La dialectique de l'armateur

Publié le 14 Octobre 2014

ou,

quand les hooligans,

du Léon

ont du tirant d'air

La dialectique de l'armateur

Cela commence par un communiqué de presse sibyllin : « À deux mois et demi de l'échéance du 1er janvier 2015, tout démontre qu'il n'y aura pas d'exemption temporaire pour les armateurs s'engageant dans une transition écologique », regrette la compagnie basée à Roscoff (Finistère).

C'est avec ces mots assez abscons que Brittany Ferry annonce sa décision de stopper la construction d'un ferry nouvelle génération qui devait assurer 2.6 millions d'heures de travail chez "STX", aux "frères en bonnets rouges" de l'armateur de Roscoff et devait occuper 500 salariés pendant deux ans.

Outre que la dite fraternité mérite d'être précisée et retournée avec des pincettes (tous là ne sont pas frères et il y a des liens divers, nombre de ceux ainsi intégrés repoussant cette forme de fratrie façon charte du travail), cela mérite qu'on y jette un œil de plus près.

Dans son communiqué, l'armateur au nom des actionnaires, regrette que l'État n'ait pas mis la main au portemonnaie pour assurer le montage financier.

Il précise, tel que repris dans les articles chargés d'agiter le Tocsin du télégramme de Brest et de "Ouest France".
Deux raisons principales semblent justifier la décision de la compagnie bretonne.

La première : "elle n'a pas eu l'accompagnement financier public qu'elle espérait pour boucler son budget. L'État lui proposait bien des solutions, mais sous forme d'avances remboursables. Il faut préciser aussi que le financement du navire ne se faisait plus au travers d'une société d'économie mixte dans laquelle étaient présentes des collectivités publiques, dont la Région, comme cela avait pu être le cas lors de l'achat de précédents bateaux, mais via une société de droit privé portée par les actionnaires historiques de la compagnie (Sica)."

Deuxième raison l'obtention d'une dérogation fiscale provisoire liée au "surcoût" en carburant liée à l'activité en navette. :"
« À deux mois et demi de l'échéance du 1er janvier 2015, tout démontre qu'il n'y aura pas d'exemption temporaire pour les armateurs s'engageant dans une transition écologique », regrette la compagnie basée à Roscoff (Finistère) détaillant : « il nous est impossible actuellement de nous engager sur un plan de transition écologique avec un niveau d'investissement très élevé auquel viennent s'ajouter, faute d'exemption temporaire, des dizaines de millions d'euros par an de surcoûts en carburant liés à l'utilisation du gasoil en substitution du fuel, pendant la période nécessaire à la conversion des navires ».

Tout ce qui peut aider au développement du pavillon français sur les façades maritimes de Dunkerque à Menton aura le soutien de principe de Canaille le Rouge ; mais sous réserve qu'on ne cherche pas à détourner les regards et à prendre le pékin moyen pour un imbécile.

Et là il semble que ce soit plus que le cas :

Brittany ferry a pour principal actionnaire la SICA.


"Les producteurs de la Sica de Saint-Pol-de-Léon sont les héritiers d'Alexis Gourvennec, leur président-fondateur". Disent ses acteurs sur leur site, précisant "Alexis Gourvennec (1936-2007) a créé la Sica de Saint-Pol-de-Léon qu'il a présidée jusqu'en 2004.

On retrouvera notre emblématique patron de la SICA comme président du Cerafel Bretagne, du Crédit Agricole du Finistère, de la Brittany Ferries, de la coopérative LT, de la Semenf, de Breizh-Europe.
"



Spécialité de la production de la SICA : l'oignon (rose de Roscoff), diverses légumes et surtout l'artichaut et le chou-fleur.

C'est que quand ils ne mettent pas nuitament le feu à la sécu des salariés de l'agriculture (MSA) bloquant les secours, quand ils ne détruisent pas les perceptions, ne dévastent pas les gares et voies ferrées ou autres édifices hébergeant les collectivités publiques (qu'ils appellent sans vergogne après à cracher au bassinet), nos hooligans du chou-fleur, en hommes d'affaires avisés, siégeant le jour comme administrateurs de la SICA, outre qu'ils se battent pour déréglementer les équipages d'une flotte construite pour partie sur fonds publics, exigent du contribuable qu'il assure à leur place ce "risque" qui pourtant est la vertu cardinale de l'efficacité économique opposés selon eux à l'économie administrée qu'il passent leur temps à vilipender.

Ces fonds publics qui par ailleurs font défaut pour réparer les dégâts que nos très patronaux aventuriers commettent la nuit, tout comme de jour ils mettent au chomdu les salariés de STX qu'ils appellent à défiler avec eux derrière les banderoles chauvines d'une Bretagne tirée vers l'association capital travail...mais à condition que le travailleur se taise (ce qui n'est pas gagné avec les marins et les gars de la navale de la Manche à l'estuaire de la Loire).

Comme dirait l'autre, ils ne souffrent pas d'un manque de tirant d'air. Et comme Valls leur balise le parcours avec son Macronsillon pour les y guider, pourquoi se gêneraient-ils ?

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Hooligans, #chantage, #économie, #politique, #social

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