Le green, les grilles et le trou

Publié le 26 Octobre 2014

Vive l'Europe

de

Là-haut à Melilla

Le green, les grilles et le trou

Une image acte d'accusation :

Melilla, ville autonome espagnole située sur la côte nord-ouest de l'Afrique,son golf, ses greens pour les gens chics. 18 trous.

Au fond les grilles et 12 jeunes qui tentent d'aller vers leur espéré Eldorado, au bout 12 au trou.

 

Pour Info, ce petit paradis pour petites balles blanches très chères et joueurs qui ne vous le sont certainement pas est un peu à vous :

 

Le golf de luxe "Melilla frontière" accumule critique non seulement pour son emplacement, également pour la gestion de ses installations, financés par des fonds publics et construits par près de deux millions d'euros du Fonds européen de développement régional (FEDER) dont le but est soi-disant «de corriger les déséquilibres dans l'Union européenne."

Le parcours de golf contre la clôture de Melilla est un établissement exploité par un club privé présidé par Enrique Bohorquez, qui à son tour est l'éditeur d'un grand journal de la ville autonome de Melilla Hoy , un journal qui reçoit une quantité importante de subventions publiques.

Pour info, si cela vous tente pour vos vacances, "en 2009, la ville de Melilla est limitée par une frontière en forme de demi-cercle matérialisée par un double système de grillages ponctué de miradors, l’ensemble a été financé par l'Union européenne. Le tout est sévèrement contrôlé par la garde civile espagnole qui dispose d’un système électronique de détection"nous apprend la page Wikipédia.

Pourquoi des fonds européens pour la réalisation de cette provocation au nez des peuples d'afrique subsaharienne ? 

Pour une raison qui peut paraitre pour le moins suréaliste si on ne connaissait pas le statut des golfs "exploitations agricoles" de ce côté-ci des Pyrénées. Melilla c'est l'Europe comme Wallis et Futuna ainsi que "nos"colonies "tomisées" ou "domisées" :

 

Le Fonds européen de développement régional est destiné à "la correction des principaux déséquilibres régionaux dans l'Union européenne" la base de données telles que le revenu ou le chômage structurel.

Pas de golf en Afrique espagnole ? Vite les fonds européens pour faire cesser ce trouble à l'ordre capitaliste public et pour rééquilibrer les territoires. 

Imaginez ensuite le pied de nez aux loquedus condamnés à crever de l'autre coté des grilles et des miradors. Vive l'Europe de Franco, de Kiev à Melilla, celle du Maréchal, de l'Opus déi à Bandera et leurs dignes successeurs.

Les colonies de vacances à Tanger pour jeunes filles isolées gagnant protection musclée et monnayée ayant été contrariées, les potentats locaux et européens se reconvertissent dans le tourisme et le golf. 

C'est plus présentable d'où la mobilisation des fonds sructurels de l'UE dont chacun sait que depuis Bruxelles Melilla est une des étapes pour atteindre le Danemark

Des ONG locales ont dénoncé, outre la  "localisation malheureuse et immorale" qui "bénéficie de ces fonds, leurs effets potentiels sur l'environnement. La ville de Melilla est une ville avec maigres ressources en eau, laquelle coule à flots pour tenir bien vert ce bijou de l'enclave adossée au Sahara que représente un terrain de golf.

"Le golf est arrosé de la même eau que celle --rationnée-- fournie à la population. : "Melilla est une ville où l'eau provient pour 25% de puits et 75% du dessalement. Mais bien sûr, l'herbe du terrain de golf est irriguée avec l'eau des puits."

Canaille le Rouge n'a pas pu percer le mystère des relations politico-mafieuses des édiles qui préservent leur joyau des "hordes migratoires" par les grilles du fond du parc.

Gageons que cela doit s'articuler comme ici : droite et promoteurs (où la notion de droite en matière de permis de construire est une variable très aléatoire).

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #écologie, #social, #capitalisme

Repost0
Commenter cet article