Valls 2, 2 déclarations de la CGT

Publié le 28 Août 2014

Le banquistre des finances, le Bilderbergs'boy de Bercy

Le banquistre des finances, le Bilderbergs'boy de Bercy

Deux déclarations de la CGT le même jour dont une de son SG.

La colère et la dénonciation sont au rendez-vous, Canaille le Rouge s'en félicite.

Voici ces deux textes suivis d'une ou deux réflexions pour aider à l'action annoncée

Déclaration de Thierry Lepaon, Secrétaire général de la CGT

Le Premier ministre en meeting au MEDEF !

mercredi 27 août 2014

Pour la deuxième fois sous la Présidence de François Hollande, un Premier ministre de la République est la vedette d’un meeting syndical.

Le Premier ministre a choisi de venir faire applaudir sa politique par le MEDEF, le jour même de la publication des chiffres du chômage qui continuent d’augmenter.

La confusion des genres entre l’Etat et le MEDEF, le trait d’union qu’il tire entre le Medef et les entreprises, ont quelque chose de scandaleux.

La scénographie de son intervention, après le film de propagande du Medef intitulé, « Un million d’emploi, c’est possible » ne nous dit rien sur : quand, dans quelles entreprises, sur quel territoire, avec quel temps de travail, avec quelle rémunération seront créés ces emplois ? Pour l’instant et malgré les 220 milliards de cadeaux déjà consentis aux entreprises, on n’en a vu aucun.

Aucune stratégie n’est annoncée concernant l’évaluation des politiques publiques en direction des entreprises. Sur 45 minutes de discours, il consacre une phrase timide sur les comptes qu’elles auront à rendre à la nation.

Il passe sous silence les 220 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises qui ne sont soumises à aucune évaluation alors que tous les observateurs attentifs constatent que le versement du CICE n’a servi ni à l’investissement, ni à l’emploi.

Sur les 40 entreprises du CAC 40, 37 viennent d’augmenter leurs dividendes aux actionnaires, au détriment des investissements, de l’emploi et des salaires.

Le Premier ministre dit vouloir rassembler pour réformer, mais la question cruciale qui est posée est sur quoi ?, comment ?

Sa réponse est en ligne avec le clip du syndicat patronal. Tout y passe, les attentes du MEDEF sont même anticipées : la simplification du code du travail, le travail du dimanche, la représentation des salariés dans les petites et moyennes entreprises…

Tout cela au motif que la France vivrait au- dessus de ses moyens depuis 40 ans. C’est insupportable ! Où sont les salariés, les retraités, les chômeurs, les jeunes en galère, qui vivent au- dessus de leurs moyens aujourd’hui en France ?

Montreuil, le 27 août 2014

Emploi

Des chiffres du chômage catastrophiques

mercredi 27 août 2014

Le gouvernement avait annoncé la couleur en prévenant que les chiffres du chômage de juillet ne seraient pas bons. On peut même les qualifier de catastrophiques : 40 600 demandeurs d’emploi en plus (catégories A, B et C) !

On est loin de l’amélioration ou même de la stabilisation promise depuis longtemps ! En un an, le chômage a augmenté de 5 %.

Ce chiffre est la preuve flagrante que les politiques économiques menées jusqu’à présent par le Gouvernement et le Patronat ne marchent pas ; les politiques d’austérité sont responsables de cette situation et continuent de peser encore plus sur les salariés.

La politique des contrats aidés montre ses limites : le chômage des jeunes est reparti à la hausse (+0,7%), les seniors voient eux aussi leur situation se dégrader (+0,7 en juillet et + 11,6 % en un an), le report de l’âge de la retraite depuis 2010 aggravant la situation.

De plus en plus nombreux au chômage, les demandeurs d’emploi y restent de plus en plus longtemps. En effet, le chômage de longue durée a considérablement augmenté : les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an sont 1,4% de plus ce mois-ci (+9,4% en un an) 42,7% des demandeurs d’emploi sont inscrits depuis plus d’un an. On a même une explosion de ce que l’on peut appeler le « chômage de très longue durée », les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de deux augmentent en un an de 14,9%.

Il est urgent de prendre des mesures pour lutter contre le chômage de longue durée.

Le changement de gouvernement annonce une poursuite d’une politique de l’offre qui nous conduit à une impasse économique sociale dont les salariés paient le prix fort.

La CGT invite les privés d’emploi, les retraités et les salariés à s’inscrire dans les actions qu’elle proposera à l’automne. Il est nécessaire que ce gouvernement entende maintenant la voix des salariés.

Montreuil, le 27 août 2014

S'il est indispensable de faire entendre la voix des salariés comme y invite la déclaration à propos des chiffres du chômage, rien ne serait plus dangereux de se focaliser sur un seul des deux responsables de la situation.

Ce gouvernement applique la feuile de route du patronat les deux sont à combattre frontalement et comme il s'agit de droit sociaux fondamentaux qui sont en cause, les combattre là où le patronat pille les richesses créées par l'exploitation des salariés : dans les entreprises. 

Si le besoin d'action est déterminant, et ce n'est pas La Canaille qui dira le contraire, le rôle de la CGT est-il de donner rendez vous ou de se mettre à disposition de celles et ceux dans et hors de l'entreprise qui ont besoin de construire ce rapport de force ? 

Dit autrement non pas proposer un calendrier clé en main mais appeler à mettre en débat avec les intéréssés les contenus revendicatifs sur les lieux de travail, les queues de pôle emplois, les associations et dans les permanences, en appeler à ses militants et adhérents pour aider à les définir, d'agir au rassemblement autour de ces revendications et que ces contenus et non pas une date servent de point de jonction des actions contre le patronat et le gouvernement qui lui sert la soupe.

Le nouveau banquistre des finances (première déclaration symbolique- en fait rétroactive puisque donnée la veille de sa nomination et publiée le lendemain sans qu'il fasse rectificatif) s'arrogeant un droit d'intervention dans le domaine social en appelle à la généralisation systématique des dérogations à loi sur la durée du travail. Il compte pour cela sur les organisations qui accompagnent le pacte de non agression signées par les munichois du droit du travail. 

Cela éclaire ce besoin de rassembler non pas autour des sigles mais des contenus élaborés par les salariés, les chômeurs, les retraités et doit contourner ces intersyndicales d'état-major nationnaux qui pour certains ne sont que le moyen de tirer en arrière les contenus revendicatifs.

Nul oute que ces débats vont traverser les assemblées qui se mettent en place pour la rentrée. 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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