Grève chez les cheminots allemands

Publié le 4 Septembre 2014

tentative

de la briser

par

la CES

et

le ministre SD

de

la branche

Grève chez les cheminots allemands

Pris chez El Diablo l’ayant lui même reçu de http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/, cette info qui va demander que s’exprime la solidarité internationale et que nous demandions toujours plus de compte d'une part à cette CES qui se pose toujours plus en écrin bleu à étoile de la CFDT française et d'autre part dans la CGT pour savoir sauf caution à quoi nous y servons.

 

Le patronat allemand a fait plier tous les syndicats regroupés dans une DGB – force motrice de la CES – encline à la collaboration dans la co-gestion. Tous ? Non, de puissants syndicats de base résistent, comme celui des conducteurs de train. Mais le patronat presse pour que le gouvernement abolisse le droit de grève.

 

Ce lundi à partir de 18h, le syndicat allemand des conducteurs de train (GDL) a lancé une « grève d'avertissement » de trois heures, annoncée à l'avance, décidée en fin de journée pour « ne pas gêner les banlieusards qui reprenaient le travail dans la matinée », selon le syndicat.

 

 

Le syndicat de lutte GDL paralyse 90 % du trafic allemand

 

Ce fut suffisant pour que le trafic de marchandises et de passagers – longue distance, régionale et de banlieue – soit « à l'arrêt ou avec des retards de 1 à 3 h, sur 90 % du trafic » de l'aveu de la direction de la Deutsche Bahn (DB), l'équivalent de notre SNCF.

 

Les médias n'ont pu nié l'ampleur de la mobilisation, ils ont joué la carte de l'indignation des usagers – incrédule face à un mouvement qu'ils ne comprennent pas – et le refrain de la démagogie contre les soi-disant privilèges des conducteurs de train.

 

 

Un ex-syndicat catégoriel qui a gagné la confiance de tous les cheminots par ses positions de lutte

 

Or, la GDL n'est plus un syndicat catégoriel, avec ses 37 000 syndiqués. Si il représente 80 % des 22 000 conducteurs de train, il est aussi présent chez 30 % des 140 000 autres employés du rail, et majoritaire chez les personnels roulants autres que les conducteurs.

 

Face à son rival réformiste EVG, adhérent à la DGB (Confédération des syndicats allemands) et toujours prêt à la collaboration avec la direction, la GDL a gagné le respect des autres personnels dans la lutte, par ses positions de rassemblement sur des positions de classe.

 

La lutte de la GDL, c'est non seulement la hausse des salaires de 5 %, la baisse de la semaine de travail de 39 à 37 h mais la renégociation de la convention collective – arrivée à expiration en juin dernier – pour unifier les conditions de tous les personnels vers celles des conducteurs.

 

Car, la direction de la Deutsche Bahn en 2010 avait préféré créer deux conventions collectives.

 

Prétendant que la GDL n'était qu'un syndicat catégoriel, elle avait négocié une convention plus avantageuse avec elle pour les conducteurs, laissant le reste du personnel avec une convention au rabais convenue avec EVG.

 

L'ironie de l'histoire, c'est qu'aujourd'hui c'est la direction de la Deutsche Bahn qui revient à la charge et cherche à harmoniser les conventions collective vers le bas, à ranger la GDL derrière l'EVG au nom de l' « unité de négociation » (tariffeinheit).

 

 

La lutte autour du « tariffeinheit » :

imposer la représentativité pour limiter le droit de grève

 

Le « tariffeinheit », c'est le nom de code de l'offensive du patronat depuis 2010 contre le droit de grève en Allemagne, après pourtant que la Cour fédérale du travail a reconnu la « tariffpluralitat », soit la pluralité syndicale à l'entreprise, et pluralité des conventions collectives.

 

Depuis, la BDA (Medef allemand) et la DGB font front commun pour l' « unité de négociation ». La DGB prétend que c'est une façon de défendre l'unité des travailleurs, le « dialogue social ». Avec le patronat, pardi !

 

Le tariffeinheit avait été instauré en 1950 par la RFA anti-communiste, reconnaissant un seul syndicat représentatif par entreprise, ceux regroupés dans la DGB. Cela permettait de garantir la collaboration (« co-gestion ») entre patronat et syndicat dans l’entreprise en RFA.

 

Donc, le tariffeinheit c'est ce qu'on essaie de nous imposer en France par la représentativité, réduite à un seul syndicat reconnu par le patron, l’État, seul habilité à négocier, signer des accords … et à mener des grèves légales. C'est donc une limitation importante du droit de grève.

 

L'ennemi, ce sont ces petits syndicats de base, catégoriels, qui ne jouent pas le jeu du « dialogue social », de la « co-gestion » : notamment celui des conducteurs de train (GDL) et celui des pilotes d'avion (VC), qui étaient d'ailleurs en grève vendredi dernier.

 

Une enquête de l'Institut d'études pro-patronal IW, menée par Hagen Lesch, sur 123 conflits du travail avait montré que les syndicats dits catégoriels (de « lutte », de « base » dans le contexte allemand) allaient plus souvent au conflit que les autres.

 

 

Le front uni du patronat (BDA), de la confédération syndicale (DGB) et de la ministre social-démocrate du travail contre le droit de grève !

 

Ce lundi, les mots ont été durs du côté de la direction de la DB. Le responsable du personnel, Ulrich Weber, a parlé d'une grève « absolument incompréhensible » et même d'un « acte criminel » (!).

 

Ingo Kramer, président de la Confédération des associations patronales allemandes (BDA) a déclaré dans Die Welt qu'il attend impatiemment la promulgation de la loi limitant le droit de grève : « Sans unité de négociation (tariffeinheit), la négociation collective n'est pas possible sur le long-terme ».

 

Cela tombe bien, la ministre du travail social-démocrate (SPD), Andrea Nahles, prépare justement un texte de loi qui prévoit d'ancrer ce principe de l' « unicité de négociation » qui devrait limiter fortement la capacité d'action, de négociation et de mobilisation des syndicats de base.

 

 

En Allemagne, comme en Italie ou en Belgique, le droit de grève est en péril et les cheminots sont en première ligne pour le défendre. Vigilance car la France – déjà entamée par la représentativité, le service minimum – pourrait être la prochaine cible.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #social, #grève, #cheminots

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