Retour sur ce weekend.

Publié le 16 Septembre 2014

Quelle finalité pour la lutte ?

Et avec qui ?

Qu'est-ce qui peut décoller du Bourget ?

Qu'est-ce qui peut décoller du Bourget ?



Des plus enthousiastes aux plus réservés chacun note une forte présence à la fête de l'Humanité et tous se réfugient sur le climat dans les allées et dans certains stands pour noter un écart certain, mais plus ou moins affirmé selon les approches entre la colère contre le gouvernement, la manière d'aborder la façon de le combattre et le niveau des exigences qui démontre que la mécanique politique d'état-major a su intégrer la technique du différentiel.

Entre les photos de famille où Laurent côtoie Placé en route pour devenir le Brice Lalonde de la décennie, les frondeurs du verbe qui ont voté l 'ANI et le budget qui autorise le CICE, Mélenchon qui accueille comme un prophète traqué un militant de l'UMP qui a certes été escroqué par son patron mais qui a participé en conscience au pillage spéculatif du pays, reconnaissez qu'il y de quoi perdre ses repères politiques pour ceux qui n'en dispose que de peu*.

Or soyons, clairs le brouillage en matière de politique internationale est de même niveau.
Quelles initiatives de direction du journal contre la répression qui frappe les communistes dans l'est de l'Europe et les pays baltes alors que cette même direction a su à une époque sur les conseils d'un opportuniste devenu depuis maire f-haine d'une grande ville de France faire parrainer un " dissident cubain " qui ne subissait pas de menace sur sa vie ou son intégrité.

Vous allez dire " oh Canaille, c'est le Journal, pas les partis politiques ". D'accord, mais sans la mobilisation de moyens puisés dans le P "c "F voire ailleurs (puisque la CGT et d'autres organisations tiennent aussi des stands ici ou là), l'écrin de toutes ces tergiversations de tous ces reniements n'existerait pas.

Là où cela se corse, c'est sur l'objectif. Et là, il va falloir mettre cartes sur table : le but d'un parti qui garde le terme communiste est-il de changer le numéro de la république avec des transformations organisationnelles dans le fonctionnement des institutions ? Ou bien est-ce de remettre en cause pour bouleverser l'ordre des choses en posant la question de la maîtrise collective des richesses créées pour un usage collectif répondant aux besoins individuels de la grande majorité (voire la quasi-totalité de ceux qui les produisent les ont produit ou les produiront) dans des conditions de confort de vie contraire à ce qui est la norme aujourd'hui ? Pour l'instant, pour avoir lu et relu les projets, à part les pôles publics qui mis en concurrences avec ceux privés ne répondent pas à cette définition, c'est le grand néant.

Tout projet politique qui ne part pas de la volonté de renverser l'ordre économique existant conduit, lapalissade, à accepter de le conserver. 

Il est certain que monsieur Lagardère et ses 10 % du capital de l'Humanité ne va pas pousser dans le sens de la mise sous contrôle public des leviers économiques. 

 

Mais ceux qui organisent le rassemblement du Bourget, eux que disent-ils ? Parce que la politique a été cantonnée à l'intérieur des lieux institutionnels de délégation de pouvoir, a fuit les entreprises, administrations et établissements d'enseignement, les lieux associatifs de citoyenneté en laissant le champs libre à la résignation ou laisser le passage aux pires idées réactionnaires outil de division et de domination du capital, alimenté par le repli et de la peur de l'autre, à tous niveaux ces mêmes responsable entretiennent ce grand écart, ceux de bonne fois s'étonnent de ceux qui refusent de se prêter à ce jeu.


Participer à ce curieux exercice revient sur le fond à le cautionner, un peu comme aligner une équipe au départ du Tour de France pour dénoncer le sport business et le dopage ou prendre des tickets de loto plutôt que se battre pour augmenter les salaires.

" Regarder comme on est démocrate : même ceux qu'on ignore ou qu'on injurie à longueur d'année, ceux qu'on a exclus, marginalisés, black listés ont le droit de venir -mais pas officiellement, faut pas pousser- du moment qu'ils ont payé leur vignette, on ne va pas les empêcher de venir, ça fait de l'animation en plus ". Et ainsi s'entretient l'illusion que le débat de classe existerait toujours alors que le fond des discussion lors des repas de ceux d'en haut dans les espaces réservés, c'est " comment on s'arrange pour les sénatoriales pour limiter les dégâts ? "

Voilà pourquoi Canaille le Rouge alors qu'il y a déployé toutes formes d'énergie et d'activité sans discontinuer de 1966 à 2003 (y compris les années de déménagement en urgence d'interdiction ou de tension) ne s'y rend plus et comme en plus il a passé l'âge de supporter les remontrances voire (si-si) les menaces de certains qui était moins dynamique quand il fallait se coltiner avec les obstacles d'alors quand il fallait assurer le bon déroulement de la fête, autant ne pas chercher des incidents.

Évidement, libre à chacun de se positionner. Mais quelle crédibilité avoir quand dans une semaine d'aucuns diront pis que pendre de ceux qu'on aura accepté de cautionner par sa présence en entretenant l'illusion que l'organisme est amendable, guérissable alors qu'il est totalement imprégné du refus de ses directions de changer la société ?

Le plus grand nombre de ceux qui se sont rendus au Bourget, La Canaille les rencontre, les retrouve dans de très nombreuses occasions pour échanger, partager, agir, lutter ensemble.

Allons au bout. La griserie militante de l'ambiance de la fête de l'Huma, sa cité du livre, ses rendez-vous pour l'apéro, la rencontre au détour d'une allée, la tombiola du Secour Pop, les débats, la brochette sur le pouce à la cité internationale lui manque. Ce serait mentir que le nier. Mais se griser deux jours pour une gueule de bois permanente ? Pas question de marcher de ce pas là.

* Pour ne rien dire de ces élus P"c"F des conseils régionnaux qui soutiennent dans leur hémicycle les projets de casse des statuts publics et viennent se reconstruire une virginité politique au Bourget pour repartir de plus belle dans leur capital régionale dès le lundi matin. 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #duplicité, #illusions

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aline 17/09/2014 09:14

Oui la fête de l'Huma se paie au propre comme au figuré. Fête populaire, elle ouvre un grand accès aux Franciliens proches du Parc mais plus loin, la vignette + le voyage + le stationnement + repas + boisson (les wc gratuits maintenants) +++ si l'on veut profiter du beau programme artistique, culturel, politique il faut s'y préparer à l'avance.
Alors quand on retrouve une fête pasteurisée où l'on recherche sur chaque stand le drapeau du PCF (on les compte sur les doigts de la main) on regrette la FETE celle où chaque stand affichait ses adhésions, où à chaque coin d'allée on vous proposait l'Huma, l'adhésion au parti ou plus simplement de débattre gentiment... Fête de la fraternité, de la solidarité, des engagements, des luttes, fête de la rentrée vibrante d'espoir et de riposte aux mauvais coups assenés aux citoyens du Monde. Nostalgie ou prochainement ? ALINE