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Publié le 23 Août 2014

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Paris n'est Paris qu'arrachant ses pavés (L. Aragon)

Paris n'est Paris qu'arrachant ses pavés (L. Aragon)



Dans ce moment de célébration des 70 ans de l'insurrection libératrice, vient de paraître le numéro 51 des Cahiers de l' nstitut publié par l'IHS CGT des Cheminots.


Un numéro intitulé : Le syndicalisme cheminot, 1939-1944, de la répression à la libération".


36 pages qui se ferment sur un poème de Paul Eluard " En plein mois d'août ".

 

Dans cette édition, ce qui va faire d'une profession réprimée dès les décrets Reynaud de 38 et le flicage des militants qui permettra à la direction de la SNCF de dénoncer ses " communistes " jusqu'à l'insurrection libératrice et la place tenue par la profession dans la Résistance et les combat de la Libération.

 

"Montrer tout le chemin qu'il a fallu parcourir illégalement pour aboutir à cette grève, reconstruire les organistions, se doter de moyens d'action et d'influence, reconquérir la confiance des cheminots, marier revendications sociales, sabotages et actes de résistance, affronter la dénonciation, l'emprisonnement, la déportation, la mort, investir les syndicats et la fédération légale pour parvenir à la réunification , ouvrir une perspective politique autour du Conseil National de la Résistance et de son programme", c'est ainsi que l'édito de ce cahier propose de cheminer.


Oui, quelle opiniatreté et lucidité depuis l'exclusion des unitaires, l'emprisonnement de Semard et Tournemaine , la veulerie des officiels inscrits dans la charte du travail et la collaboration à la reprise par les clandestins de la fédération officielle et la Grève du 10 août, les conditions de son déclenchement et son développement, les combats, grève qui deviendra insurrectionnelle.


Des documents (journaux, déclarations, photos),un texte serré qui contextualise chaque document, montre la diversité de la profession au travers des formes d'accès au combat libérateur à travers le pays.
Bref, bien bel ouvrage.

Canaille le Rouge en tire cette phrase, citation de Pierre Semard lors de la signature des décrets loi Reynaud de 1938 (gouvernement issu de la chambre à majorité " front populaire " qui rayait les acquis de 36) : 

 

Le fait que les banquiers exultent et que la bourse connaît des jours meilleurs n'annonce rien de bon pour la classe ouvrière ".


Cela ne vous dit rien dans la période ?

P. Eluard "En plein mois d'août"

 

En plein mois d'août un lundi soir de couleur tendre
Un lundi soir pendu aux nues
Dans Paris clair comme un œuf frais
En plein mois d'août notre pays au barricades
Paris osant montrer ses yeux
Paris osant crier victoire
En plein mois d'août un lundi soir

Puisqu'on a compris la lumière
Pourra-t-il faire nuit ce soir
Puisque l'espoir sort des pavés
Sort des fronts et des poings levés
Nous allons imposer l'espoir
Nous allons imposer la vie
Aux esclaves qui désespèrent

En plein mois d'août nous oublions l'hiver
Comme on oublie la politesse des vainqueurs
Leurs grands saluts à la misère et à la mort
Nous oublions l'hiver comme on oublie la honte
En plein mois d'août nous ménageons nos munitions
Avec raison et la raison c'est notre haine
Ô rupture de rien rupture indispensable

La douceur d'être en vie la douleur de savoir
Que nos frères sont morts pour que nous vivions libres
Car vivre et faire vivre est au fond de nous tous
Voici la nuit voici le miroir de nos rêves
Voici minuit minuit point d'honneur de la nuit
La douceur et le deuil de savoir qu'aujourd'hui
Nous avons tous compromis la nuit.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #Histoire, #mémoire, #Résistance, #SNCF, #Cheminots et luttes

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