Du bestseller du moment

Publié le 9 Septembre 2014

 

et l'occupation

du

terrain idéogique

Du bestseller du moment



Comme quoi on peut être d'accord sur plein de choses et pas en tout.

Est-ce par solidarité professionnelle ou autre avec l'auteure du dernier bestseller de la rentrée, un certain nombre de journalistes progressistes avec lesquels Canaille le rouge se reconnaît des affinités , certains anciens responsables du P "c "F ou toujours membre de celui-ci,  se gaussent voire stigmatisent ceux qui refusent de se joindre à la mêlée pour défendre la dame qui a mis ses colères privées sur le papier.

Nous voyons même poindre une campagne contre les libraires qui se plaignent du harcèlement dont ils sont victimes autour des conditions de distribution et d'approvisionnement qui participent à l'opération politico médiatique..

Désolé mais La Canaille n'ira pas acheter ce bouquin, s'il a des sous à injecter dans l'édition, il a d'autres centres d'Intérêts que cette fausse urgence-là.

Canaille le Rouge persiste à dire que la La Vallière 2014, même revue par Saint-Simon, ça ne soulève pas les foules à pôle emplois ou dans les queues de la CAF.

Et puisque l'objectif politique est affirmé et central au débat, la vision même talentueuse, aussi élitiste que caricaturale d'une monde en décomposition ne participe pas à la construction d'une alternative.

Ce monde, ses moeurs et usages n'est pas celui dont sortira des solutions que les gens attendent et s'y appitoyer participe à alimenter le retard à rassembler pour une issue réelle. 

Avec cette opération politico médatique, c'est d'un autre monde qu'il s'agit et il tire comme toujours vers une forme de sociétal pour éviter que les regards ne convergent sur l'urgence sociale. 

L'ouvrage existe, qu'il vive sa vie mais qu'on cesse de nous en faire l'alpha et l'oméga de la révélation de la crise des institutions qui pour être réelle a des racines bien plus graves et profondes.


Par contre où Canaille le Rouge aurait tendance à hausser le ton, c'est quand ces reproches sont adressés par ceux qui toutes et tous, par leur présence, vont cautionner la stratégie, au moins légitimer l'acharnement thérapeutique, d'un parti politique qui ne survit que par l'alliance avec ceux qui échafaudent et rémunère souvent grassement le microcosme où se déroule l'action du livre en question.

Disons le franchement : les 10 millions de chômeurs et précaires de notre pays, les millions de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté ont d'autre souci que la visite de "Point de vue images du monde" par les trous de serrure de l'Élysée.

Si le fait d'avoir apporté son soutien au Secours Populaire suffit pour recevoir habéas corpus pour le reste de son œuvre alors la liste des gens à encenser va interdire toute approche critique au plan politique, artistique, culturel, sportif.

Est-ce parce que Halliday est venu trois fois à la fête de l'Huma qu'il serait interdit de dire que c'est un réac ? 

Est-ce parce qu'Olympe de Gouge a été guillotinée qu'il serait interdit de dire qu'elle avait une approche de classe qui méprisait les femmes du peuple ? 

Est-ce que parce qu'une femme a été brutalement traitée cela interdit de dire que jusqu'à sa chute, elle n'avait pas attiré l'attention sur sa dénonciation de la réalité du monde où elle se mouvait.

Le fait que la bestsellerisation d'un titre qui met son auteur dans la même position éditoriale qu'un BHL ou autres est révélatrices de la marchandisation des idées quand il y en a, du marché à terme du papier imprimé quelques soient certaines de ces idées nauséabondes chez des BHL et d'autres encore.

Canaille le Rouge qui persiste à ne pas cautionner par sa présence le rassemblement de lutte des places contre la lutte de classe de ce weekend au Bourget et qui donc n'y croisera aucun responsable du sarkocialisme, ne fera pas non plus d'exception pour le livre d'une femme certainement blessée mais qui est tombée d'autant plus haut que les institutions l'ont élevée sans qu'à ce moment elle ait dit son opposition à ce système qui allait la broyer.

C'est le vieil adage qui prend corps : pour ne pas tomber de l'armoire autant ne pas y monter.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #pipole, #idéologie

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