louis Gallois qui à coup sûr a croisé Frédéric Saint Geour dans les couloir de l'UIMM à moins que cela soit ceux de PSA ou les deux a fait part de son credo social. 

"L'entreprise n'appartient à personne. C'est une collectivité humaine. Les actionnaires sont propriétaires du capital de l'entreprise, pas de toute l'entreprise. Les salariés sont partie prenante et ils ont leur mot à dire".

Notons que si tout appartient à tout le monde ouisque roien n'est à personne, ce tout n'intègre pas le capital. Faut quand même pas pousser. Patron de gôoche mais d'abord patron.

Ce qui est interéssant dans ce papier (voila le lien pour l'avoir en entier : lemonde.le-plaidoyer-social-de-louis-gallois/ ) c'est l'allusion rapide à Decaillon lequel est vice-président de ce machin.

 

Decaillon. un frégoli du syndicalisme. L'homme a su se recycler dans les bonnes oeuvres du patronat. Il avait des prédispositions.

Il se trouve que Canaille le Rouge a pu assister en direct comment il est passé de cheminot syndicaliste de choc (enfin choc ; relativisons tout de même) du Sernam dans le Nord-Est à vecteur des idées réformistes dans la CGT suivant le chemin qu'ont connu d'autres dirigeants de l'organisations du côté des banques ou des métaux avec chez les cheminots des dégats moindre dans son organisation professionnelle d'origine mais une participation active à la casse européenne global du service public ferroviaire.

Une fois n'est pas coutume, Le Monde n'est pas tombé trop a côté quand il brosse sont portrait : "ressemble plus à un député radical-socialiste de la IIIe République qu'à un sherpa de l'actuelle direction de la CGT. Le front dégarni, les tempes grisonnantes, le « M. Europe » du syndicat trompe son monde." oui, bien vu un sherpa, mais sans cordée autre que sa trajectoire. Il a su planter sa tente - campement d'hiver - à Bruxelles et dispose de bivouacs d'été dans les comités théodules du patronat.

Le parcour du dit syndicaliste a, il y 20 ans, clarifié pour La Canaille le danger que représente la CES pour les travailleurs et le syndicalisme de lutte de classe et de masse. Le parcours confortable de l'eurocrate montre le caractère antidémocratique de l'appendice crée par les dirigeant de la CEE devenue UE et le fonctionnement du lobby patronal pour y agglomérer ses prises pêchées dans le camp adverse. Il aura eu au moins cette vertu.

Pour souvenir des uns, information des autres, il fut de ceux qui appelèrent publiquement à voter OUI en 2005 quand la CGT portée par ses organisations professionelles et territorial imposa au bureu confédéral, par décision du CCN, d'appeler au NON.  Voila en creux qui aide à situer "Lasaire" 

On comprend pourquoi il est plus à l'aise dans les séminaires patronnaux que dans les refectoires, vestiaires ou assemblées générales où dès 1994 il n'a plus mis les pieds.

Or donc, notre merle jaunissant n'est point seul dans la cage patronale dorée qui l'abrite :

"Cette association (Lasaire voir plus haut), qui réunit dans un cadre pluraliste des acteurs sociaux européens, représentants de syndicats (CFDT, CGT, UNSA, FO et CFTC) et de patronats mais aussi de la Commission européenne et de la Confédération européenne des syndicats (CES) s'adresse "aux acteurs soucieux de définir une stratégie à long terme qui vise à optimiser le facteur humain et l'efficacité économique".

Les gars de chez goodyear vont être content de savoir que des "camarades" syndicalistes cherchent à les optimiser même si l'optimisation par le CDI comme l'optimisme salarial ne courrent pas dans les couloirs de pôle emploi.

Parions que Rebsamen va bien trouver un moment pour filer l'Ordre National du Mérite ou équivalent pour service rendu à leur paix sociale (pour ceux qui ne l'aurait pas déjà reçu).

Pour mes camarades cheminots (mais aussi les autres), même si pour les plus jeunes cela ne dira pas forcément grand chose ce Lasaire s'est penché sur l'avenir du transport ferroviaire au sein d'un groupe de travail (cela en novembre 2013) où se retrouve *:

Joël LE COQ, Jean-Claude BOUAL, Jean-Louis BRASSEUR, Jacques CHAUVINEAU, Joël DECAILLON, Pierre-Marie DUGAS, Jean-Louis ROHOU, André STIMAMIGLIO 

Rohou qui fut un grand défenseur delamise en place de RFF au point d'en devenir secrétaire général, Chauvineau ex directeur à l'action régionale à la SNCF et militant au PCF migrant dans les même espace que Fiterman,  Boual alter égo de Decaillon à la fédération CGT de l'équipement .

Nos penseurs se sont livrés (et Decaillon est toujours à la manoeuvre) à un travail certainement indispensable pour cadrer les pistes pour les libéraux de tout crins.

voici le lien : les cahiers Lasaire N°50 http://lasaire.net/upload/file/CAHIERS/Cahier%20n%C2%B0%2050%20-%20Mis%20enpage.pdfpour regarder "L’AVENIR DU CHEMIN DE FER ? SE LIBÉRER DES IDÉOLOGIES MORTIFÈRES (sic)

Leur conclusion éclaire le début de cette page : à qui appartient l'entreprise qu'y fait-on et quelle place pour les salariés :

L’avenir du chemin de fer sur notre continent est incontestablement européen. La construction d’un espace ferroviaire européen est donc un objectif essentiel à poursuivre. Les débats sur le quatrième Paquet ferroviaire proposé par la Commission européenne comme le démontrent les prises de positions décrites ci-dessus sont toutefois loin d’être achevés. Il apparait que la construction de cet espace ferroviaire européen peut se faire sans modifier le règlement actuel sur les obligations de service public (règlement n° 1370/2007/CE), et sans rogner à nouveau sur les prérogatives des collectivités publiques de définir, d’organiser et de financer les services publics dans les transports par chemin de fer.

 

Dans leur document les salariés, leurs organisations et IRP statutaires ou réglementaires sont les plus grands absents. plus de trente pages de noircies pour regarder comment faire cohabiter puissance public et capital ou ceux qui le font fructifier n'ont jamais voix au chapitre on pourrait dire ce Lasaire, Lasaire à rien et heureusement qu'il n'y en pas deux)

Comme quoi pour ces électrons libre du syndicalisme captif de l'idéologie libérale, quand on quitte le contact avec le monde du travail la tendance à léviter hors-sol fait que la tête s'enfle à en oublier d'où on vient et pousse à se mettre dans le sens du vent dominant.

Voila comment l'espace syndical, s'il n'est pas sous controle permanent des adhérents sait  à la fois fabriquer ici des rumeurs et là des passerelles avec le patronnat. On voit comment le dit patronat sait les entretenir dans son interêt.

 

 

Qui sont les signataires  :

1)Boual :Ancien Secrétaire Général de la Fédération Equipement CGT Coordinateur du Comité Européen de liaison sur les Services d’Intérêt Général (CELSIG)

2) Brasseur Ancien Secrétaire Général de la Confédération Générale des Services Publics-Cheminots (CGSP- Belgique) 

3) Chauvineau Président d’objectif Opérateurs Ferroviaires de Proximité (OFP) Ancien Directeur de l’action régional SNCF au Conseil Économique et Social

4) Decaillon Ancien Secrétaire Général Adjoint de la Confédération Européenne des Syndicats (CES)

5) Dugas Ancien Élu Territorial et Responsable des Ressources Humaines Administrateur de Lasaire

6) Le Coq Ancien Secrétaire Général de la Fédération Générale des Transports et de l’Equipement (FGTE-CFDT

7) Rohou Ancien Secrétaire Général de Réseau Ferré de France (RFF)

8) Stimamiglio Ancien Secrétaire national de la FGTE-CFDT 

Ite missa est 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #UE, #social, #politique, #syndicalisme, #lobbying, #économie

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RICHARD PALAO 03/12/2014 09:53

j' ajouterais que THIERRY LE PAON a été membre du CESER et qu'il a été co-rédacteur d'un rapport qui proposait la "mise en concurrence" du frêt !!! à qui fera t-on croire qu'il défend le syndicalisme de classe et que sa "mission" n'est pas de faire de la CGT , une CFDT BIS aux ordres de la CES dans laquelle se recycle des ex-responsables de la CGT ;
bravo pour tes articles que je découvre grace à un ami commun : ALAIN CHANCOGNE

canaille le rouge 03/12/2014 23:39

C'est tout sauf de l'indulgence. Se comporter "en dictateur" est la preuve de ses limites. Ensuite, que son égo ne soit pas en phase avec ses potentialités c'est son problème. Et d'ailleurs c'est ce qui va faire que ceux qui s'en servent comme paravent (dont ceux que tu nommes complice) le lâcheront et peut-être plus rapidement que prévu. Mon UD (Paris) et ma Fédé (cheminots) traversent les mêmes discussions qu'ailleurs mais je reste persuadé que ce qui fait la différence avec d'autres structures c'est la capacité des syndiqués à rester vigilant et exigeant. Ici ligne de front dans Paris : service public cassé, travail du dimanche, sans papiers, poids des secteurs financier sur les boites et...poids des directions syndicales de ces secteurs pour "y aller doucement" voir ne pas y aller du tout quand les syndiqués voulaient en découdre, cela à conduit à donner de l'autonomie professionnelle et interprofessionnelle par rapport à Montreuil. Maintenant nous allons voir, mais je crois bien que cela va secouer assez rapidement, et que ceux qui vont tenter de s'asseoir dans le bureau du calife à la place du calife ne valant pas mieux, ma façon d'en appeler au CCN pas comme sauveur mais pour rappeler où se trouve la seule légitimité, et le lieu en l'état où les syndiqués sont plus et mieux à même de se faire entendre. Tant qu'un congrès ne sera pas en capacité de faire le vrai ménage c'est la seule solution pour briser l'omerta dont tu parles Sinon ils vont pouvoir tranquillement continuer leur tambouille en décidant entre la rue cadet et celle de Solferino comment continuer.

richard PALAO 03/12/2014 22:34

je te trouve très indulgent avec LE PAON , incapable selon toi de penser la stratégie de collaboration de classe ( voir sa déclaration au nouvel économiste ) , OK pour responsabiliser le CCN mais LE PAON selon mes infos ( deux copins du CCN ) s'y comporte en vrai dictateur et avec ses complices fait régner l omerta , je ne pense pas non plus que les fédé les UL et UD soient majoritairement sur une ligne de classe ( dans ma région sur cinq UD , une seule n 'est pas pro-confédé) et si on se remémore la manif du 16 octobre pour défendre la SECU , deux fédé seulement ont appelé à la grève !!!

canaille le rouge 03/12/2014 19:21

Je crois que la question de Le Paon est plus complexe : je ne le pense pas capable de mener une telle stratégie (peut-être de l'appliquer mais pas de la penser. J'ai la conviction que la CGT paie au pris fort aujourd'hui l'abandon hier et avant hier de la formation théorique de ses cadres et des adaptions de la formation syndicale à des considérations liées à la'adaptation au mouvement de la société plutôt d comment peser pour s'y opposer. Par contre les partisans d'un syndicalisme d'accompagnement s'y sont engouffré et tirent la CGT vers le réformisme en s'abritant derrière des dirigeant peu à la hauteur. Cela ne se fait sans résistance et c'est pour cela que pour disons faire la par du feu je préfère concentrer mon argumentation en direction des membres du CCN pour éclairer à partir de mon point de vue plutôt que cartonner sur des cibles qui de toute façon ne sont que des écrans au vrai enjeux de l'affrontement. Ce sont les fedés et les UD qui s'appuient sur des pratiques syndicales de lutte et de classe qui pourront réorienter les choses, positionnement sur la question de la CES compris.

PS le rapport sur le rail n'est pas sur le Fret mais sur le TER. Il est cossigné avec le président du CG de la Sarthe (Geveaux, personnalité qualifiée du CESE). Que Le Paon ait cosigné ce rapport démontre si besoin sa non profondeur de vue sur qui aurait eu mandat pour agir dans la CGT et illustre l'échec dethibault pour avoir du sortir cette candidature de raccroc. C'est un des arguments pour ne pas le voir comme tête pensante mais plus comme petit soldat de luxe d'une opération que cependant il accompagne et montrera accompagner jusqu'à ce qu'il démontre qu'il s'en sépare.