Thibault et les croisades.

Publié le 9 Novembre 2014

De Genève,

Bernard n'est pas Luther

et la porte de Montreuil

n'est ni Rome ni Jérusalem

Ouf, ce n'est quand même pas comme cela pour les débats du CCN

Ouf, ce n'est quand même pas comme cela pour les débats du CCN

Attentions aux reflexes de replis. Fi des conclaves et séminaires, des thèses médiatisées qui attisent les rumeurs. Méfiance devant les croisades et les croisés des orthodoxies. 

Il est vrai que St Bernard, qui était de Clairvaux, ayant depuis Vézelay prêché la deuxième et pour cela entre autres fût sanctifié, cela pourrait donner à penser à d'autre, homonyme, qu'il aurait pu même non officiellement garder voix au chapitre.

Ce qui vaut éventuellement pour les églises ; à ceux qui les fréquentent de dire ; n'est pas forcement parole d'évangile à l'extérieur.


Cela s'applique donc pour tous les espaces laïcs, dont la CGT, qui contrairement aux termes de certain débat n'est pas une "maison" (laquelle le plus souvent renvoi soit à famille nobiliaire de cour ou de robe mais aussi à Marthe Richard qui, quoique closes, les fit fermer) mais d'abord un espace de réflexion, d'action pour l'émancipation à partir de l'exigence démocratique de ce plus grand nombre que sont les salariés pour s'affranchir de l'exploitation.

Que l'ancien secrétaire général depuis les rives du Léman qui héberge ses nouvelles attributions ait ses thèses, quoi de plus normal. Qu'il les affiche publiquement dans un moment où tout ce qui tient stylo, micro ou caméra se moque autant des idées de la CGT qu'il cherche ce qui pourrait l'affaiblir est pour le moins décalé au regard de ce qu'on attend de celui qui exerça la première responsabilité avant celui qui s'y colle aujourd'hui (et qui pour cela n'est pas tout a fait innocent devant les difficultés qu'il a laissé en partant, dont le choix et les conditions d'arrivée du dit successeur).

Imagine-t-on Georges Seguy porter publiquement appréciations sur les débats dans la CGT après qu'Henri Krasucki lui ait succédé ? Et pourtant, la situation d'alors n'était pas non plus des plus simples. Mais les combats durs, terribles, qu'ils avaient traversés avaient forgé des militants ayant un très grand sens des responsabilités.

Il y a des moments, fréquents, où le silence, qui est d'or même quand des questions de trésoreries pointent au milieu des débats, est bien plus utile que de céder à la tentation du micro tendu.

 

Il y a des moments où la parole utilisée à bon escient contre ceux qui participent à l'aliénation est attendue et demande pour ceux qui en disposent d'en user pour cela.

 

Disons-le à la façon des marchands d'écran de pub : La Canaille n'échangera pas son baril de Le paon contre un baril de Thibault, mais cela n'empĉhe pas de réflechir à quelle lessive on a besoin pour ne plus avoir de linge sale.

On aurait pu s'attendre (soyons naïf) à une condamnation de l'UE et de ses paradigmes, de la CES et ses tergiversations. Non. 

Ne voir que la question du "dialogue social" sans poser la question du rapport de force est affligeant. C'est ce qui permet d'appeler "plan social" la machine à broyer les hommes et cela épargne les responsabilités du gouvernement et du parti majoritaire (voire de ceux qui localement l'accompagnent). C'est laisser ,en constatant un "affaiblissement de la démocratie", le terrain au capital dominant et tout ceux qui le servent sans même le contester, comme si cette démocratie était extérieure aux rapports de classe. C'est ce qui permet au patronat de contester maintenant les normes du BIT. 

 

Le texte original dans l'Humanité déjà enserrait le débat, bien sûr les exégètes n'auront pas à faire effort pour serrer les liens pour ourler leurs commentaires.
 

Débattre sur le terrain balisé par l'adversaire c'est lui laisser l'initiative. Quand les ex, actuels et surtout futurs dirigeants syndicaux se seront réappropriés cette idée de base de la bataille des idées, les luttes seront de nouveaux plus faciles.
 

Enseignement de cet épisode : il en est des responsabilités comme pour les bons randonneurs. Nombre de ceux-là ne feront jamais des alpinistes, ils deviennent instables en altitude, surtout si le vertige les touche.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #syndicalisme, #ocial, #CGT

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